‹ Histoire de NancyChapitre 347 sur 642 · PRISE DE CHARMES · texte numérisé non relu

PRISE DE CHARMES

eu passant du Barrois, sous prétexte que ce duché avait été confisqué sur le vieux René. La troupe envoyée au secours du duc de Lorraine servit à le dépouiller de son héritage.

Tandis que Louis XI s'emparait d'un duché, Charles achevait de prendre Tautre à René. Le 4 octobre, il fut au village d'Haussonville ; le 5, il emporta sans coup férir Bayon. Près de Bayon se dresse le château de Saint- Germain ; il fut pris d'assaut, brûlé et démoli ; les Suisses qui le gardaient furent pendus'. La guerre se faisait de plus en plus implacable. Le 7, le duc de Bourgogne vint assiéger Charmes. Jean Wisse avait fait espérer à la garnison qu'elle serait secourue des Français; aussi s'était-elle mise en défense, et cependant les Français lui tournaient le dos ! Charmes ne réussit qu'à attirer sur elle les colères du Bourguignon. Les soldats furent tous pendus avec leur commandant, le petit Picard. 24 Gascons furent attachés à un même saule, et l'arbre s'appela encore longtemps après : le saule des Gascons'. En l'absence de bourreau, l'on condamna le page d'un capitaine nommé Jean de La Barre à pendre ses compagnons, lui promettant la vie sauve. Il en avait déjà exécuté six dont son maître, lorsque le bourreau survint; celui-ci acheva la lugubre besogne, sans épargner le page! On pendit jusqu'à minuit à la lueur des torches ^ La ville de Charmes fut pillée et ses habitants prisonniers durent se racheter contre une forte rançon. Chose triste à dire! les habitants de Châtel, rivaux de ceux de Charmes, et qui, à la suite de ces événements, s'étaient empressés de rappeler Henri de Neuchâtel, fils du maréchal^ de Bourgogne, se montrèrent les plus acharnés contre leurs voisins ; il fallut une file de chariots pour transporter le butin dans leur ville; ils emmenèrent même les cloches de l'église 5.

Le 9 octobre, Charles quittait Charmes où il avait semé tant de ruines, et, le 10, il vint devant Dompierre-sur-Durbion,^. La petite ville, effrayée, se rendit sans résistance ; néanmoins, elle fut pillée et brûlée, et, à défaut de gens de guerre, les manants furent déclarés prisonniers. Un bourgeois, Nicolas Philippe, qui avait perdu tous ses biens, fut, malgré sa détresse, condamné à une rançon de 4oo florins. Un détachement de troupes alla saccager Bruyères. Pour éviter le même sort, les villes d'Arches, Remiremont, Saint-Dié, Lamarche s'empressèrent d'envoyer leur soumission 7.

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