‹ Histoire de NancyChapitre 500 sur 642 · C'est le drapeau qui se trouve près du monument de Nancy · texte numérisé non relu

C'est le drapeau qui se trouve près du monument de Nancy

4. Voir la description de ces drapeaux dans Lio?(nois, t. I, p. 583. On lit dans le Journal du libraire Nicolas à l'année 1738 : « S. A. R. la grande duchesse de Toscane (^Marie-Thérèse) envoya par dévotion à Notre-Dame de Bonsecours deux des drapeaux pris sur les Turcs à la bataille de Méhadia, gagnée le 4 juiUet sous les ordres de S. A. R. Os drapeaux étaient accompagnés d'un voile de moire d'argent brodé en or et en soie dont cette princesse fit présent à la Sainte Vierge ; c'est elle-même qui l'a travaillé ; il est d'un très bon goût et très riche. Le aS août, l'on posa les drapeaux dans la chapelle et l'on y chanta une messe solennelle en actions de grâces. La symphonie de la Primatiale et du concert y était. On fit une décharge de quantité de bottes et il y eut un grand concours de peuple qui s'y était rendu de la ville de Nancy. » M. S. A. L, iSgg, p. 33o. A ce moment même s'élevait, à côté de la vieille chapelle, la nouvelle église de Stanislas.

5. Une de ces inscriptions a été replacée sous le drapeau conquis à la bataille de Saint-Gothard. Nous en donnons le texte ci-joint :

TlOI,

SUPRKMA

ilflUISTIAKOHUM KXKHCITl'UM

UCPRRATRIX.

Relata nuper ad fanum Sancti Godardi memorabilis

Otthomanno de hoste victoriœ primitias,

propria collectas manu,

votivum altaribus tuis anathema appendit

Caholl's

phinceps lotharlnglk.

Ihat hoc in manu ferocis Mahumetan ve.rilliun

Jeraie ruhens instar comefêB, cladem ac stragem

terroremque late per occupata jam Christianorutn

castra circumferens ; necque victoriœ signum modo,

sed et insfrumentum erat, qua parte pneacuia cuspide

minax mortem aui obvio cuique inferebat aut intentabat,

At ubi invicta PRUfcn>is manu conjossus

58o HISTOIRE DE NANCY.

ont encore leurs lances réelles. En 1866, pour protéger ces glorieux lambeaux, on a fixé aux hampes des fac-similés modernes renfermant les drapeaux anciens et laissant apercevoir, par ci par là, un morceau du tissu primitif.

La chapelle de Bonsecours, où sont déposés ces trophées, a son rôle dans toutes les circonstances graves de la vie des princes lorrains. C'est ici qu'en avril i64i Charles IV, rentré dans ses États après la paix de Saint-Germain, la petite paix, vint rendre grâces à Dieu et à la Vierge et recevoir les hommages de son féal peuple de Nancy '. C'est à Notre-Dame de Bonsecours que songea son neveu, le futur Charles V, lors du terrible accident qui lui arriva à Paris, quelques mois après la mort de son frère aîné Ferdinand. Il venait d'être renversé de cheval au manège et les médecins l'avaient condamné. Mais on lui appliqua sur le cœur une image de Notre-Dame de Foix et il guérit'. En signe de reconnaissance, il fit représenter ce miracle sur un grand tableau qu'il envoya à Bonsecours î. C'est à Bonsecours que le duc Charles IV avait coutume de prier avant de se rendre à la chasse et il s'y trouvait lors du guetrapens du marquis de Fourille en 1670 ; il quitta aussitôt ses États qu'il ne devait plus revoir^. Ici l'on célébra les messes d'actions de grâces, à l'occasion de chaque événement arrivé à la famille ducale : naissances, mariages; ici l'on implora la Vierge pour la guérison des princes malades ou pour la cessation des deuils publics.

I^s particuliers, comme la famille ducale, s'adressaient en leur détresse à la l)enotte mère de Dieu et, en reconnaissance pour leurs prières exaucées, faisaient de nombreuses fondations. Dans beaucoup de testaments, le nom de Bonsecours était rappelé; des citoyens de Nancy ou des environs laissaient à la chapelle des rentes de 200, de 5oo, et jusqu'à de 2 à 3,ooo livres,

gignifer occubuii tuoque *e vexillo gepelivit,

aepulta est una cum iÛo tpet omnit ac ferocia

Otthomanni exercUus, faclumque ett hoc veœUlum,

fractit hostibus, fugiendi ùgnuin quod vincendi fuerat,

Felicem hanc rerum nos^rarum conuersionem

Principi nostro Earopa tota atlribuit,

ai ille tibi, O magna praliohum

ARBITRA, necque aliam tibi ex hoc

qualicamque infidelium spolio gloriam quœrit

quam ut git apud te Jidelit aninii signum juratique obseqaii perpetuum monumentum.

Restauré en 1829.

Le marquis de Beauvau, dans ses Mémoires, nous raconte Thistoire de ce drapeau : c Ce princ« arracha même un (jtand guidon des mains d'un Turc, qui venait à lui dans le dessein de le percer d'une pointe quarrée et fort acérée, attachée au bout de l'arbre de son drapeau, ce qu'il évita d'uo coup de pistolet dont il arrêta l'inûdèle. Ce drapeau, que l'Empereur donna depuis au prince, pour lui laisser cette marque honorable de sa valeur, fut envoyé au duc François son pcre, qui l'a fait pendre dans la chapelle des Bourguignons près de Nancy, devant l'autel de la Vierge de Bonsecours où l'on le voit encore tout sanglant et au-dessous un ccriteau en lettres dorées qui raconte cette action. » Éd. de Cologne de iTtSg, p. a54.

Page 1