CHAPITRE XII
La paroisse et Téglise Saint-Èvre,
5 I^''. La paroisse SainUÈvre, — La paroisse soumise au prieuré Notre-Dame et à la collégiale Saint-Georges, — Le concordat de i5g3; Saint'Èvfe cure indépendante. — Ses limites, — Le cimetière de la paroisse. — Mode de nomination du curé. — Traitement du curé; sa part de dtme. — Les curés de i5g3 à la Révolution. — La paroisse de Saint-Èvre depuis le Concordat.
5 n. L'église primitive. — L'assemblée du i" avril i436. — Reconstruction de l'église après j436. — Description de tédijice. — La tour. — La nef et le chœur. — Les sculptures : la Cène de Florent Drouin ; les statues. — La fresque des Miracles de la Vierge. — Autres fresques. — Les tableaux : Portement de la Croix ^ attribué à Callot; la Vierge de Van Dyck. — Les vitraux. — Les tombeaux. — Les cloches,
— Les reliques. — Le trésor. — Les chapelles et les confréries.
§ ni. L'église nouvelle. — Insuffisance du vieux Saint-Èvre, — Historique de la construction. — L'abbé Trouillet, — La consécration. — Érection en basilique mineure. — Les noces cTor du curé Trouillet. — Description de l'église actuelle. — Les emblèmes des quatre Évangélistes. — La façade. — Le portail principal et les deux petits portails avec leurs sculptures. — Vue extérieure de l'édifice. — Les deux portails ouest et est, — Intérieur du monument, — Plan général, — Le transept. — Les vitraux. — Les peintures murales. — Le chœur et tes cinq chapelles rayonnantes.
— Les boiseries. — Le pavé en dalles. — Les sculptures des portes. — Les inscriptions. — M. Morey. — Le tombeau de Mv Trouillet.
Conclusion.
Sous le règne du roi René fut reconstruite l'église Saint-Èvre. Elle servit au culte depuis i45o environ jusqu'en l'année i863 où elle fut remplacée par un monument plus somptueux. Longtemps elle fut le siège de l'unique paroisse de Nancy ; après la création de plusieurs paroisses, celle de Saint-Èvre passa pour la plus importante. Le moment est venu de réunir les renseignements que nous possédons sur cette paroisse, de décrire l'ancienne église bâtie sous René !•% et de jeter un coup d'œil sur le nouvel édifice*.
I. Sur Tanciea Saint-Evre, on consultera la belle étude de l'abbc V, Grano-ëury et Louis Lallembnt, L'Église Saint-Epure de Nancy. Notice archéologique et historique. Nancy, Peiffer, i856, 134 pages. Extrait des M. S. A. L. — Sur le nouvel édifice on consultera : Monographie de la Ifasilique de Saint-Epvre à Nancy (par le P. EuoèivE). Tournai, MDCCCX(], i vol. in-f^ de i(ja pages et atlas de L^CXII pi. Nous citerons ces ouvrages : Grand-Eury et Lallkme:<t ; P. Eugèkk. Sur le dernier ouvrage, voir un compte rendu de M. Lkok Germaln, A. D. E., 189a, p. lag.
3/|0 mSTOIRE DE NANCY.
Nous savons déjà qu'à l'origine l'église Saint-Èvre était l'unique église de Nancy, étendant sa juridiction sur toute la banlieue ; aussi on se bornait à l'appeler : l'église de Nancy. Le curé était nommé parle prieur de Notre-Dame ou, pour mieux dire, par son supérieur hiérarchique, l'abbé de Molesme. Le prieur touchait les deux tiers de la dîme de la banlieue de Nancy el des oflrandes faites dans l'église ; il laissait l'autre tiers au curé comme portion congrue. Peu à peu, les territoires de Saint-Dizier et de Laxou furent assimilés à celui de Nancy ; le prieuré de Notre-Dame toucha sur eux les deux tiers des dîmes et le curé de Nancy l'autre tiers ; des desser\'ants célébraient les offices dans les chapelles ou églises de ces villages'. Mais, après la création de la collégiale Saint-Georges, il y eut un grand changement. La cure de Nancy fut unie à la collégiale ; le prévôt et les chanoines de Saint-Georges présentèrent à la nomination de l'évêque de Toul un vicaire perpétuel ; le 8 août i344> Jean d'Einville* fut ainsi nommé par l'évêque Thomas de Bourlémont. Le prieuré de Notre-Dame garda toutefois ses avantages temporels : deux tiers des dîmes sur les trois banlieues, deux tiers des offrandes. L'autre tiers, au lieu d'être touché par le curé, le fut par la collégiale qui assura au vicaire une compétence convenable. Le lo mai i483, le vicaire cessa d'être perpétuel et devint temporel; il pouvait être remplacé au gré du chapitre; mais rien ne fut changé par cet acte à la constitution religieuse de Nancy. Quand, à côté de la Ville- Vieille, Charles III eut élevé la Ville-Neuve, il était de toute évidence qu'une unique paroisse ne suffirait pas pour les besoins religieux de la population ; on parla de créer dans la cité nouvelle des églises nouvelles. Les pourparlers furent cependant longs et traînèrent, lorsqu'un événement, terrible aux yeux des croyants, vint hâter la solution. Le jour de Pâques iBgS, l'affluence était si grande à l'église que le curé ne put venir à bout de distribuer la communion aux assistants. Très affairé, il laissa tomber du saint ciboire quelques hosties sur lesquelles on marcha'. LesNancéicns en furent très émus; ils craignaient que cette profanation ne présageât quelque événement épouvantable. Aussi, d'accord avec le duc et poussés par son fils (Charles, évêque de Metz et de Strasbourg, cardinal du titre de Sainte- Sabine, ils se réunirent en une assemblée générale le 5 juin iSgS et décidèrent de créer deux paroisses pour la Ville- Vieille et deux pour la Ville- Neuve*. Le 1 3 juin iSgS, le chapitre Saint-Georges donna son approbation