‹ Histoire de NancyChapitre 337 sur 642 · Chronique de Lorraine, p. i · texte numérisé non relu

Chronique de Lorraine, p. i

8. La Chronique de Lorraine l'appelle Valtrain Malois. Vautrin Malhôte de Bayon se montra, dai» 1« suite de la lutte, partisan du duc de Bourgogne. René II, victorieux, le fit mettre à mort et confisqu sa seigneurie de Reuiicourt, près de Nancy (territoire de Villers), parce qu'il t a toujours adhéré an feu duc de Bourgogne, notre ennemi capital, et est encore résident en ses pays et senriteur de ses successeurs ». (Lkpagk, Commentaires sur la Chronique de Lorraine, Nancy, 1869, P« *30

9. Dialogue de Lui> (/. S. A. L., i83/|, p. lOi): « Luy mesme en personne rient arec une grande et belle année par det^a et coucha une nuict dedans la ville de Nancy, là où nostre seigneur le reçeat et festoia grandement. »

VISITES dp: CHARLES LE TEMERAIRE A NANCY. 3()I

joie. Quand le Téméraire parcourut les rues de notre ville, pouvait-il se douter que, quelque temps plus tard, il trouverait la mort non loin de ses murs, dans les circonstances les plus tragiques? Mais, comme dit l'auteur de la Chronique de Lorraine^ « nul ne sçayt les choses por le temps advenir* ». Charles quitta Nancy le i8 décembre et coucha à Saint-Nicolas où l'accompagna le duc René ; le 19 il était à Lunéville, le 20 à Moyenmoutier; le 21, il passa à Saint-Dié et franchit le col de Sainte-Marie-aux-Mines ', pour aller en Alsace, où déjà la population se soulevait en secret contre son bailli, le fameux Pierre de Hagenbach. Cependant, quelques-uns de ses serviteurs ramenaient directement les restes de ses parents à Dijon, par Bayon, Charmes et la Franche-Comté.

Cette visite du Téméraire à Nancy paraissait avoir rendu plus solide encore l'alliance entre la Bourgogne et la Lorraine, signée le i5 octobre. Pourtant des dissentiments ne tardèrent pas à se produire. Il y eut des conflits entre la population lorraine et les soldats bourguignons qui franchissaient la contrée. Ceux-ci s'y conduisaient presque comme en pays conquis, oubliant de solder les vivres. Quand, à la fin de mars i474> Charles le Téméraire traversa une seconde fois la Lorraine en sens inverse, il put déjà apercevoir que l'irritation de la population était vive. L'accueil fut sans doute très froid et ne rappela point l'enthousiasme avec lequel il avait été reçu trois mois auparavant. Nul chroniqueur n'a pris soin de nous conserver le souvenir de ce passage; nous savons seulement par les sèches indications d'un itinéraire que le duc coucha le 28 mars à Remiremont, le 29 à Épinal, le 3o à Bayon, qu'il entendit le 3i la messe à Saint-Nicolas et vint coucher à Nancy où il passa toute la journée du jeudi i" avrils Nous voudrions bien savoir quels honneurs lui furent rendus à ce moment dans la capitale de la Lorraine, quelle fut l'attitude du duc René, si même il était présent dans sa capitale. Quoi qu'il en soit, le 2 avril, Charles quitta Nancy dans la direction de Nomeny et regagna le Luxembourg.

Une troisième fois, dans le courant de mai, Charles le Téméraire revint sur le sol lorrain et s'arrêta à une assez petite distance de Nancy. Le comte de Campo-Basso, Jacques Galcotto, le capitaine Troylo et les deux frères Antoine et Pierre de Lignane venaient de lui lever une magnifique troupe d'infanterie italienne, composée au moins de i ,000 hommes. Campo-Basso en commandait pour sa part 4oo. Cette armée avait franchi la Savoie, la Bourgogne et traversé la Lorraine. Charles le Téméraire brûlait d'impatience de lavoir et il accourut jusqu'au château de Pierrefort*. Il fut très satisfait et donna au comte de Campo-Basso une très belle fleur de diamants d'une valeur de 180 florins ^

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