‹ Histoire de NancyChapitre 372 sur 642 · PRISE DE LUNÉ VILLE PAR LES LORRAINS · texte numérisé non relu

PRISE DE LUNÉ VILLE PAR LES LORRAINS

Valfroîcourt ; Guillaume de Thuillières, sieur de Hardémont ; Thiébaut de Jussy ; Guillaume du Châtelet, baron de Saintp-Âmand ; Balthasar d'Haussonville ; Jean de Choiseul, seigneur d' Aigrement; Henri de Gironcourt'. C'était enfin Vautrin Wisse qui, à ce qu'il semble, venait de recouvrer sur Campo-Basso la place de Rosières-aux-Salines. L'armée montait à 4^000 hommes, lorsqu'elle arriva devant Lunéville. Sans hésitation, elle donna Tassaut sur les côtés sud et est de la forteresse, depuis la porte Saint-Georges ou Joly, à l'extrémité de la Grande-Rue actuelle, jusqu'à la porte de Chanteheu ou Saint-Jacques, dont l'emplacement est aujourd'hui occupé par le théâtre*. Mais les assiégés, commandés par Jean de Campo-Basso^, étaient sur leurs gardes; trois attaques successives furent repoussées et les Lorrains laissèrent plus de 200 morts dans les fossés. Ils conservèrent du moins la porte extérieure de Chanteheu avec les deux tours qui la flanquaient. Par suite, la garnison était très menacée, d'autant plus qu'accouraient devant Lunéville les seigneurs allemands du voisinage, comtes de Bitche, de Réchicourt et de Salm, et qu'on avait demandé de l'artillerie à Strasbourg +. En cette situation critique, Jean de Campo-Basso préféra négocier. Il demanda à avertir le commandant de Nancy de sa détresse, et s'engagea à capituler, si celui-ci ne pouvait lui donner du secours. Mais la garnison nancéienne était elle-même très aflaiblie ; on avait envoyé avant Morat les meilleures troupes à Charles le Téméraire. Bièvres ne voulut pas se dégarnir davantage. Il ne restait plus qu'à rendre Lunéville. Les habitants de cette ville jurèrent volontiers de rester bons et loyaux sujets de René II 5. Cette prise entraîna celle d'Einville et des petites places du voisinage. Sans tarder, toutes les troupes lorraines réunies se rendirent devant Nancy, et enfermèrent M. de Rubempré. Et pendant que commençait ce siège de Nancy, Épinal se rendait au duc de Lorraine.

Les Spinaliens étaient de plus en plus exaspérés contre les Bourguignons. Les vivres commencèrent à leur manquer ; aux quatre derniers marchés étaient venus très peu de paysans. Alors, en grand secret, les habitants envoyèrent un messager à René II. Que le duc vienne sous les murs de leur ville, et ils sont décidés à se rendre. René répondit à cet appel ; il rassembla une armée de 5oo cavaliers et de 2,000 fantassins* et franchit les Vosges,

I. Sur tous ces personnages, nous renvoyons aux Commentaires de la Chronique de Lorraine de Lepage.

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