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PREMIER DIPLÔME AVEC LE NOM DE NANCY

diplôme solennel daté de Cologne le 2 juin g65', confirma à Tabbaye les anciennes possessions, les dons récents de Gérard et encore d autres terres à Sotzeling, Chenevières et Lusciaco-villuj qui plus tard sera Bosserville*.

Tous ces diplômes et chartes que nous citons sont très intéressants pour notre histoire ; ici nous voyons apparaître les noms des localités qui environnent Nancy. Ici est cité pour la première fois le village qui, à partir de i5gi, fera partie intégrante de notre cité : « la chapelle de Boudonville, dédiée en l'honneur de Saint-Dizier. » Les religieuses de Bouxières possédèrent cette chapelle jusqu'en 12 12, où elles la cédèrent au prieuré Notre-Dame de Nancy contre une redevance annuelle de quatre résaux de froment et de quatre résaux de seigle'.

Cent années se passent après cette mention de Boudonville et, tout d'un coup, sur une autre charte de cette abljaye qui nous a été conservée en original, nous trouvons une mention de Nancy, l-e nom de notre ville est sans doute cité dans trois pièces antérieures de quelques années, mais celles-ci ne nous sont parvenues que dans des copies plus modernes. Ici c'est bien h mention la plus ancienne de Nancy sur un original. La charte date du 29 avril 1073. L'abbaye de Bouxières venait de construire un pont sur la Meurthe, au bas de la montagne sur laquelle elle était située. Le pont s'appuyait sur un terrain appartenant aux religieuses ; mais le cours de la rivière qu'il traversait était propriété de l'abbaye Saint-Arnoul de Metz, en raison du prieuré de Lay-Saint-Christophe. Il y eut discussion et procès entre les deux monastères, et la cause fut portée devant l'évéque de Toul Pibon. En présence de Tévêque de Metz Hermann, du duc de Lorraine Thierry I", fils de Gérard d'Alsace, et de Walon, abbé de Saint-Arnoul, Pibon décida que le pont continuerait de subsister, mais que les religieuses paieraient chaque année à la Saint-Remi (i*^ octobre) un cens de 12 deniers. Ce jour-là, un député de l'abbé se tiendra sur le pont, depuis la première heure jusqu'à la sixième ; après cela, il se retirera à Lay, mais les religieuses pourront payer le cens jusqu'au soir au prieuré. Ce délai passé, elles seront tenues de payer le cens avec une amende. Si le pont était emporté par les eaux, l'abbesse pourrait rétablir l'ancien bac ; mais l'abbé de Saint-Arnoul rentrerait en possession de son droit de propriété et les pilotis du pont seraient détruits pour que liberté complète fût laissée pour le passage des barques de Saint- Arnoul*. Ce pont de Bouxières devait avoir dans l'histoire de notre ville une

I. Monumenta Germanite, in-4°, Dipiornata, t. 1, p. 4oa {n9 288 des diplômes d'Otton).

a. Sotzelin(|, canton de Château-Salins ; Chenevières, canlon de Luncville-Sud-Est ; Bosservilie, commune d*Art sur-Meurihc.

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