Les chiffres donnés par la Chronique de Lorraine, p
424 HISTOIRE DE NANGT.
sans doute par le col de Saaies. II arriva le 20 juillet au soir à Saint-Dié, et, le lendemain, en qualité de voué, il promit par serment de conserver les droits et les privilèges du chapitre de cette ville. La charte fut souscrite par Gérard de Ligniville, bailli des Vosges, Geoffroi de Bassompierre, Achille de Beauvau, grand maître de l'hôtel, Jean de Baude, Antoine de Domjulien, Robert Malhortie, Jean Pélegrin, Thélod, chambellan, et un gentilhomme de Strasbourg que le duc amenait avec lui, Jean de Kageneck^ René continua ensuite sa route à marches forcées, passant par Rambervillers. Il rencontra bientôt le bâtard de Vaudémont qui avait quitté le siège de Nancy. Celui-ci venait de faire une importante capture. II avait pris un messager de Charles le Téméraire, portant lettres du prince, qui annonçait sa prochaine venue avec 3o,ooo hommes. Le malheureux avait été noyé par les Lorrains dans la Moselle'. Cette missive décida le duc à se hâter. II mit son armée en bonne ordonnance et s*approcha d'Épinal. Les gouverneurs et les habitants annoncèrent aussitôt leur intention de le recevoir et obligèrent les soldats bourguignons à traiter avec lui. Il leur promit vie sauve et permission de se retirer. Puis, à la grande joie de la population, il entra dans la cité le 22 juillet, jour de la Sainte-Madeleine, et la ville, en signe de réjouissance, lui oflrit a une cowe de vin de Bainc' ». Les Bourguignons du château reconnurent l'impossibilité de prolonger la résistance et demandèrent à capituler. On ne garda que quelques officiers pour répondre des dettes faites par les Bour^ guignons : les autres hommes furent laissés libres. Aussitôt, l'abondance revint dans la cité : le résal de blé tomba de 2 francs à 6 gros, et la valeur des autres vivres baissa en proportion. René laissa en garnison 4oo .Alsaciens, sous le commandement d'Adam Zorn, Gaspard Baumann et Jean de Kageneck. Le château fut confié à 3o Gascons sous les ordres de Menant d'Aguerre. Ces dispositions prises, René réunit toute la bourgeoisie : « Demain du matin, dit-il, à l'ayde de Dieu, en Alemaignes me vols retomer vers mes amys; je suis certain que, par leur ayde, bientost auray Nancey*. » Et en effet le mardi 2.'i juillet, il se mit en route vers Remiremont^; le 25, à la deuxième heure du jour, il entra à Bâie et, sans prendre aucun repos, partit le m<\me jour au soir pour Fribourg. Il allait à la diète, qui devait
I. Hu(K), \\e de Hriié IF, ms. Bibl. de Nancy, n» 79!» (88), p. 207; Sommier, Hitttolre de Véijlite tir Saint-Dies, \u a3i.
'A. Chronii/iir de Lurrtiine, p. 225. La lettre fut présentée le 28 juillet à la diète de Fribourg. Récit de cette diète dans l'('>ditiou de K.nebkî., Bcisler Chromkpnt t. III, pp. 444 ci ss. Le messager, pressé de questions, avait déclaré qu'en réalité Charles le Téméraire n*avait que 3,ooo hommes.
3. Il s'agit de vin de Heaunc en Bourgogne. (FtHRT, Inuentaire, t. III, i, pp. iaa-ia3.) Celte iodiration nous donne la vraie date de la prise d'Ëpinal, lundi aa juillet. Cette date déjà avait été fixée par WiTTE, /. G. L. G., i8g2, p. 2G3, d'après la correspondance de Jean de Kageneck aux archives de Strasbourg. La (Chronique lorraine donne une date fausse : jeudi 8 septembre. En 1476, le 8 se]»tembre, au demeurant, ne tombait pas un jeudi, mais un dimanche. Cette date fausse du 8 septembre est répétée dans tous les ouvrages modernes : encore récemment elle a été donnée par (uievreux, dans Louis, Le Département des Vostjes, t. VI, p. 248.