C f ironique de Lorraine, p
5. Lettre de Jfan de Kntjencr.k, Wittk, p. 2O3, n. 2. La Chronique le fait à tort retcHiroer à Strasbourg.
ÉPINAL SE REND A RENÉ n. 4^5
s'ouvrir ce jour même, solliciter un secours qui lui permit de reprendre Nancy; déjà il avait envoyé en avant le comte Wecker de Bitche et Philippe de Linange'.
Tandis que René prenait le chemin de Fribourg, le siège de Nancy se poursuivait. Les troupes qui étaient venues de Lunéville devant cette cité furent renforcées vers le 24 juillet par celles qui s'étaient emparées d'Épinal. Mais elles présentaient une singulière cohue, sans force ni consistance. Personne, ce semble, n'avait qualité pour diriger les opérations, et chaque détachement agissait à sa guise. Ces bandes de partisans n'étaient pas assez nombreuses pour enserrer toute la ville ; on se borna donc à occuper quelques positions assez bien choisies. Walter de Thann se logea sur les bords de l'étang Saint-Jean, à l'endroit nommé le Virelay ; Jean de Bron, qui pouvait dès lors prendre le titre de seigneur de Pierrefort *, s'installa au moulin Saint-Thiébaut ; le bâtard de Vaudémont, à son retour d'Épinal, Gratien d'Aguerre, Gérard d'Ayvillers, les Tantonville et les d'Aigremont prirent place à la Commanderie Saint-Jean, là où était campé pendant le précédent siège le duc de Bourgogne. L'abondance régnait dans le camp. Les Lorrains apportaient des vivres en quantité ; d'Alsace arrivait un bon vin blanc qui se vendait à bas prix. La garnison bourguignonne, redoutant l'hostilité des habitants de Nancy, n'osait tenter une sortie générale et balayer ces troupes. Pourtant, il s'engagea par ci par là quelques petites escarmouches. Un jour, un capitaine alsacien, avec 4û hommes, quitta les retranchements et vint se mettre en embuscade près de l'hôpital Notre-Dame ', dans notre rue des Dominicains. Les assiégés aperçurent le mouvement et, en voyant que cette bande était si peu nombreuse, ils sortirent par la porte Saint-Nicolas au nombre de 200 et foncèrent sur la troupe. Les Allemands se défendirent avec courage et ne tardèrent pas à succomber; il était impossible du camp de Saint-Jean de voir cet engagement et par suite nul ne songea à leur port(îr secours. Ils se firent hacher à peu près jusqu'au dernier, non sans porter à leurs adversaires de rudes coups. Les Bourguignons, de leur côté, montrèrent beaucoup de courage. L'un d'eux, nommé Isambert, fut cloué en quelque sorte sur son cheval par une pique qui lui perça les deux jambes et dont il fallut scier les deux extrémités, pour lui permettre de rentrer par la porte. A peine eut^il pénétré en ville que son cheval tomba raide mort devant la maison de Jean Pélegrin^. Malgré ce petit échec, les assiégeants paraissaient devoir l'emporter ; Bièvres eut alors recours à une ruse de guerre. Un Bourguignon, nommé Humblot, se fit prendre par les Lorrains, et mystérieusement il leur annonça que Charles s'approchait à marches forcées, avec une
1. Tous ces détails dans ICnebel, Basler Chroniken, t. III, p. 33.