Cfironique de Lorraine, p
5. La (lutc et les détails dans la Chronique de Lorraine, p. SS-qOi Si les déUùls sont aotbentiqws, la date ne saurait être coosidérce comme sùrc.
PRISE DE LIVERDUN ET DE CHAUGNY. 333
habitants prisonniers à Nancy, accouplés deux à deux ; ils les jetèrent dans les deux tours de la porte de la Craffe qui venaient d'être achevées et ne les relâchèrent qu'après qu'ils eurent payé une grosse somme a et faict serment que bons Loherains seroient por le temps advenir ». On détruisit le château de Chaligny, ceux de Bainville, de Brixey et de Maîzières'. Il ne restait au maréchal de Bourgogne, en Lorraine, que sa forteresse de Châtel.
Dans les rares intervalles où Jean II paraissait à Nancy, il y donna des fêtes magnifiques, et le souvenir de quelques-unes d'entre elles est arrivé jusqu'à nous. En juin 1 456, il organisa entre Nancy et Saint-Nicolas de superbes tournois. Vingt-quatre nobles qui n'avaient pas encore été armés chevaliers devaient se mesurer les uns contre les autres, pendant quinze jours, trois fois par semaine. On posa les conditions de la lutte : tout gentilhomme désarçonné devait donner à l'assaillant son cheval ou lui en payer le prix. Ceux qui combattaient à pied étaient armés de la hache et de l'épée ; celui qui était renversé demeurait prisonnier du vainqueur et payait sa rançon ; il en était quitte pour dix écus, s'il mettait seulement la main ou le genou parterre*. Ces joutes attirèrent à Nancy une foule nombreuse.
L'année suivante, i^5']y au mois de novembre', Nancy vit un autre spectacle. Le roi de Bohême et de Hongrie, Ladislas V le Posthume, fils de l'empereur Albert 11, envoya au roi de France, Charles Vil, une ambassade pour lui demander la main de sa fille Madeleine ; cette ambassade était composée de près de 5oo personnes, en costumes éclatants. Les Tchèques et les Hongrois emmenaient avec eux vingt-six chariots .chargés de vaisselles, de joyaux et de riches habillements ; ils avaient des « tambourins gros comme chaudrons », et sur ces tambours ils frappaient des airs joyeux, au son desquels dansaient leurs chevaux. Ce fut la plus belle et la plus grosse ambassade qui oncques vint en France, selon l'expression d'Olivier de la Marche*. L'ambassade fit son entrée à Nancy par la porte Saint-Nicolas, admirée par la foule qui se pressait. Les habitants de la ville se disputèrent les délégués ; c'était à qui leur offrirait l'hospitalité dans sa maison. Les premiers de l'ambassade furent logés dans la maison Pélegrin, l'une des plus riches de la ville, située dans le voisinage de la porte K Le duc Jean II festoya les ambassadeurs pendant trois jours continus. Ils partirent ensuite pour Tours, où le roi de