Éd. QUICHERAT, t. II, p. 4i
7. Lettres à du Fay, n® 72. {Publications de la section historique de l'Institut de Luxembounj , 1847, p. i38.)
8. Ibid.f nO" 73 et 74. La souscription est : Escript en N*" siège devant Nancy.
«j. Ibid,, n^ 75. C'est sans doute la dernière lettre écrite par Charles le Téméraire.
10. Continuateur de Kœnigshofex, éd. Schilter, p. 38o. Ce passage se retrouve dans V Archivchronilc, Code historique de Strasbourg, éd. Schnkkgans, t. II, p. aoa. Thomas Basin, t. II, p. 4^2, nous
des siens. On murmurait autour de lui ; Tun de ses capitaines osa dire que, puisqu'il tenait tant à entrer dans Nancy, il fallait le mettre dans le grand canon et l'envoyer dans l'intérieur des remparts. Le Téméraire flt pendre l'auteur de ce propos irrévérencieux', et à toutes les plaintes il opposa sa propre endurance. Et cependant, même en ces temps de misère, il déploya une grande magnificence et un luxe vraiment royal. Il traitait avec honneur les ambassadeurs du pape, de l'empereur et du roi de France. Dans le dernier temps du siège, il allait même recevoir sous sa tente un souverain. Le roi de Portugal, Alphonse V, prétendait avoir des droits sur le trône de Castille. Il était venu à la cour de Louis XI dans l'espoir d'obtenir son alliance. Le roi de France la lui fit espérer; mais, quand Alphonse insistait pour avoir des secours, il s'excusait, alléguant les craintes que lui donnaient les hostilités du duc de Bourgogne en Lorraine. Et alors ce prince se mit en tête de réconcilier Louis et Charles qui était son cousin germain ' ; il fit le voyage de Nancy, vint le 29 décembre au château d'Amance et se rendit à la tente du Téméraire, à la Commanderie de Saint-Jean. On le régala oc de vin et d'épices ' » et on le retint deux jours. Charles ne voulut point entendre parler de paix; il invita au contraire Alphonse à faire la guerre avec lui. 11 le pria de lui garder la place de Pont-à-Mousson, tandis que lui-même recevrait le choc de René. Le Portugais s'excusa, en soutenant qu'il n'était point équipé pour un tel exploit. Il se retira à Amance, et, hasard extraordinaire des guerres, il faillit être pris le jour de la bataille de Nancy ♦. Il eut tout juste le temps de se sauver dans la direction de Nomeny.
Si la situation était triste pour le Téméraire, combien les assiégés souffraient davantage ! Les canons des Bourguignons allumaient dans la ville des incendies ; bientôt à cause du froid, l'eau gela et Ton ne pouvait éteindre le feu. Heureusement, la neige tomba bientôt avec abondance et amortit le choc des boulets. Mais il fallait que les habitants se gardassent du froid et leur
parle aussi de cette terrible maladie qui attaquait les pieds et les jambes des Bourgiûgnoni : f Ex eis plures tam immanibus rigentibus algoribus absumpti, plures varios exinde cootraheates morbos, diuturnis detenli fuerunt languoribus, prœsertim circa tibias, talos atque pedum resti^ia. quos tumentes vel contractos cum magnis trahebant doloribus. •