‹ Histoire de NancyChapitre 496 sur 642 · ibid.f p. I la · texte numérisé non relu

ibid.f p. I la

AGHANDISSEMENT DE BONSECUUKS UN 1629.

reconnue însurfisanlc. Elle mesurait à peine 3o pieds de longueur sur 30 de larijeur ; elle ne contenait qu'un seul autel. Les religieux demandèrent à Charles IV permission de l'agrandir ; il la leur accorda par lettres patentes du 20 juin 1629' et contribua lui-même pour une somme de 2,000 francs à celte construclion*. La chapelle primitive servit d'abside à la nouvelle église; celle-ci, décorée d'un beau porche faisant face à la route de Sainl- Ntcolas, mesurait 60 pieds de long sur 3o de large.

La première pierre fut posée le 23 juillet. Derrière la chapelle on éleva un bâtiment secondaire qui remplaça les cellules des religieux et qui servit à ceux-ci de demeure permanente. Il V eut désormais deux maisons de Minimes il Nancy, sous une direclion unique : celle de la Ville-Neuve près des remparts du côté nord et celle de Bonsecours. La gravured'lsraël Silvestre, que nous reproduisons, nous donne une image exacte de Uousecours après tous ces changements. On y distintiue bien les deux constructions successives et, devant la chapelle,

l'ancienne habitation de {Uravure de j. oiioi.)

l'ermite, puis la croix des

Bourguignons dans le cimetière. En avant, des mendiants tendent la main, des pèlerins achètent des objets de dévotion dans une petite boutique, el, au loin à gauche, apparaissent les deux tours de Saint-Nicolas'.

I. A. D., H, io3o. JuLET, p. I li, a imprimé, par ei 1. Le 7 septembre il y tjouU ud don de mille franc 3. La chapelle inodernc n'occupe pas l'emplaceniei jule de Saiqt-Nicolas.

Au moment où s'élevait le nouveau bâtiment, les miracles devinrent plus nombreux ; Tautorité épiscopale ouvrit une enquête * ; et un religieux minime, le P. Nicolas Julet, publia le récit de ces faits merveilleux*. Il demanda un frontispice à notre grand artiste Jacques Callot, qui représenta Fintérieur de Tabside avec la Vierge miraculeuse sur l'autel principal ; de chaque côté, un autel secondaire ; à droite, le cardinal Nicolas-François de Lorraine, qui avait excité le P. Julet à publier Fouvrage, à gauche des religieux minimes. L'œuvre du Père est intéressante. 11 discute savamment sur le miracle, mêlant aux citations de la Bible celles de l'antiquité profane.; pm's, il nous raconte une foule de merveilles : possédées que quitte le démon, paralytiques marchant, aveugles recouvrant la vue, sourds entendant, loupes, sciatiques, fièvres, fluxions guéries; il indique quelles pratiques religieuses il faut obser\'er quand on se rend au pèlerinage, et termine par une poésie en l'honneur de la chapelle. Venez, ditr-il aux pèlerins,

Vous verrez proche Nancy, Ville Métropolitaine, Riche tableau racourcy Des beautez de la Lorraine, Non guerres loin de ses tours.

Son Autel de bon Secours ;

Autel où est le portraîct.

En bosse, de cette Dame Qui, charmant d'un doux attrait Le peuple qui la réclame.

L'accueille sous son manteau Comme son plus cher troupeau.

Des eX'Voto de plus en plus nombreux étaient suspendus autour de la statue de la Vierge. Peu de temps après la publication du livre de Julet, aux monuments donnés par les particuliers s'en ajouta un autre plus somptueux, élevé par la ville même de Nancy dan» les circonstances suivantes. En i63o et i63i, une peste terrible sévit sur notre cité et c'est alors, en soignant les malades, que mourut le grand médecin de l'Université de Pont-à-Mousson, Charles Lepois. De nouveau Ton enterra près de Bonsecours les morts que le fléau avait frappés. C'est alors, le i5 juin t63i, au moment où la peste faisait le plus de victimes, que la ville de Nancy lit un vœu solennel à la Vierge. Elle promit, pour obtenir la cessation du mal, de faire célébrer, à Bonsecours ou dans tel oratoire que Ton jugerait plus agréable à la Mère de Dieu, chaque semaine une messe basse en son honneur, et une haute

1. Abbc Jkuômi!:, V Église de Notre-Dame de Bon-Secoars à Nancy, pp. 35-3C.

2. Miracles et grâces de N. Dame de Bon Secours 1er Nancy. Imprimés du commandemeat de Monscif]. riUuslrissiuic Cardinal de Lorraine. A Nancy, par S. Philippe, Imprimeur de Soa Altesse i63o. L'ouvratje a élé réimprimé en 1784 avec quelques variantes à Nancy, chez Antoine Leseure, imprimeur-libraire, proche la paroisse Saint-Sébaslien, à l'image S. Jean rÉvangéliste.

LE VŒU DE LA VILLE DE NANCY DE l63l. 5^7

messe le lendemain de sa glorieuse Assomption'. La peste prit (in; la ville tint à honneur de remplir son vœu et se décida pour Bonsecours. Par suite d'un arrangement conclu avec les Minimes, le i6 mars i632, il fut décidé que ces religieux seraient chargés de l'exécution. La messe hebdomadaire devait être dite le samedi; le Magistrat s'engagea à assister en corps à la solennité du i6 août et il a été fidèle à cette promesse jusqu'en l'année 1791. Pour satisfaire aux frais de la fondation, le receveur des rentes de la ville versait, chaque année, aux religieux une somme de 200 francs*.

Ce ne fut pas tout. On voulut rappeler cette fondation par un monument. Le Conseil de ville s'adressa au sculpteur Siméon Drouin : il lui commanda un eayvoto, formé d'une table de marbre noir, sur laquelle une inscription en lettres d'or devait rappeler le vœu de Nancy 3. Après de longs délais, la table fut posée en i644*« Peu après, en vertu d'un contrat passé avec la cité le 16 janvier i6455, Drouin sculpta, pour une somme de 700 francs, monnaie de Lorraine, trois statues en marbre blanc, qui devaient entourer la table votive. C'étaient celles de saint Roch et de saint Sébastien qu'on plaça aux côtés, celle plus grande de saint Charles Borroméc, qui couronna le moimment. Ces trois saints étaient particulièrement invoqués contre la peste, et toujours ils ont été très populaires à Nancy, où chacun d'eux a eu son église ou son hôpital. Stanislas ne respecta pas plus l'œuvre de Siméon Drouin que l'ancienne chapelle de Bonsecours. La table votive disparut; la statue de saint Charles fut livrée au commerce et n'a pas laissé de trace. Le saint Roch se trouve aujourd'hui à la Cathédrale et couronne le contre-retable de la chapelle consacrée à ce saint ^, la troisième à gauche; le saint Sébastien, après avoir été relégué longtemps dans l'église de ce nom, a été transféré au Musée lorrain 7. Dans la nouvelle église, Stanislas remplaça l'ancien monument par un autre, de proportions plus grandes, dessiné par Chassel et exécuté en 1742 par le sculpteur Barthélémy Mesny ^. Il se composait d'une large table en marbre noir que surmontait une Vierge assise, portant l'Enfant Jésus. A droite et à gauche étaient représentées sur des piédestaux la

I. Le texte de la délibération municipale a été public par l'abbé Guillaumk, Nancy, ses vœux à Marie, in-ia, Nancy, A. Lepaoe, i86i, pp. 7-9.

3. La convention entre la ville et les Minimes est analysée dans l'a. /., pp. ij-io. On trouvera l'original de la ville aux A. M., BB. 36, et l'exemplaire des religieux aux A. D., H. io3o.

3. H. Lepage, Une famille de sculptews lorrains, dans les M. S. A. L,, i863, p. 66.

4. Lepaoe, Sur le vœu de la ville de Nancy à Notre-Dame de Bonsecours, dans les M, S. A, L,, i86A> P* 2^7) note.

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