Fonteooy-le-Cliàtcau, Uains, Épinal, Vosges
4. Abbc Olivier, Fontenoy-le-ChâteaUj dans les Annales de la sociélé d'émulation des Vosges, 1^94* pp> 36 et bs.
5. Sainl-Rcmy, Amance, Vesoul, Haute-Saône ; Saint-Loup, Gray, ibid.
0. Bains, cher-lieu de canton, Épinal ; Girancourt, Épinal ; les Forges, ibid.
MISÈRES AU CAMP BOURGUIGNON. l\[\h
leurs maris ' ! Une autre attaque, qui sembla d'abord fort mal tourner pour les Lorrains, eut une issue assez heureuse. La garnison de VilIe-sur-Illon ^, où commandait Jean Gomel, voulut s'emparer d'André de Haraucourt, qui continuait de servir le Téméraire, et d'un capitaine bourguignon, le seigneur (le Soye '. Mais une trentaine de Lorrains furent pris, emmenés prisonniers à Darney et mis à rançon (lo décembre). Avant que cette rançon fût payée, ils réussirent à s'échapper : de leurs chemises coupées en lanières, ils firent des cordes, à l'aide desquelles ils descendirent de leur tour*.
Charles le Téméraire était comme bloqué entre Nancy et ces garnisons lorraines qui tenaient le pays. Ses convois étaient interceptés; il ne recevait plus ni argent ni vivres 5. Peu à peu la route même du Nord lui était coupée. Il avait amassé de grandes sommes d'argent au château de Luxembourg, 200,000 écus d'or, s'il fallait en croire Thomas Basin^; mais ce trésor ne lui servit à rien. Il envoya Evrard de la Mark, seigneur d'Aremberg, chercher, avec ces deniers, un peu de poudre; et ce gentilhomme ne put revenir 7. Les i3 et i4 décembre, le Téméraire s'adressa à lui et au sieur du Fay, lieutenant du Luxembourg. Il les pria de faire grande et extrême diligence pour amener argent, vivres et gens d'armes, a Par défaut, écrivait-il, nous avons été et sommes journellement en aventure de recevoir irréparables dommages*. » Et encore le 3i décembre, il écrivait à du Fay de se hâter; car l'on annonçait l'arrivée de l'armée de secours 9. Mais le gouverneur de Luxembourg ne put arriver jusqu'à lui. Charles ne recevait pas de réponse ; et son armée fondait.
Ses soldats, fatigués du siège, désertaient en masse, et quelques-uns d'entre eux faisaient cause commune avec les partisans lorrains. Pour comble de malheur, le froid devint intense. Les troupes manquaient de bois et achetaient très cher quelques misérables fagots pour se réchauffer. La nuit de Noël fut particulièrement rude. 4oo hommes périrent de froid, 3oo eurent les pieds et les mains gelés '**. Charles pourtant s'obstinait, insensible aux souffrances