‹ Histoire de NancyChapitre 339 sur 642 · CoMMiNES, t. I, p. 4o4» cl t. II, p. 5a · texte numérisé non relu

CoMMiNES, t. I, p. 4o4» cl t. II, p. 5a

5. Id., ibid. Tous cjcs détails prouvent bien que la traliison de Campo-Basso a été loogiMoeat préméditée.

G. On consultera sur ce sièije la chronique rimée allemande de Cbristian Wuuistiiaat, HUtori ttei heleegs von Suis, dans les Chroniken der deuUchen Stûdte, t. XX, p. 609 et ss.

7. C. W. FxoER, Peter von Ilagenbach, der burgundische Landvogt am Oberrkmn dans les Bei-

SOULÈVEMENT DE LA LORRAINE CONTRE CHARLES LE T^MéRAIRE. SqS

voulu, en ces pays autrichiens, créer une centralisation administrative et faire valoir tous les droits de l'Etat. Mais il se heurta à tous les privilèges et à toutes les habitudes ; bien plus, il suscita les inquiétudes des pays voisins. Les Suisses menacés se tournèrent contre le bailli et son mattre ; et Ton vit alors ce spectacle extraordinaire : l'Autrichien Sigismond se rapprochant des vainqueurs de Sempach et mettant sa main dans leur main. L'alliance fut scellée à la diète de Lucerne, en février i474« Les villes alsaciennes de Strasbourg, Schlestadt, Colmar formèrent de leur côté avec Bâle et l'évêque de Strasbourg une ligue, pour mettre un terme à la tyrannie bourguignonne. Elle s'appelle la Basse-Ligue, die niedere Vereinung, par opposition à la Haute- Ligue, c'est-à-dire la confédération suisse *. Sigismond trouve l'argent nécessaire pour dégager ses domaines ; et le fameux bailli est arrêté, torturé, jugé par un tribunal extraordinaire composé de ses ennemis, et enfin mis à mort sur la place publique de Brisach (9 mai i474)« Cette exécution rend les Suisses et la Basse-Ligue les ennemis iiTéconciliables de Charles, dont ils n'ont nul pardon à attendre.

Restait à tirer le duc de Lorraine de l'alliance bourguignonne et à l'unir aux Suisses et aux Alsaciens. Les griefs ne manquaient pas à René contre le Téméraire. Au moment où se préparait le siège de Neuss, les passages des troupes de Bourgogne se multipliaient, et avec eux les misères du pays. Les soldats détroussaient les paysans. Ceux-ci cachaient-ils leurs biens dans les églises, ces églises étaient démolies, et les manants étaient battus à la moindre réclamation. Tous les jours, on venait raconter à René de nouveaux méfaits commis par ces soudarts : « Monsieur, pour Dieu, ayez pitié de nous ; les Bourguignons nous font du mal assez. » A tous ces récits, le sang généreux du jeune homme circulait plus rapide en ses veines; il voulut courir sus à la soldatesque, et ses conseillers, d'un sang plus rassis, eurent beaucoup de peine à le retenir*. Il adressa ses plaintes à Charles : mais celui-ci ou ne répondit pas ou se montra très hautain. René se tourna dès lors vers le roi de France et lui fit faire des ouvertures par Charles de Beauvau et Achille, un bâtard appartenant à la même famille et gouverneur de la place de Neufchâteau'. Louis XI entra avec joie en négociations et envoya à Neufchàteau Louis de Marassin, son chambellan, capitaine de la Charité, et mattre Jean de Paris. On s'entendit très rapidement. René promit de renoncer à l'alliance bourguignonne qu'il n'avait, disait-il, contractée que par violence ; il se déclara pour le roi de France, « ami de ses amis et alliés, ennemi de ses ennemis, rebelles

lage znm Programni der Gewerbeschule von Mulhawsen, i885. — H. Witte, Zur Geschichte der burgandischen Herrscha/l am Oberrhein {Zeitsckrijll Jûr die Geschichte des Oberrheins. Ncuc Folge, t. I [1886], p. lag et ss.). Du même, Der Ztuammenbruch des burgundischen Herrschaft cun Ober^ rhein, dans la même Zeiischrift, 1887, pp. i et 201. — Ch. Nerlimger, Pierre de Hagenbach et la domination bourguignonne en Alsace. Nancy, Bcrger-Levrault et C®, 1891. — Chr. Bernouilli, Landvogt Peter von Hagenbach, Basler Beilrûge zur vaterldndischen Geschichte, t. Xlll (1890).

I. H. Witte, Lothringen und Burgund dans le /. G. L. G,, t. Il (i8ga), p. 3a et ss.

a. Chronique de Lorraine, pp. 1 46-1 4?.

3. Sur Achille de Beauvau, voir Lepaoe, Commentaires sur la Chronique de Lorraine, i85<j, p. 5o.

et désK>béissants » ; il s*engagea à secourir le roi à reucontre de tous ses adversaires, « et oommément et par exprès à Tencontre du duc de Bourgogne jusqu'à la mort inclusivement », et à mettre tout le duché à sa disposition en cas de guerre. Toutes ces promesses furent couchées par écrit le samedi 9 juillet 1474 '• Mais il restait à conclure le traité; René voulait surtout que le roi s*engageât par réciprocité à le défendre, si le duc de Bourgogne lattaquait. Il envoya avec des instructions en ce sens' ses conseillers Charles de Beauvau, Gérard de Ligniville, bailli des Vosges, et Jean Lud à Chartres où se trouvait le souverain ; et là le traité d'alliance fut définitivement signé le i5 août ^ Le roi de France donna les assurances demandées ; il jura de défendre René et ses pays de Lorraine contre toutes les entreprises du Téméraire, de n'entendre ni paix ni trêve que le duc de Lorraine n*y fût compris. René s'était défmitivement uni avec la France; il s'agissait maintenant pour lui de lier parti avec les Suisses et la Basse-Ligue. Les Suisses précisément venaient de défier, le 25 octobre 1474» le duc de Bourgogne à son camp de Neuss* ; ils avaient envahi la Franche-Comté et remporté sur les troupes bourguignonnes, le i3 novembre, une éclatante victoire àHéricourt^, présage de triomphes encore plus grands. Us s'apprêtaient à envahir le pays de Vaud, dépendant encore à cette date de la Savoie et appartenant au comte de Romont, allié du Téméraire ; — la duchesse douairière de Savoie Yolande, encore que sœur de Louis XI, favorisait ouvertement le duc de Bourgogne. Déjà, en mai-juin, ils avaient tenté d'attirer à leur ligue René 11^; ils lui avaient délégué Ferri de Munsterol^ pour lui faire les premières ouvertures; ils le menaçaient même de représailles, s'il continuait de livrer passage aux Bourguignons. Mais le duc n'avait rien voulu entendre avant d'être sûr de Tappui de Louis XI. Après le traité de Chartres, il hésita encore, et pendant tout l'hiver i474-ï475 il resta irrésolu. Mais, comme le i*^ mai* la trêve allait expirer entre la France et la Bourgogne, poussé par Louis XI, invité par plusieurs ambassades des Suisses, il franchit le pas décisif; et le 18 avril, il fut solennellement reçu dans la Basse-Ligue 9. Puis, comme Louis XI venait de conclure alliance avec l'empereur Frédéric III contre le Téméraire, le duc

I. On les trouve dans le carlulaire de Thierry Alix, A. 0., B, 4ï3, P» 253. Les écrivains lorrains avaient placé ces nccjociations à la un de i473. Ils ont été trompéâ |>ar un passage, du reste assez obscur, du Di dogue de Jean Lud (/. iS^. i-l. L., i854, p. i6o). « L'alliance (avec le Téméraire), ne la pouvait-il avoir, à cause que noslrc dit seigneur s'étoit ja auparavant allié avec le roy Lois de France et print son party contre et envers tous. » Mais l'acte cité, auquel M. Toutbt, inspecteur primaire à Uclfort, nous a rendu attentif, ne laisse aucun doute sur la suite des négociations.

ft. Ce sont ces instructions qu'on trouve dans Dom Calmet, t. III, Pr., col. 270. Le dernier paragraphe, 0:1 il est question des ofTres faites à René II par les Suisses, ne laisse aucun doute sur la date de l'acte.

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