‹ Histoire de NancyChapitre 328 sur 642 · I. L*anecdote dans dom Calmet, Bibliothèque lorraine, l. c · texte numérisé non relu

I. L*anecdote dans dom Calmet, Bibliothèque lorraine, l. c

a. LioNNOis, t. I, p. a3o; Grand-Eury et Lallbment, p. 6i. Elle fut fondue par les Burel et Jean Barbier, fondeurs du Bassigny. Sur les Burel, Léon Germain, Les Fondeurs de cioehes lorroim^

p. 13 et i3.

3. Lepaoe, Les Archives de Nancy, t. II, p. aoa. Chanoine de la Primatiale dans dom Calmst, Soliet de la Lorraine, t. II, p. ii (avec des chiffres un peu différents).

t\. Abbé Guillaume, /. c.

5. Toutes les cloches conservées ont été décrites avec soin par le P. Edoénb, pp. 86-87.

G. Sur la cloche nommée Léon en l'honneur du pape Léon XIII on a mil U singulière inscripCioB suivante (il s'agit de Ms^ Trouillet) :

De l'illustre prélat les œuvres les voici :

St. Maur à Lunéville et St. Epvre à Nancy.

Son collège on vit naître et chaque jour s'accroître. {Saint-Pierre^FourUr de LtmévUU.)

C'est lui qui des Chartreux a restauré le cloître. (^Botseroille,)

Les Frères et les Sœurs de maisons il dota :

A Monseigneur Tévèque offrit une villa. (Sur la côte de Tool.)

7. Ce bourdon a été décrit par J.-F. Dkblaye, Nouveau système de monture des elockts, par J. Pozdech, 1868. in-8«>.

LKS CL()CHËS DE SAINT-ÈVRK. 363

tous les matins, dès 7 ou 8 heures, les bourgeois de nettoyer les rues au-devant de leurs maisons ; les samedis et la veille des fêtes, elle sonnait à 3 heures de l'après-midi pour le même objet. A 9 heures du soir on entendait sa voix pour le couvre-feu, à 10 heures pour la retraite. Au premier de ces commandements, tous les habitants devaient éteindre chez eux feu et lumière ; à partir du second il leur était interdit de s'aventurer dans la rue sans lumière ; et ces prescriptions ont été observées avec une très grande rigueur, au xvn* et au début du xvm^ siècle, alors que les Français occupaient la ville. La même cloche annonçait l'exécution des criminels ; et combien de fois elle tinta dans les dernières années du xvi' siècle, alors que, presque chaque semaine, près du pont Fleuri, était brûlée une sorcière ! Elle signalait les incendies et devenait la cloche d'alarme : le nombre de coups, qui se succédaient à intervalles rapprochés, indiquait le quartier où avait éclaté le sinistre. Elle retentissait quand l'ennemi s'approchait de Nancy et pillait sa banlieue; elle devenait alors mandeguerre. Enfin elle se faisait entendre quand, le soir, à certaines époques de Tannée, les clocheteurs des trépassés, affublés d'une dalmatique blanche recouverte de têtes de morts, d'ossements croisés et de larmes, parcouraient les rues de Nancy, agitaient leurs sonnettes et répétaient le lugubre refrain :

Réveillez-vous, gens qui dormez ; Priez Dieu pour les trépassés * .

Une église ne contient pas seulement des œuvres d'art; elle montre comme richesses plus grandes les reliques des martyrs ou des saints. Saint-Èvre, il faut bien le dire, n'était pas riche en reKques. On y montrait une parcelle de la vraie croix, mais de l'authenticité de laquelle il est permis de douter. En 1790, lors de la dispersion des ordres religieux, les religieux de Saint-Èvre de Toul ont donné à la paroisse de Nancy la tête de saint Èvre lui-même* : mais qu'ont-ils fait des chartes et des manuscrits de leur couvent qui sont aujourd'hui perdus? L'église Saint-Evre de Nancy possède encore quelques reUques secondaires : une vertèbre de sainte Aprdne, qui, d'après la légende, aurait été sœur de saint Èvre, quelques ossements de l'évêque de Toul saint Gérard, de saint Pierre Fourier, etc.^

L'église Saint-Èvre avait un trésor assez riche. Nous passerons sur les croix d'argent, les ostensoirs, les chandeliers, les crucifix; et aussi sur les broderies, chapes, chasubles, dalmatiques, étoles, etc. Nous renverrons aux inventaires minutieux qui furent laits par la fabrique le 21 mars 1601 et le 12 décembre 1743, par la municipaUté de Nancy en 1790 et 1791*. Mais

I. LiONNOis, t. I, pp. aa6-aa9 ; Grand-Eurt et Lajllememt, pp. 6i-6a.

a. Grand-Eort et Lallement, pp. 33-34.

3. Ces reliques soat placées aujourd'hui en un reliquaire fait à Liège en 1867 et en un instrument de paix. (P. EuokifE, p. 11 3.)

4* Les deux premiers de ces inventaires ont été publiés par Lepage, Les Archives de Nancy, t. IV, pp. 89-94 ; des extraits des autres inventaires ont été donnés par Grand-Eury et Lallbmekt, pp. 56-59.

certains objets auxquels s'attachent des souvenirs historiques méritent d'être décrits à part. En Tannée i483 les Vénitiens prirent à leur service ledac René II, que sa victoire sur Charles le Téméraire avait rendu célèbre ; ils reçurent avec de grands honneurs leur nouveau général qui les devait mener contre le duc de Ferrare. René fit son entrée à Venise sous un dais magnifique, dont on s'empressa de lui faire cadeau. « Le duc René à Saint^Epvre l'a donné; le jour du Saint-Sacrement, c'est le ciel que on porte dessus Dieu'.» Ce dais servit jusqu'en i58o, époque ou le cardinal de Vaudémont en donna un nouveau, sur lequel étaient brodées ses armoiries avec le chapeau. Le dernier dais fut donné par Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont, fille du duc Léopold; il servit pour la première fois à la procession de 1746'. Quelques ornements de l'église furent confectionnés^ disait-on, avec les toilettes de mariage des princesses lorraines. Le trésor de Saint-Èvre fut en partie dispersé à la Révolution ; et, lors de la destruction de Téglise, on donna les objets qui restaient aux paroisses pauvres de la Lorraine.

Une série de chapelles avec des revenus spéciaux avaient été créées à Saint- Evre ; il nous est impossible de les énumérer toutes ; mais au moins faut-il signaler les plus importantes : la chapelle Saint^-Èvre, fondée au grand autel par Didier Bourgeois et sa femme Gertrude Fournier : une rente de aaS francs barrois lui fut assignée sur l'hôtel de Phalsbourg (n^ 19 de la place des Dames); la chapelle Notre-Dame de Pitié, fondée au milieu du xvi* siècle par Claude le Clerc, seigneur d'Erîze et de Pulligny, et sa femme Catherine de Trêves; la chapelle Sainte-Catherine, à la collation des comtes de Ludres; la chapelle des saints Cosme et Damien, qui appartenait à la corporation des médecins et chirurgiens; la chapelle de Saint-Nicolas, desservie par sept prêtres habitués, à la nomination de la chambre des comptes de Lorraine; la chapelle de l'Immaculée Conception qui dépendait du corps des marchands — c'était la chapelle la plus riche de Téglise ; — la chapelle du Saint-Esprit (|ui appartenait à la famille de Châtenoy', etc. L'église Saint-Èvre était aussi le siège de nombreuses confréries. La plus importante était la confrérie du très auguste et très saint sacrement de r autel. Elle fut instituée en i58o par le cardinal de Vaudémont; et tous les princes et princesses de la maison de Lorraine s'y faisaient affilier. Les ducs étaient rois de la confrérie. Ils assistaient toujours à la procession le dimanche de l'octave du Saint-Sacrement; on l'appela \di procession des princes ; sous la porterie du palais ducal l'on élcvail un magnifique reposoir où l'on exposait toute l'argenterie et les plus belles tapisseries de la cour. Le duc Léopold, quand il eut fixé sa résidence à Lunéville, ne manquait jamais de venir à Nancy pour assister à la cérémonie, et Stanislas se conforma à l'usage. Après la création de la Ville-Neuve, une confrérie analogue fut établie à l'église Saint-Sébastien, et les habitants

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