LA FRESQUE DES MIRACLES DE LA VIERGE
En haut de la fresque de Saint-Èvre apparaît la Vierge portée sur les nues cl tenant sur les genoux l'enfant Jésus; sur des phylactères à droite et A gauche on lit les quatrains suivants :
Je suis Marie royne des cieux.
Que de Dieu mon fils ayent don Qui feront garder en tous lieux Qui feront ma conception.
Tous ceulx et celles qu'en mon nom Feront des biens de bon coraige.
Paradis auront pour guerdon.
Et au monde vivront grant aage.
La Vierge tient de la main gauche un grand papier ; elle le tend à un homme qui est devant elle à genoux sur un rocher et qui a déposé à côté de lui un livre ouvert :
Theophilus donna son âme Au diable, et lettre luy bailla ; Puis retourna à notre Dame Laquelle sa lettre luy li\Ta.
La légende de Théophile, vidame de l'église d'Adana, en Cilicie, était très populaire au moyen âge ; elle fut mise en vers en Allemagne dès le x^ siècle, par l'abbesse Hroswitha; et, au xm* siècle, le poète Rutebeuf en fit un mystère qui a été souvent représenté *. Pour obtenir des dignités, Théophile vendit son Urne au diable ; et, au bout de sept ans, il se repentit, implora Notr&-Dame qui eut pitié de lui et lui restitua la charte signée au démon. On trouvera cette histoire de « Faust avant la lettre* » figurée au portail de diverses églises : cathédrale de Lyon, de Chartres, Notre-Dame de Paris, cathédrale de Beauvais, Saint-Julien du Mans^
Au-dessous, près d'une église, un homme à cheval porte en croupe une femme dont la tête est entourée d'un nimbe. Le diable voltige dans l'air sous la figure d'un monstre hideux. L'homme se retourne et est tout surpris; il avait dépensé toute sa fortune et, pour se procurer de nouvelles ressources, avait vendu sa femme au diable ; mais la Vierge a pris la place de l'épouse :
l<ng homme ses biens despendit.
Et puis mena sa femme au diable ; En son lieu la Vierge se mist.
Pour la garder du dict dampnabir.
triumphe de César, les miracles nnstre dame : ont élé /aides a Paris pour Sijmon Vostre, libraire, demourant en la rue neafue a Venseigne S» Jehan V Evangeliste. Les vignettes sur les miracles de la Vierge in fine, — Sur les heures de Simon Vostre, voir Félix Soleil, Les Heures gothiques et la littérature pieuse aux xv« et xvi« siècles, Rouen, i88a, pp. a5 et ss.