‹ Histoire de NancyChapitre 346 sur 642 · Chronique de Lorraine, p. iGG · texte numérisé non relu

Chronique de Lorraine, p. iGG

7. MoLiMET, Chronique, t. I, pp. i49-i5o. Il couche à Gorze (non Goise) le 24. {Itinéraires.')

f\i^O HISTOIRE DE NANCY.

diriger vers le nord; mais, faute d'instructions, personne n'osa tirer sur lui'. Le Téméraire lui fit une réception honorable. Le 29 septembre, les deux princes réunis continuèrent la conquête de la Lorraine. Ils emportèrent le château de Condé (Custines) et brûlèrent le village. Ce château et la seigneurie furent donnés par Charles à Tun des fils de Campo-Basso*. Fatale concession, puisqu'elle permit à celui-ci de perpétrer, à la journée de Nancy, son odieuse trahison ! Le 3o, l'armée bourguignonne passa devant la place de Nancy, sur la rive droite de la Meurthe. Elle se rangea en bataille, dans la pensée que la garnison ferait une sortie ; mais celle-ci se borna à lui envoyer quelques coups de serpentine ^ Puis les Bourguignons continuèrent leur marche par Essey et, après avoir traversé la Meurthe, prirent le soir leur campement au village de Laneuveville*. Le i*' octobre, Charles fit un pèlerinage à Saint-Nicolas-de-Port et pria dans la vieille basilique ^ Les jours suivants, il posa son camp sur la hauteur de SafTais^, au-dessus de Rosières. Il y plaça son parc d'artillerie. Ce camp devait être le point de ralliement des Bourguignons, tandis qu'ils marchaient à la conquête de la Haute-Moselle.

Cependant, René II continuait ses démarches à la cour de France, et Louis XI lui renouvelait ses assurances. « Si j'étais sAr que le duc de Bourgogne est en Lorraine, Pasques Dieu ! j'y irais en personne. » Et finalement, il lui fit délivrer 800 lances, sous le commandement de Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon et amiral de France 7. L'amiral avait reçu les ordres de son maître : il devait observer et n'engager aucune action. Avec cette troupe, il arriva sur les bords du Madon (fin septembre), prit ses quartiers autour de Haroué, Ormes et Lemainville*. On était tout près des Bourguignons et rien n'empêchait de les harceler. Mais le bâtard de Bourbon restait sourd aux prières de René. Et cependant, le 2 octobre, du Bouchage allait, au nom de Louis XI, trouver Charles le Téméraire à Lineuveville. Il demanda que sans délai on livrât à la vengeance du roi le connétable de Sainte-Paul qui avait cherché refuge dans le Hainaut'. Le connétable n'avait-il pas été exclu formellement de la trêve ? N'était-il pas convenu, par des articles secrets de Soleuvre, qu'il serait abandonné à la rancune royale? Charles donna l'ordre de le livrer, tout en invitant ses conseillers à gagner du temps, si possible. Il sentait combien était odieuse cette conduite. Du Bouchage promit en échange que les troupes françaises quitteraient la Lorraine; et, en effet, elles abandonnèrent bientôt René. Pour comble de trahison, elles s'emparèrent

I. Chronique de Lorraine, pp. lù^-iOï). La Chronique de Lorraine croit (juc le |>rince de Tareulr se rendit à Luxembourg. Mais les Itinéraires, t. II, p. ai8, et Molu(et, 1. 1, p. i5o, prouvent qu'il trouva Charles à Pont-à-Moussou.

a. MoLiMET, Chronique, t. I, p. i5i.

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