‹ Histoire de NancyChapitre 354 sur 642 · Chronique de Lorraine, p · texte numérisé non relu

Chronique de Lorraine, p

4. Tous ces détails donnés par la Chronique de Lorraine, p. 178. Sébastien se dit en alsacien Baschtian, Sur Jacquet d*Ay, voir Lepagk, Commentaires, p. 32.

espèce de bombarde qui lançait des pierres a grosses comme le rond d'un chapeau' ». La tour était fortement ébranlée; une large brèche y fut faite et déjà les assiégés avaient pris des précautions pour que la partie supérieure, si elle devait être abattue, tombât du moins dans l'intérieur de la ville et ne comblât pas le fossé. A ce moment, l'auteur de la Chronique de Lorraine monta en haut, à la lanterne de la tour, ; il indiqua très bien au bombardier Jacquet la direction du courtois ; celui-ci tira et le courtois fut démonté ; selon l'expression amusante de Nicolas Rémi ', « la coiffe du chapeau » fut rasée ; et tous les soldats à l'entour furent tués. La grande tour était sauvée. L'historien suisse Knebel lui-même a consigné dans sa chronique le souvenir de cet exploit'.

Les Bourguignons pourtant se croyaient sûrs de la victoire. De jour en jour ils rapprochaient leurs tranchées de la ville : elles touchaient maintenant presque les fossés. Sur elles, ils plantaient de grands panons ou drapeaux et, imitant l'un des jurons favoris de l^m* niattre, ils criaient aux gens de la ville : « Par les cinq plaies du Christ, nous vous prendrons demain et vous serez tous pendus. » Les assiégés, sans se laisser émouvoir, tiraient sur ces drapeaux et y faisaient des ouvertures « pour passer un bœuf ». Les ennemis dès lors enrageaient et retiraient leurs drapeaux au fond de la tranchée^.

Mais il était bien certain que tôt ou tard ils arriveraient à bout de cette résistance. La Lorraine était entièrement occupée par eux et ils n'avaient & craindre nulle diversion d'aucun côté. Ils recevaient journellement des renforts du Luxembourg ou de la Franche-Comté ; l'évêque de Metz, Georges de Bade, encore qu'on ne lui eût pas rendu Épinal, leur procurait des vivres et des munitions. Les Bourguignons vivaient ainsi dans l'abondance et souvent même quittaient le camp pour faire quelque orgie à Saint- Nicolas. Charles, de son côté, donnait de grandes fêtes. Le prince de Tarente se trouvait toujours auprès de lui; à son armée étaient les ambassadeurs de JuUers, de l'électeur palatin, de Naples, d'Aragon, de Venise, de Milan ^, et les relations que l'envoyé milanais Panigarola envoyait à son maître, Galéas- Marie, tout dévoué aux intérêts bourguignons, sont devenues d'importants documents historiques^. Le i^ novembre, arriva, au nom du pape Sixte IV, le légat Alexandre de Forli, chargé d'aplanir les dernières difficultés entre

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