‹ Histoire de NancyChapitre 386 sur 642 · LE T^MI^RAIRE ET RENE II DANS LA VALLEE DE LA MOSELLE · texte numérisé non relu

LE T^MI^RAIRE ET RENE II DANS LA VALLEE DE LA MOSELLE

Charles, croyant toujours le premier devant lui à Millery, il lui envoya, le i5, un premier convoi qu'accompagnaient 3oo ou 4oo fantassins ^ alsaciens. Ces hommes, croyant trouver devant eux René, tombèrent dans l'armée bourguignonne. Ils furent aussitôt environnés et ils auraient été tous massacrés, s'ils n'avaient pu s'appuyer contre un bois. Mais i8o restèrent sur le champ de bataille*. Il eût été si aisé à René de prévenir ces braves gens de sa retraite ! Il eût été de même facile au seigneur de Ribaupierre de faire reconnaître la situation par quelques cavaliers envoyés en avant. Les précautions avaient été négligées, et ces soldats furent sacrifiés. Aussi, dès lors, le mécontentement fut grand parmi les Alsaciens. Ils crurent à une trahison et refusèrent les jours suivants de combattre. Le i6 octobre, Charles mit toute son armée en bataille et s'avança contre René. Celui-ci, voyant que les Alsaciens chancelaient, avait quitté la côte Sainte-Geneviève et était descendu sur Atton^. Charles occupa aussitôt la côte et dominait maintenant son adversaire. I^ for^t de Facq les séparait et les empêchait d'en venir aux mains ; mais ils se voyaient et réciproquement on se tirait des coups de serpentine. « Et quant vint la nuit, chacun demeura logé en son quartier ; et était noble et joyeux à ceux auxquels le débat ne touchait d'oyr toute la nuit les trompettes, ménétriers et clairons et de voir en l'air la clarté des feux d'un côté et d'autre*. » René comprit qu'à Atton il n'était point en sûreté; dans la nuit même, il leva son camp et vint se poster sur la montagne de Mousson au nord. Le 17, Charles s'empara d' Atton et tint toute la journée ses troupes en bataille, espérant que le combat aurait lieu ce jour-là. Mais les Allemands ne voulaient pas se battre : ils alléguaient que c'était le jour des Saints-Innocents et qu'on ne pouvait verser de sang en cette fête 5.

René vit que sa cause était perdue ; à minuit, après avoir allumé ses feux pour tromper l'ennemi, il descendit du château de Mousson et entra à Pontà-Mousson. Mais alors les Allemands de son armée se révoltèrent; ils brisè-

levées par Guillaume soient parties avant le délai fixé et aient déjà été à Nancy le 8 ou 9 octobre. Nous ne croyons pas davantage que Ribaupierre ait été placé à la tète de la garnison laissée le 9 octobre à Nancy. L'autorité de Huguenin, Histoire de la guerre de Lorraine, p. 179, ne suffit pas pour garantir ce fait.

1. Knebel, Basler Chroniken, t. III, p. 67, dit 4oo. Edlibach, Chronick, éd. Ustbri, p. 160, dit 3oo ; la Chronique de Lorraine, le même chiffre. Dans V Itinéraire, p. 220, il est question de f quatre à cinq cens Allemans mcnans vivres au duc René. » Les fantassins étaient surtout du Sundgau. Kivkbel dit : M pédestre* de Sunt-gaudia, Nigra silva et aliis oppidis Reni. 1 Edlibach parle aussi de a lantschajt uss dem Sunkôv ». La Chronique de Lorraine les appelle les comteaux. On a interprété : les gens du comté de Vaudémont; mais le sens est dans ce passage : f les gens du comté de Ferrette >, comme le remarque très bien Albrecht, p. 63, lequel a réuni tous les textes sur cette journée.

a. 'Chiffre donné par Edlibach. Dans la Chronique, nous proposons celte correction : f de 3oo & peine en y eut CXX de sauvés ».

3. René s'approcha de Pont^à-Mousson à la distance d'environ une lieue, dit Molinet. La Chronique de Lorraine, p. a4i> aflirme que son campement fut à Atton.

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