‹ Histoire de NancyChapitre 48 sur 642 · BIENS DU CHAPITRE DE BOUXIÈRES · texte numérisé non relu

BIENS DU CHAPITRE DE BOUXIÈRES

sommiers plus récents % nous trouvons peu de noms nouveaux. En 1789, l'abbaye possédait le village de Bouxiéres même, avec droit de haute et basse justice. Le chapitre nommait le maire et les gens de justice de Bouxiéres, qui connaissaient de tous les procès ; ils avaient môme, jusqu'en 1789, le droit de condamner à mort. Mais l'exécution ne pouvait avoir lieu sur terre ecclésiastique. Les bourgeois de Bouxiéres conduisaient les condamnés de l'autre côté du pont, vers Champigneulles ; là à l'origine on les mettait nus; plus tard, on se borna à leur enlever les vêtements au bras et au pied droit, et on les livrait au prévôt de Nancy, qui les faisait exécuter*. Sur ce village de Bouxiéres, les dames levaient deux tailles par an ; elles jouissaient du droit de banvin pendant quinze jours deux fois Tan ; on leur devait des corvées ; nul ne pouvait acquérir droit de bourgeoisie à Bouxiéres sans leur acquitter une redevance de 20 fr. barrois. Sur diverses terres et notamment sur des vignes, sur des maisons de Bouxiéres, on leur devait des cens. Les dames étaient encore seigneurs de Mangonville ', où elles possédaient un moulin et un gagnage ; elles avaient les seigneuries de Pixérécourt, Moriviller et Francon ville +, des cens, des biens ou des dîmes à Livcrdun, Saint-Remimont, Vézelise, Faulx, Malleloy, Champigneulles, Bosservillc, Dommarie, Chaouilley, Aingerey, Sexey, Pompey, Pulnoy, Saizerais^; elles touchaient aussi différents cens sur des maisons sises à Nancy ^. L'ensemble de ces redevances peut faire illusion ; en réalité, quelques-unes étaient fort minimes, de quelques sous ou gros seulement ; puis ces biens étaient d'ordinaire mal gérés par le prévôt du chapitre, et les paysans s'entendaient pour ne livrer, en cas de redevance en nature, que des marchandises de médiocre qualité. Le chapitre de Bouxiéres pouvait donc passer pour pauvre, en comparaison des autres chapitres nobles ; la prébende d'une dame tante est estimée à i ,800 livres seulement ; la dame nièce avait un revenu maximum de 1,200 livres, outre celui des 6,000 livres qu'elle devait fournir lors de sa réception 7. Aussi l'on disait couramment en Lorraine : « Les dames de Remiremont, les demoiselles d'Epinal, les femmes de chambre de Poussay et les servantes de Bouxiéres^», encore que toutes fussent également nobles. Stanislas voulut venir en aide aux chanoinesses, leur donner un revenu qui répondît à leurs dignités. Le 8 décembre 1760, il supprima le chapitre de Vaudémont, au-dessus de Vézelise, et il unit tous les revenus de ce

1. Voir le sommier qui appartient à la Bibl. de Nancy, ms. 5go (17^), et aux A. D. les archives du chapitre, II, 2943-3o42.

2. Plaids annaux de 1784, cités par Lepage, Les Communes de la Afeart/tc, t. I, p. 190; A. D., H,

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