LioNNOis, t. 1, p. ibg
4. Abbé Guillaume, Vie épiscopale de Monseigneur Antoine-Eustacht Osmond, Nancy, i86s, |). 199. La Pépinière dépendait sous Tancien régime de la paroisse Saint-Pierre. A Touest, la limite fui marquée par la rue de rilospicc. Par suite d'un décret du iG novembre 1891, la limite paroissiale [>asse par la rue de U CrafTe, suit le contour de l'ancien bastion le Marquis, la rue du Bastion, la nie Claudot et la rue Sigisbert-Adam. Cf. Bulletin municipal, iSga, pp. 7 et 8; voir le plan.
5. Les divers curés de Saint-Evre en ce siècle ont été : MM. Sanguine (Joseph-Henr)'), 9 janvier i8o3-io mai 1806; Holin (Etienne-Nicolas), mai i8o6-ia décembre 1818; Antoine (Dominique), décembre 1818-7 novembre i83o ; Simon (Jean-Nicolas), février i83i-janvier i855 ; Trouillet (Joseph), février i865-mar8 1887 ; Briot (Philbert-Télesphore), août 1887.
RECONSTRUCTION DE SAINT-fevRE AU XV* SiÈCLE, 345
La primitive église Saint-Èvre remontait aux origines mêmes de la cité; cVtait sans doute une basilique de style roman ; mais rien n'en a subsisté. On affirme souvent que l'église fut reconstruite vers i34o et consacrée en i348' ; mais, comme aucune charte du duc Raoul ou du duc Jean I*** ne fait allusion à un tel événement, nous croyons que le fait allégué est faux. L'église primitive était toujours debout, ce semble, quand, le i**" avril i436, honnêtes personnes Colin Baudoire, Godefroi, fils de Georges l'Orfèvre, et Richard Quatre-Brasses, représentant la communauté de Nancy, se réunirent au prieuré Notre-Dame « en la chambre devant basse du côté de la cuisine », pardevant frère Jean Jallet, prieur de Notre-Dame, Jean de Ville, curé de Nancy, et Warry de Châtenoy, notaire épiscopal. Ils s'avisèrent que l'ancienne église SaintrEvre était insuffisante et qu'il importait de la réédifier et « faire neuve ». Depuis un certain temps, on avait placé un tronc dans l'église afin de recevoir les dons des fidèles pour une reconstruction : mais, en vertu des règlements, l'argent déposé devait revenir au prieur Notre-Dame et au curé de Nancy. Les bourgeois demandèrent en conséquence que ces prêtres renonçassent provisoirement à leur privilège ; Jean Jallet et Jean de Ville y consentirent volontiers et déclarèrent que les offrandes devaient servir à bâtir la nouvelle église, à condition toutefois que dans la suite on n'invoquerait point ce précédent*. Les dons affluèrent-ils? Nous pouvons le supposer, puisque, moins de vingt années après, la nouvelle église Saint-Èvre était debout.
En cette église, le curé de Nancy, Jean de Ville, fonda en l'année i45i une chapelle en l'honneur de la sainte Trinité, de la benoîte Vierge Marie et des saints Jean-Baptiste et Jean l'Évangéliste. Le prévôt et le chapitre Saint- Georges y devaient nommer un chapelain et lui assigner, comme traitement, la somme de 20 francs ).
I. DoM Calmet, Notice de la Lorraine, II, col. 83. — Requête* à nos seigneur» de la cour souveraine pour Jean-Baptiste Alex, de Baranger. Permis d'imprimer, sS janvier 1776, p. s. « Od sait que l'église fut recoostruite en i346 ■ (sans doute pour i3Ao, et la date parait être empruntée à dom Galmet).
9. La pièce originale A. 0., G, 4o4- Ellle est publiée par GRA?fi>-EuRY et Lallement, p. 87. 3. Une inscription de l'ancienne église rappelait cette fondation. Le P. Eugèive en a donné une reproduction, p. i3, fig. 3o. Elle est conservée aujourd'hui au Musée lorrain : Sculpture n» la. A l'onno^ de la divine tnite, de la benoite Vierge Marie, des benois salnctz Jehan Baptiste et evvaglisle, est fondée cette chappelle par vénérable persone mess. Jehan de Ville, chanOn de Toul et de Nacey, cure de céans, lequel ait donner la collation aux signos prevost et chaple du dit Nancey, poi^ la conférer a ung vicaire desservant en la dite egle ; lesquels sign. dessu dict soit tenus chacun an de paier au di vicaire ou chappellains la some de XX frans corsable, comme il appert par la fundation, au temp du ql fondonr fuit ceste esglise édifie, et la fit dédier a ses propres despens en l'an MIIII< LI. Pries pour lui.
La fit dédier se rapporte à cette chapelle, et non à l'église. — Ni Lionnois ni Grand-Eury et
La nouvelle église fut bâtie à la place même de l'ancienne, et, pendant la reconstruction, les offices se firent en Téglise voisine des Dames précheresses : les paroissiens laissèrent, par reconnaissance, aux religieuses une partie des ofrrandL*s aux quatre fêtes principales de Tannée'.
Celte église, construite entre les années i436 et i45i, est restée debout jusqu'en i863 ; et, comme aujourd'hui rien n'en subsiste, il importe de la décrire avec précision. Nous passerons tour à tour en revue le portail et la tour, la nef et le chœur avec les diverses chapelles, puis nous décrirons les tableaux, les sculptures et les tombeaux qu'elle renfermait.
Saint-Èvre était jadis orientée autrement qu'aujourd'hui. L'autel était placé, suivant les prescriptions de la liturgie, à Test, et le portail tourné vers l'ouest. A l'église on a fait faire un quart de tour, si j'ose dire, en mettant le portail au nord. Le portail jadis était surmonté au centre d'une tour quadrangulaire massive, coupée en sa hauteur par cinq cordons qui formaient comme six étages différents. Cette tour était flanquée de deux contreforts qui s'appuyaient aux arêtes et s'élevaient jusqu'au-dessus du troisième cordon.
Le portail était formé par deux colonnes à demi engagées avec base et chapiteau, supportant deux arcs en accolade qui se terminaient, comme au palais ducal, par un bouquet de feuilles de choux. Aux angles, trois colonnes à demi engagées dans la muraille extérieure se terminaient par des clochetons. Les clochetons qui se dressaient d'un côté étaient unis à ceux du côté opposé par une ligne de petites arcatures assez élégantes. Avant la Révolution l'ouverture de la porte était partagée en deux parties égales par un trumeau : une console qui y était appliquée supportait une statue de saint Èvre, Deux autres statues placées en ce siècle près de l'entrée portaient des vêtements aux plb tourmentés : en Tune d'elles on a voulu voir une Babylonia meretrix^ : mais en réalité ces deux statues, conservées aujourd'hui au Musée lorrain', représentent la Vierge et l'apôtre saint Jean.
Au-dessus du portail se trouvait une vaste fenêtre partagée en quatre parties par trois meneaux. Le tympan se découpait en flammèches, dans le sijie gothique. Plus haut une horloge fort modeste indiquait l'heure aux passants. Puis une fein^tre géminée était entourée d'un encadrement foriné par un simple tore^. Une pyramide tronquée lourde et disgracieuse terminée par une lanterne couronnait la tour. Cette pyramide a remplacé en 1776 une flèche élancée que Ton distingue très nettement sur le phn
Lalleinent n'ont donné un texte correct de cette inscription. Elle a été mieux pqbliég pv Ttèàé Guillaume, Mémoire sur les peintures murales et les inscriptions commémoraUoe* déeomMttm éBM l'ancienne église Saint-Kpure de Nancy., p. iT). extrait du J. S. A. X., iS63.