I. Voir plus loin, p. 4io, n
9, D'après les archives de Strasbourg (Witte, /. G. L, G,, 1890, p. 88).
4o4 HISTOIRE DE NÀNGT.
refuge aux malades. Tous les ari)res furent coupés aux environs de la place. On fit à la hâte des boulevards en terre devant la porte Saint-Nicolas et la poterne Saint-Jean. On plaça de Fartillerie sur les tours; on amena dans la ville du bois coupé à Saurupt ou dans la forêt de Haye^ Il semble pourtant qu'on ait négligé de faire des provisions de vivres; et un malheur rendit cette négligence plus funeste. Chaque jour les habitants de Nancy, qui étaient en somme encore à cette époque de véritables ruraux, envoyaient leurs bétes rouges' paître hors des remparts, sous la conduite du herdier communal. Le 20 octobre, le comte de Campo-Basso, devenu depuis quelques jours gouverneur de Rosières, surprit ce troupeau près de la léproserie de la Madeleine et s'en empara'. C'était là une grosse perte pour une ville qui allait être assiégée. Les Nancéiens s'en consolèrent en faisant eux aussi quelques prises. Ils se mirent un jour en embuscade près du moulin de Lemoncourt^, non loin de Nomeny, sachant qu'une bande d'Anglais au service de la Bour^ gogne devait passer par là; ils firent environ 100 ou 120 prisonniers. Un autre jour, ils apprirent que l'archidiacre de Cologne, Georges Hessler^, le futur évêque-cardinal de Liège, devait passer près de la Commanderie de Cuite-Fève, entre Rosières et Saint-Nicolas. Il allait au nom de l'Empereur rejoindre le Téméraire pour convertir en paix définitive la trêve du 12 juin signée à Neuss. On tomba sur l'homme d'église et on le fit prisonnier, lui et ses vingt chevaux. Mais il fit de grandes protestations pacifiques et les Lorrains finirent par le laisser passer. « En se despartant, remercya toute la bande; por leur payement, la bénédiction, le signe de la croix leur donna^. »
Quand, le 24 octobre, le Téméraire parut devant Nancy, il n'avait peut-être pas l'intention de commencer immédiatement un siège en règle. Il avait avec lui peu d'artillerie, 12 serpentines seulement 7. Mais ce jour-là la garnison fit une sortie, et les Alsaciens furent repoussés vers les remparts. Malgré la vigueur qu'ils montrèrent, Charles se rendit mattre des deux faubourgs de Saint- Thiébaut et de Saint-Nicolas. Il résolut dès lors d'y demeurer et de commencer les approches. Il fît dire au bâtard de Lorraine qu'à la suite de son agression, il ne pouvait plus être compris dans la trêve de Soleuvre. Désormais, la lutte était déclarée entre la Bourgogne et la Lorraine. Singulier reproche fait à un