‹ Histoire de NancyChapitre 465 sur 642 · C. Cf. supra, p. Sog. Rngelbert éUit seigneur de Bréda · texte numérisé non relu

C. Cf. supra, p. Sog. Rngelbert éUit seigneur de Bréda

7. Le cadavre du Téméraire fut en eflel dé<M)uverl le mardi 7 janvier, le troisième jour apri^s la luitaille.

5;î2 histoire de nancy.

cpée, tué d*un coup de fusil ou assommé; et le voici couché mort, et les chiens, à ce qu'on croit, ont dévoré une moitié de son visage, de façon k ce qu'on n'a pu le reconnaître tout de suite, ou bien, k ce que croient d'autres, les fers des chevaux l'ont tellement abîmé ! Que ceux-lk se considèrent comme éternellement bienheureux qui l'ont fait mourir; et que bénie soit la digne femme qui l'a enfanté pour cet exploit et qui l'a porté en son sein maternel.

Je finis et je dis encore un mot de la tempête qui s'est élevée avant le combat. Merveilleusement la neige épaisse cessa quand, k travers les fossés, on eut atteint k la fin les ennemis. Un rayon de soleil venu de l'orient, dissipa les nuages ', et l'on reconnut le secours de Dieu, qui arriva aux Allemands. Une petite puissance en a vaincu une grande, comme jadis David l'a emporté sur Goliath par sa fronde, sa corde et sa pierre ; comme jadis dame Judith l'a emporté sur Holopherne et s'est délivrée elle-même et son peuple du joug qui pesait sur eux. De même le duc de Bourgogne Charles menaçait de faire sombrer Lorraine, Arles, Provence, pays de Bar et beaucoup d'autres contrées que je ne nomme pas et aussi des villes qui ne lui avaient fait aucun mal ; ce que Dieu sait ! Et maintenant sainte Vierge, permetsmoi de dire en finissant ce long récit comment le peuple de Nancy sur les remparts t'a invoquée toi et ton enfant divin, alors que tout souci l'eut abandonné par suite de la terrible défaite du duc Charles de Bourgogne. On pouvait maintenant le voir mort, couvert de blessures et gelé. On l'enterra k l'église Saint-Georges. Longtemps après ces événements, sa veuve' réclama son cadavre contre loo.ooo florins d'or el un héraut vint demander qu'on le conduisît k Dijon en Bourgogne où sont enterrés les ducs de cette famille qui légitimement ont acquis le duché. Le duc de Lorraine répondit : c Je ne vends point de cadavre ; si quelqu'un souhaite célébrer ses obsèques comme il sied k un prince, s'il désire arranger ses affaires selon les convenances, qu'il soit fait selon son cœur : je suis prêt k lui donner un sauf-conduit par écrit. Mais Charles a voulu avoir Nancy et régner dans ce bon pays, j'espère qu'il ne reviendra pas avant le jugement dernier. » Ainsi, le duc de Lorraine a fait au messager une réponse convenable et lui a remis psir écrit cette réponse. Et il promit qu'il traiterait le duc mort comme il conviendrait, et qu'il donnerait saufconduit k qui voudrait; mais il fallait laisser le duc k Nancy un certain temps. (Suit ensuite une longue invocation à la sainte Vierge, par laquelle se termine le poème.) Et en t'invoquant, o Vierge chaste, k ta gloire et k ton honneur termine ici l'histoire de Bourgogne Hans Erhart Tusch. Imprimé k Strasbourg , anno d' MCCCCLXXVll.

I. Même détail dans Ettkrlin: « Dieu fit paraître le soleil aussi éclatant que si L'on se fût troiivr en un jour d*été. v

a. Marguerite, soeur d'Edouard IV^ roi d'Angleterre.

IIËCIT STRASBOURGEOIS DK LA BATAILLE DE NANCY. 5«i3

Récit populaire imprimé à Strasbourg: en 1477.

(D'après l'exemplaire unique de la Bibliothèque uaUonale, Lb*'37. ^^* *opra, p. hlht n. a.)

Texte.

Der hertzog von lotringen reyt In swytz mit sinen personen Ëin grosse hilflT man îm zu seyt Des must er wol belonen

Man seit im zu umb einen soit Und diente im ouch geme Die swytzer worend im ser holt In ward ein gute Erne

Den sw^'tzern von dem gantzen bund Ward bald dar noch geschriben Sie soltent kummen do zu stund Und ouch nicht lang usz bliben

Mit grosser macht zoch man gar fest Als in das lant lotringen Do fand man in vil frômder g est Die nannse woltent zwjngen

Den weg man in do under ging Das mustent sie doch lyden Der swytzer Ern gar bald anfing Sie wurdent gurgeln snyden

Ser grosser witzen man do pflag Etlich gut ret do gobend Geschach uflT einen sonentag Der heiligen dry kung obend

Man zalte. xiiij.c. Jor Dar zu. Ixx. und sûben Sie prangten ser gar kûrtz do vor Es ward in ingeribben

Man machte do ein ordenunge Das mag man hôren geme Die fusz lût luffent ait und junge Gar frOlich in die Erne

Man slug vor manchen ritter stolcz Als kurtz vor disem vechten Su ranten snell hin als ein bolcz Und stundent by dem rechten

5^4 IIISTOIHË DE NANCY.

Der hertzog von burgunden lag PersOnlich in sym hère Der lotrîngsch fûrst hat nie kein tag Gefrowet sich so sere

Es ging ini do noch allem wunsch Von gott fugt sich das glûcke Sie rantent iinder die burgundsch Und stochent sie zurucke

Herczog Kiirle den stach man dot Und mit! im uflT vier tusend Die vordersteu in grosser nott Durch flucht gar fyntlich susent

£r lag al do gar one macht Im ellend wie eiu ander Also endt sich die selbe naclit Der ander allexander

Sechczehen hcren ling man do Die musten pfennig switzen Sie frowtent sich das sie also Byni leben blibbent sitzen

Sie logent in dem feld gestrowt Die doten vil on cleyder Der sinen keyner sich desz her frowt Sie rufTtent leyder leyder

Man fand den fûrsten von burgund Dot lygen ufT dem felde Etiicher weynen do begund (jott geb im ewige selde

Sin diener kanten in ser wol Dar zu sin eygen knabe.

In Hausse als man billich sol Brocht man den lyb zu grabe.

Disz ding hat als verhenget got Und hat fur uns gestritten Syt er uns nun erhoret hol Wollen wir in furbasz bitten

TrADUCTIOxN.

Le duc de Lorraine se rendit en Suisse avec ses gens ; on lui promit une grande aide qu'il saurait bien reconnaître. On accueillit sa demande contre solde et on le servit volontiers. Les Suisses étaient très bienveillants pour lui et ils firent une bonne récolte. On écrivit k la hâté aux Suisses de toute la confédération; qu'ils viennent sur l'heure et ne restent pas longtemps a Técart. Avec une grande armée Ton sen alla au pays de Lorraine ; et là on trouva beaucoup de soldats étrangers qui voulaient prendre Nancy.

Et Ton prit le chemin (jui conduisait en ce pays, et les ennemis ne purent s'opposer k cette maixhe. Bientôt commença la moisson des Suisses qui voulaient cou-

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