‹ Histoire de NancyChapitre 50 sur 642 · LiojHNOis, t. I, p. CmvS · texte numérisé non relu

LiojHNOis, t. I, p. CmvS

chapitre à ceux de Bouxières'. Dès lors, les possessions des chanoînesses s'élendirenl au loin dans le Saintoîs el la vallée du Madon, àGugney, Forcelles- Saint-Gorgon, Vroncourt, Praye-sous-Vaudémont , Hammeville, Diarville, Xirocourt, elc*. Un peu avant la Révolution, d'autres biens allaient être affectés au chapitre '. La servante de Bouxières allait redevenir grande dame.

Les chanoinesses de Bouxières connurent aussi, au cours de leur histoire, de tristes vicissitudes, et souvent elles durent laisser leurs demeures pour chercher un abri à Nancy ou dans leurs familles. Au xvi* siècle, quand des partisans protestants traversèrent à diverses reprises la Lorraine, elle se dispersèrent ; elles envoyèrent leurs archives au couvent des Prêcheresses de Nancy et ne les reprirent qu'en iSyo, après en avoir fait faire un inventaire minutieux^. En Tannée i635, des bandes de toutes sortes, troupes suédoises, troupes impériales, troupes françaises, campaient aux environs de Nancy et commettaient à qui mieux mieux de terribles dégâts. L'on ne sait point encore à laquelle de ces nations il faut attribuer l'incendie de Saint-Nicolas-de- Port. Les chanoinesses quittèrent leur montagne et se retirèrent à Nancy ; elles apportèrent avec elle leur trésor et les précieuses reliques, qui furent déposés jusqu'en 1659 au couvent des sœurs grises, dans notre rue des Dominicsiins ^ En 1743, quand les Pandours et Croates avaient envahi l'Alsace et menaçaient la Lorraine, de nouveau les reliques furent mises en sûreté à Nancy, cette fois-ci au couvent de la Visitation^, englobé aujourd'hui dans le lycée. Ainsi l'existence du chapitre de Bouxières fut marquée par des épisodes tragiques. Ces événements l'empêchèrent de prospérer et de se développer. Il faut dire aussi qu'à la suite des guerres et des occupations françaises de la Lorraine, la plupart des familles nobles avaient disparu ; les chefs des unes avaient été tués, les autres s'étaient exilées, toutes étaient ruinées. Le chapitre de Bouxières se recruta dès lors au dehors parmi les maisons faméliques de l'Allemagne ou de TAlsace, qui avaient toujours des cadettes à établir. Les noms qu'on trouve le plus souvent parmi les chanoinesses des xvii* et xvni* siècles sont ceux de Schauembourg, de Wangen, d'Eltz de Kempenich ou d'EItz d'Ottange, de Hunolstein, de Zuckmantel, de Mohr de Waldt, de Ligertz, de Flachsland, à côté de quelques noms lorrains seulement, Bassompierre, Haraucourt, Landresde Briey?, etc. Stanislas, en janvier 1761, fut obligé (le déclarer qu'à l'avenir seules les jeunes demoiselles nées

1. Les lettres patentes publiées par Tiiihault, Histoire des ioix et usages de la Lorraine dans les matières bénéjîciales, pr., p. CCIV.

2. Les chartes sur Vaudëmonl dans le Sommier (Bibl. de Nancy, ms. 590 [175]), p. 385. Les premières communes dans le canton de Vézelise ; les deux dernières dans celui de Haroué.

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