‹ Histoire de NancyChapitre 51 sur 642 · TRANSFERT DU CHAPITRE DE BOUXIERES A NANCY · texte numérisé non relu

TRANSFERT DU CHAPITRE DE BOUXIERES A NANCY

en Lorraine ou en France seraient admises aux prébendes des chapitres nobles, particulièrement à celles de Bouxières*.

Pour toutes ces raisons, Bouxières n'altira pas sur lui les mêmes imprécations ni les mêmes anathèmes que Remiremont. Son histoire n'est point marquée par des tentatives de réforme ascétique et d'opiniâtre résistance du chapitre. Mais qui sait si, à la fin du xvni® siècle, le scandale n'eût pas éclaté? A ce moment, les chanoinesses voulurent abandonner leur ancienne habitation et se construire des maisons plus confortables à Nancy même, tout près des plaisirs. Et elles devenaient riches.

Les dames s'ennuyaient sur la montagne élevée dont l'accès était fort pénible. Elles remontrèrent que leur demeure était environnée de forêts souvent infestées par des brigands, qu'elle était séparée de Nancy par la Meurthe dont les débordements étaient fréquents, qu'à Bouxières elles ne pouvaient se procurer des maîtres capables de cultiver les talents des demoiselles nièces, que l'abbatiale et le chœur de Téglise menaçaient ruine et que la réédification entraînerait de trop grandes dépenses. Elles demandèrent en conséquence à transporterie chapitre à Nancy même. Le 19 juin 1785*, le roi leur accorda un brevet, autorisant le chapitre à solliciter en cour de Rome sa translation dans la capitale de la Lorraine. Le pape Pie VI céda, nomma, le i3 mai 1786, l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, comme commissaire apostolique pour procéder au transfert 5; ce prélat, auquel était due en partie l'érection du siège épiscopal de Nancy, connaissait très bien les affaires du nouveau diocèse. Par lettres patentes du 5 juin, Louis XVI approuva la bulle et permit aux chanoinesses d'acquérir les terrains nécessaires à l'établissement ; le i4 juin, le Parlement de Nancy donna à son tour des lettres de pareatis^.

M. de Stainville, gouverneur de la Lorraine, aurait souhaité que les religieuses s'établissent place de Grève, à l'endroit même où a été construite l'Académie de Nancy. On venait d'abattre de ce côté les derniers vestiges des remparts, de niveler les glacis, et l'on souhaitait que la nouvelle place fût entourée de beaux monuments. Mais le projet ne réussit pas et c'est autour de Bonsecours que les religieuses songèrent à s'installer. Les circonstances

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