II. Itinéraire dans Leptglet du Fresnot, t. II, p. aai
G. Que Texpcdition ait eu lieu un lundi, c'est ce que disent tous les textes. Mab il y a doute sur lo ({uantième. L'n Bâlois, Ulrich Mellinger, qui écrit de Baccarat au chapelain Paul Kubler, place rrt événement le lundi avant la Saint-Nicolas (a décembre). (Knebel, Basier Chroniken, t. III, p. 83.) La même date dans le continuateur de Kœmigshofex, éd. Schiltkh, p. 879 (^uff Montag vor tant Niclaus iag), K.nebel raconte le même fait à la date du a décembre (t. III, p. 81); qu'oo ne oooclue pas de ses paroles qu'il ait été présent à l'expédition. Guillaume de Ribaupierre fait allusion au même combat dans imc lettre du 8 décembre adressée au Conseil de Bile. (Albrecht, RappoUteimaeket Urkundenbuch, t. V, p. 71.) — Mais, d'autre part, Kxebel cite les mêmes évéDcments à la date du lundi 9 décembre (t. III, p. 77). Le fait peut s'expliquer par une confusion. Ce jour-là, Kjcsbil rcrut la lettre du vicaire Jean Guldin lui annonçant ces faits (t. III, p. 80). Voici qui est pins grave. A la diète de Lucerne, du 16 décembre, arriva cette nouvelle : c daee ouf nûehetvergtMgwtr Afontng nor Sf. Luoinntng (soit le 9 dcrcmbre) Herr Hemmnnn von Reinarh, Hitler, umi Nane po»
MASSACHK DKS BOURGUIGNONS A SAlNT^iNlClOLAS. 44«^
ijuignons qui se trouvaient à Saint-Nicolas-de-Port. Là, eu effet, les assié- (jcanls envoyaient leurs malades; là s'étaient retirés un grand nombre de soldats, fuyant les ennuis du siège et la rigueur de la température. Beaucoup de chevaux aussi avaient été mis à Tabri du froid dans les écuries du bourg. Malhortie prit arec lui les garnisons de Lunéville, de Dieuze et de Baccarat, en tout 25o cavaliers et 800 fantassins' et arriva en grand secret à Saint- Nicolas. Il sui'prit les Bourguignons dans leur sommeil et les égorgea. Ceux qui se sauvaient furent rejoints et jetés dans la Meurtlie. Quelques-uns de ces malheureux se réfugièrent dans l'église et essayèrent de se défendre ; l'église fut envahie à son tour. Les Bourguignons eurent beau monter sur le grand autel, tenir de leurs mains la statue de saint Nicolas ; on les immola sans pitié. Près de 3oo périrent*. Dans les écuries, on s'empara d'environ 800 chevaux '. Charles accourut au tumulte et fut assez heureux pour délivrer quelques-uns des siens, entre autres son frère, le bâtard de Bourgogne. Cependant les Naucéiens s'étaient aperçus de ce départ subit ; ils firent une sortie où se distinguèrent Jean de Reinach et Jean de Hohenfûrst* ; ils brûlèrent les tentes ennemies, s'emparèrent de quelques canons qu'ils durent jeter dans les fossés, parce qu'ils ne purent les passer par la porte trop étroite de la ville, et surtout ils se procurèrent quelques vivres, qui leur permirent de prolonger la résistance. Cette même nuit, le bâtard de Yaudémont tomba de nouveau de Gondreville sur le camp du Téméraire et causa à l'ennemi beaucoup de dommages. Malheureusement, ces trois expéditions n'avaient pas été combinées ensemble ; sans quoi, le Bourguignon eût couru un grand danger ^ 11 se décida
Hohenjilrst, de* Hertogs von Lothringen Diener mit 3oo Pferden und wnh die neurUe S tonde aach mit 4oo Faseknechten zu St, NiMauihdU'Port in Lothringen unsere Feinde, die Burgunder, Hberfal' len, 9oo P/erde gewonnen und vierhalbhundert Feinden erschlagen haben, und, wenn sie stdrker gewesen wàren, so hûtten sie fur mehr ah 200,000 Gulden werthe Gefangene und grosses Gut abgefuhrt, dass sie haben zurùk lassen mâssen; auch seien 200 Feinde ertrunken, {Eidgenôssische Abschiede, t. II, p. 635.) La même date, 9 décembre, est domiée dans des lettres datées de Bàle et de Strasbourg. — Il ne semble pas qu'il puisse s'agir de deux événements différents, car les détails des deux expéditions se ressembleraient trop. Nous croyons qu'il y a dans ces derniers témoignages une erreur. L'on savait que l'expédition avait eu lieu un lundi; on a fixé approximativement la date de ce lundi. — La chronique d'ËRHART Tusch raconte cet épisode en détail. Cf. injra.
I. Les chiffres empruntés à la lettre citée de Mellinger. Knebel, p. 81, indique 3oo cavaliers et 4oo fantassins.
a. Id., ibid. Le continuateur de Kœmgshofen dit 800 et il parle de aoo noyés. Knebcl, p. 77, dit 4oo morts et 4oo prisonniers.
3. Les chiffres varient. Nous suivons Mellinger dans sa loUre ; Knebel parle de 916; le continuateur de KoENiGSHOFEif, 900; la Chronique de Lorraine dit 1,800; une lettre écrite à Guillaume, sire de Hibeaupierre, citée par Witte, J, G, L. G., 189a, p. 99, donne i,5oo.
4. Voir la relation à la diète de Lucernc citée plus haut ; voir aussi K.nebel, p. 77. Il y a évidemment une confusion dans ce U'xte enlre ce (jui s'est passé à Saint-Nicolas et ce qui s'est passé sous les murs mêmes de Nancy. — Plus tard, René nommera Jean de Hohenfùrst châtelain d'Arches, « ayant regars aux grans, fructuculx, laboriculx et aggreables services qu'il nous a faits durant la guerre ({u'avons eue à l'cncontre du feu duc de Hourgoignr, à qui Dieu pardoint ! 1 {Catalogue d'autographes de Madame veuve Charavay, novembre 189a ; communication de M. Léon Germain.)
5. Les trois expéditions mentionnées par Knebel, p. 81 : « Illa tria una hora eodemque die facta sunt improvise, et dicitur quod, si de parte nostra fuissent 1000 équités et 2000 pedites, res tune fuisset expedita. 1 Les erreurs de date dans la Chronique de Lorraine sont telles qu'on |)cul se demander si l'expédition des gens de Vaudcmout du 1^' novembre dont il a clé question plus haut ne se doit pas confondre avec cette expédition du 2 décembre.
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dès lors à pousser très activement le siège de la ville. Par saint Georges, avant que Tannée eût fini son cours, il fallait que Nancy fût prise 1
Vers ce moment aussi, un complot se forma pour livrer aux Lorrains la place d'Amance avec son château fort. Trois citoyens courageux, Jean Harenat, Richard, fils de Jean du Châtel, et Regnault le Maréchal, avaient décidé d'introduire, de nuit, dans la ville quelques capitaines de René II. Regnault alla au-devant d'eux pour leur servir de guide ; mais il ne trouva pas au rendez-vous ses deux conjurés. La tentative avait été découverte, et les deux malheureux restés sous Amance furent exécutés, leurs biens vendus. René II accorda plus tard aux veuves de Jean Marenat et de Richard du Châtel exemption de toute taille et subvention ; il donna mêmes privilèges à Regnault le Maréchal qui avait a tout perdu, fors son corps' ». Les lettres patentes du duc nous apprennent l'histoire de ces dévouements.
Et pendant qu*autour de Nancy avaient lieu ces exploits, partout sur le sol loiTain les garnisons s'efTorçaient d'arrêter les Bourguignons et de leur faire dommage. Tous les épisodes de cette lutte ne sont pas connus; mais l'histoire nous a conservé au moins le souvenir de quelques-uns. La garnison d'Épinal, commandée par Vautrin Wisse, se distinguait entre toutes. Un jour Wisse apprit que deux capitaines du Téméraire, de La Rivière et de Conches, s'étaient arrêtés à une certaine distance d'Épinal, à Damas-devant- Dompaire*. Aussitôt, il monta à cheval avec 200 hommes et leur donna la chasse. Mais on lui dit en route que ces soldats étaient déjà partis et s'étaient dirigés vers Fontenoy-le-Château ^ dont le seigneur, Philippe de Neuchâtel, neveu du maréchal, était un partisan des Bourguignons^. Vautrin Wisse et les siens piquèrent leurs chevaux et, malgré le froid et la neige, se postèrent en embuscade au delà de cette ville. Ils attendirent en vain; les deux seigneurs bourguignons avaient été prévenus et la petite ville s'était mise en état de défense (2 décembre). Les partisans lorrains ne résistèrent pas au plaisir de faire une incursion en Franche-Comté où ils ravagèrent Saînt-Remy et Saint-Loup ^ Huit jours après, la garnison de Fontenoy voulut prendre sa revanche. Elle battit les environs de Bains, de Girancourt, des Forges, près d'Epinal^. Elle fit main basse sur les hommes et les bestiaux; éplorées, les femmes des Forges coururent à Epinal et demandèrent aide à Vautrin Wisse. On décida aussitôt de poursuivre les assaillants : on les atteignit à une lieue et demie de Fontenoy ; après avoir imploré saint Goëry, patron d'Epinal, on les cliargea et on les mit en fuite. On exécuta le traître qui leur avait montré le chemin. Le bétail fut repris, et les femmes furent heureuses de retrouver