‹ Histoire de NancyChapitre 338 sur 642 · Itinéraires^ l. /., t. II, p · texte numérisé non relu

Itinéraires^ l. /., t. II, p

Et pourtant déjà à ce moment Campo-Basso méditait une noire trahison. Capitaine ambitieux, il voulait arriver, coûte que coûte, à la fortune qui procure les jouissances. Il rêvait aussi de jouer dans les affaires un rdie décisif, qui rendrait son nom célèbre per fas et nefas. D'origine angevine, Nicolas de Montfort avait suivi ses princes en Italie, et le duché de Campo- Basso' avait été le prix de ses services intéressés. Mais voici qu'avec le triomphe des Aragons, il perdait son duché et tous ses biens. Famélique, il s'attacha à la cause des Lorrains, combattit avec le duc Jean dans la Ligue du bien public', et finit, après de longues supplications, par obtenir la terre de Commercy, le château de Pierrefort et la châtellenie d'EinvilIe-au-Jard^ Il n'était pas homme à se contenter paisiblement des médiocres revenus de ces seigneuries. Il accueillit avec joie la proposition que lui fit le Téméraire de lever des troupes pour lui ; il se montra surtout satisfait des 4o,ooo écus qu'on lui donna pour sa commission^. Mais à peine avait-il touché l'argent qu'il forma un nouveau dessein. Après avoir rêvé de servir le grand duc d'Occident, il rêva de le trahir. En allant en Italie pour faire ses levées, il s'accointa à Lyon avec un médecin, Simon de Pavie, ami de Louis XI, et le pria de faire savoir au souverain qu'à son retour il lui baillerait le duc de Bourgogne entre ses mains. Au delà des Alpes, il fit la même proposition à Louis de Saint-Priest, notre ambassadeur eu Piémont 5. Ainsi, au moment où Charles l'honorait de son amitié et lui décernait de si belles récompenses, il tramait déjà contre sa vie un odieux complot.

Cette armée que Campo-Basso ramenait d'Italie était destinée, avec les troupes bourguignonnes, à mettre à la raison les habitants de l'électorat de Cologne, qui s'étaient révoltés contre leur archevêque, Robert de Bavière. Le Téméraire réunit toutes ses forces et vint mettre le siège devant Neuss. Cette bicoque qu'il espérait emporter au pas de charge allait arrêter ses efforts presque une année entière (3o juillet i474-i3 juin i475) sans qu'il pût réussir à s'en emparer^. Et pendant que son esprit était tendu vers ce seul but, le roi Louis XI ourdissait des intrigues très compliquées. Déjà il avait soulevi^ contre lui les Suisses, les Alsaciens et les Lorrains.

Le bailli Pierre de Ilagenbach, que Charles avait préposé aux États autrichiens de l'Alsace, est devenu dans la légende un personnage tout à fait sinistre. L'histoire impartiale, fondée sur des documents sûrs, a lavé sa mémoire de bien des crimes qui pesaient sur elle et tenté une réhabilitation 7. Hagenbacha

t. Campo-Basso, chef-lieu de la province de Molise, au N.-E. de Naplet. a. Commîmes, cd. de M"« Dupont, t. I, p. 6i.

3. Pour Commercy et Pierrefort, cf. supra, p. 890, n. 5. Pour EinTÎiie, Lbpaoc, Lbm Commanes dt la Meurthe, t. 1, p. 3a i. Le duc de Lorraine n'avait conservé que la gruerie d'Eurille.

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