Chronique de Lorraine, p. 17a
6. Dompierre, Bruyères, Épinal, Vosges. Les dates sont données dans Molinet, t. I, p. i5a.
7. Chronique de Lorraine, p. 173. Le gouvernement de Remiremont et de Lamarchc fut donné
4o2 fflSTOlRE DE NANCY.
De Dompierre Charles s'avança contre Épinal. La ville, qui redoutait pardessus tout de retomber au pouvoir de Tévêque de Metz, résolut de se défendre. Elle avait reçu récemment la visite de Jean Wisse qui lui avait annoncé du secours. La garnison comprenait, outre les Lorrains, 800 Alsaciens et Suisses, sous les ordres de Guillaume Herter — et le bâtard de Vaudémonl commandait en chef. L'on répara avec activité les remparts, puis Ton repoussa deux détachements bourguignons qui s'étaient emparés des faubourgs. Quand Charles le Téméraire franchit la Moselle, en cet endroit très profonde, il perdit beaucoup de monde. Il grinçait des dents et jurait vengeance. Mais, des deux côtés, les dispositions ne tardèrent pas à changer. Les habitants apprirent l'abandon du roi de France et comprirent l'inutilité du sacrifice. Charles, dans la pensée qu'Epinal serait plus tard une importante forteresse de ses nouveaux États, inclinait à la clémence. Il écouta donc les propositions de paix, permit à la garnison de se retirer saine et sauve, et promit de laisser à la ville ses privilèges, à la grande colère de l'évêque de Metz Georges de Bade. La capitulation fut signée le 17 octobre, et le 19 le duc fit son entrée solennelle dans la cité et assista à la messe dans l'église Saint-Goêry'.
Mattre d'Épinal, Charles avait ses communications rétablies avec la Franche-Comté. Il revint dès lors en arrière, campa le 20 à Chavelot* et le 21 il surprit de bonne heure la garnison de Vaudémont^ Elle dut se rendre, et les habitants prêtèrent serment à Jean de Rubempré, seigneur de Bièvres. Charles se reposa le 22 sur la montagne que dominait la Vierge de Sion, dont le pèlerinage était déjà célèbre, et le 28 il campa à PontrSaint-Vincent qui n'opposa aucune résistance. Enfin, le 24 au matin, il apparut devant la place de Nancy. Le siège de la ville allait commencer !
Pendant cette marche du duc de Bourgogne, les places, tant à l'Ouest qu'à l'Est, avaient envoyé leur soumission : à l'ouest, Neufchâteau, Châtenois, Goiidreville; à l'est. Rosières, Lunéville, Einville, Dieuze*. Le gouvernement de Rosières avait même aussitôt été donné à Campo-Basso ^ Seule la ville de Sarrebourg, où Strasbourg avait envoyé un détachement, restait fidèle ; et, dans Tâpre région du Westrich, les comtes de Sarrewerden, de Sarrebruck et de Bitche soutenaient encore le parti de René 11^. Ainsi, quand le Téméraire parut devant Nancy, presque toute la Lorraine était soumise.
le 16 octobre par Charles c eu notre logis devant Épinal » à Henri de Neuchâtel. (^Publications de la section historique de l'Institut de Luxembourg, 1847, P» 65 1.)
I. Chronique de Lorraine et Itinéraires. La date dans Molinet, p. iS3. Quelques renseignemeots sur ce siège d*£pinal dans C11. Ferry, Inventaire des archives anciennes de la ville d^ Épinal, t. Hl, pp. 115-117.
a. ChÂtel-sur-Moselie, Epinal, Vosges. Le mot a été estropié dans les Itinéraires,