‹ Histoire de NancyChapitre 301 sur 642 · Édition Beaune et d'Arbaumoot, t. II, p. 4o · texte numérisé non relu

Édition Beaune et d'Arbaumoot, t. II, p. 4o

5. En l'année 1A87, un Pélegrin fit jouer à Nancy le jeu de Saint-Georges, l'un de nos anciens mystères. {Chronique de Lorraine, p. 3i5.) Était-ce le propriétaire de cette maison dont il est question ici, ou l'un de ses descendants ? — Un cheval blessé devant Nancy tomba en rentrant en ville devant la maison Pélegrin. {Chronique de Lorraine, p. aai.) Cette maison, par suite, ne devait pas être située bien loin de l'ancienne porte Saint-Nicolas.

France leur fit une splendide réception. Les fêtes succédaient aux fêtes, quand tout à coup éclata comme un coup de foudre la nouvelle que le jeune Ladislas venait d'être emporté par une mort subite (début de i458). « Après grande joye un grand deuil, dit notre Chronique de Lorraine; la chose vient souvent. Tous lesdicts Hungres piteusement en Hungarie s'ont retournez et ont trouvé leur roy sépulture \ »

Même en l'absence du duc, il y eut souvent à Nancy de grandes fêtes et réjouissances. En l'année i46i, au moment où Jean II combattait en Italie, peu de temps après le sacre du roi de France Louis XI, cinquante chevaliers français qui étaient de la garnison de Vaucouleurs, vinrent à Nancy et se logèrent à l'hôtel de Jean Perrin, où plus tard fut construit le couvent de> Cordcliers. Quelques gentilshommes de cette compagnie joutèrent contre des Lorrains, sur la place du Châtel, quatre jours consécutifs ; et en ces joutes se distinguèrent Jean comte de Salm, le sire de Créhange, Jean de Savigny, Colin de Hérange ' et deux autres gentilshommes lorrains. A ces ébattements « estoient dames et damoyselles. Les dicts jousteurs se donnèrent de grands chocs ; à la fin on louait plus les Loherains que les Françoys » : c'est du moins la Chronique de Lorraine^ qui l'assure ; nous admettons que les uns et les autres méritèrent d'égales louanges.

A la mort du duc Jean P'', son fils Nicolas se trouvait à la cour de Louis XI; il était fiancé à la sœur atnée du roi, celle qui plus tard sera la célèbre Anne de Beaujeu. Le maréchal de Lorraine, Jean de Salm, qui avait remplacé le sire de Fénétrange, gouvernait en son absence et il eut la bonne fortune de s'emparer de Châtel, la dernière place des Neuchâteb. Au milieu de 147I9 le jeune Nicolas consentit enfin à venir en Lorraine ; et, le 7 août, il fit son entrée à Nancy. Les petits enfants criaient : Noël ! sur son passage, et, après la prestation de serment à la collégiale Saint-Georges S il fut mené en grand triomphe au palais. 11 demeura quelques jours à Nancy et donna en son hôtel de grandes fêtes. Il fit festoyer les gentilshommes « moult noblement de mets et de viandes délicieuses » ; puis ce furent place du Châtel des joules et des tournois. Cela fait, le duc se rendit dans les diverses villes de son duché pour en prendre possession^. Mais le jeune duc méditait un véritable coup d'État. Très irrité de la duplicité de Louis XI qui tarde à faire célébrer le mariage promis, flatté au contraire par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui lui oflre la main de sa fille unique Marie,

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