‹ Histoire de NancyChapitre 442 sur 642 · MORT DE CHARLES LE TEMERAIRE · texte numérisé non relu

MORT DE CHARLES LE TEMERAIRE

Il cherchait alors à faire front à droite, à opposer son artillerie au flot toujours croissant des Suisses débouchant par la charrière. Mais ce mouvement de conversion fut lent, maladroitement exécuté. Les Lorrains, venus par la grande route, après avoir culbuté Galeotto, se retournèrent contre lui et enlevèrent Tartillerie avant qu'elle ait pu servir. Elle ne tua que deux chevaliers, un Lorrain et un Alsacien, ce dernier nommé André de Boulach *. Le duc de Bourgogne, pris des deux côtés, se défendit avec énergie ; il voulut vendre chèrement sa vie. Il reçut blessure sur blessure; enfin, il dut fuir et se dirigea vers son camp'. Mais son cheval, exténué de fatigue, hésita à sauter le ruisseau de Saint^ean ; le Téméraire, blessé à mort, tomba pour ne plus se relever. A côté de lui étaient étendus morts cinq cents ' braves, et parmi eux Tancien défenseur de Nancy, le vaillant Jean de Rubempré.

Un seigneur lorrain, Claude de Bauzemont, avait porté à Charles le Téméraire un coup de lance ^ sans savoir quelle était la qualité de sa victime. Claude avait jadis reçu du duc Jean II l'office de châtelain et cellérier de Saint- Dié et il avait été maintenu en cette charge par lettres patentes de René II, du 3o août 1473 5. C'était, ce semble, un guerrier vaillant et brave. On raconta qu'il mourut de chagrin, quand il sut qu'il avait tué un si grand prince ^ ; et, en fait, huit mois après la bataille de Nancy, il n'était plus. Le 23 septembre i477) René II disposa de la charge de châtelain et cellérier de Saint-Dié, en faveur de Pellegrin du Thelod, son premier valet de chambre?. On affirma aussi que le châtelain était sourd ; il n'aurait pas entendu les paroles que lui criait le Téméraire et «il ne l'épargna non plus qu'un simple gendarme^».

]. Chronique de Lorraine, p. 299. Georges Hochmuth parle de trois hommes tués. Les allies étaient trop près des canons bourguignons ; et les coups se perdaient au-dessus d'eux.

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