‹ Histoire de NancyChapitre 387 sur 642 · MoLiNET, Chronique. Les dates exactes dans Vltinéraire · texte numérisé non relu

MoLiNET, Chronique. Les dates exactes dans Vltinéraire

5. Itinéraire; Chronique de Lorraine; Knebel. En réalité, la fête des Innocents tombe le a8 décembre; pourtant ici K^nebel est entièrement d'accord avec la Chronique : Prima die (16 octobre) dicebant (les Slrasbourgeois qui étaient dans le camp de René) quod venirent Frantzigenie cis in subsidium, illos expectare oporteret ; alia die (17 octobre) dicebant : Hodie est festum Innocentum, ergo hodie difficile erit pugnare.

rent les boutiques et commencèrent à piller. Leurs capitaines, Jean de Kageneck, Walter de Thann et même Guillaume de Ribaupierre qui avait rejoint l'armée % furent incapables de les contenir. Ils répétèrent qu'ils étaient trahis, qu'on les voulait livrer aux Bourguignons. Quand le jour parut (i8 octobre), ils se débandèrent et sortirent en désordre par la porte de Maidières. René, par son sang-froid, réussit à arrêter quelques fuyards, a Messeigneurs, pour Dieu, mettez-vous en bataille ; que nous ne soyons perdus misérablement; vous voyez à un trait d'arbalète nos ennemis; s'ils savaient ce qui se passe, ils nous feraient grand deshonneur. Je veux vivre et mourir avec vous ; je vous promets, foi de prince, de vous si bien contenter que de moi vous vous louerez*. > Quelques Suisses et les Lorrains obéirent; on attela les chevaux à l'artillerie et on réussit à emmener quelques pièces. Il était grand temps. A ce moment, Charles le Téméraire occupa le château de Mousson et entra à Pont-à-Mousson dont le pont n'avait pas été coupé ; il vint prendre son quartier général à l'église Saint-Antoine '. Quant à René, il chercha avec les débris de ses troupes à gagner Nancy. La riVe droite étant occupée par les ennemis, il dut prendre par la rive gauche. Il arriva ainsi à travers la forêt de Haye à Liverdun, qui appartenait à l'évêque de Toul. La Moselle enserre de trois côtés l'escarpement sur lequel la petite ville est perchée ; il s'agissait de franchir la rivière : il n'y avait point encore de pont, et elle n'était guéable qu'à la cavalerie. Chaque cavalier fit plusieurs fois le chemin, portant les fantassins en croupe ; René II fit pour sa part traverser la rivière à 3o hommes*. Naturellement, l'on dut abandonner à Liverdun toute l'artillerie. Et ainsi, le duc de Lorraine, son armée étant à peu près dispersée, revint à Saint-Nicolas qu'il avait abandonnée neuf jours auparavant, encore plein de confiance. Un autre malheur l'y attendait. Le soir, le feu prit à son écurie et six de ses meilleurs chevaux furent brûlés ^ En présence de la déroute de son armée, que lui restait-il à faire? C'est ce que devait décider le conseil de guerre qui se réunit le samedi 19 octobre. A ce conseil, les chefs alsaciens, Jean de Kageneck, Walther de Thann, Philippe Wetzel, se déclarèrent prêts à tenir encore pendant quelque temps ^. Mais les Lorrains jugèrent toute résistance en rase campagne inutile. Que René aille chez ses alliés d'Alsace et de Suisse, qu'il réunisse

I. Albhecht croit que Guillaume était resté à Nancy et ne se trouvait pas à Pont-à-Mousson dans la nuit du 17 au 18 octobre. Pourtant, la présence de Guillaume est signalée par Knbbel qui nous dit : Alii dicebant quod dominas Willelnius de RapoUstein seduxerit Su-ûgaudiefues et eot qui de domiw'o ducis Austriat erant. Pierre de Blarru (éd. SchGtz, t. II, p. 198) attribue aussi une part de responsabilité à Guillaume dans les événements de Pont-à-Mousson. En pariant de la bataille de Nancy, il dit :

Quœrit et hune annis suspeclam abstergere noctem,

Qua feras irrupit motU Burgundio castrie

Ciesaris ad pontem, cui nunc est Monsio nomen.

a. Chronique de Lorraine, p. 2/4 3.

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