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CONSTRUCTION DU COUVENT DKS MINIMES

afin que des messes y fussent dites pour le salut de leur âme'. Au début du xvm* siècle aucun jour ne s'écoula sans qu'il y eût quelque messe d'aiH niversaire ou de requiem, avec récitation des litanies, chant d'antiennes à la Vierge ou prières liturgiques. Par suite, il devint nécessaire d'accrottre le nombre des Minimes habitant près de la chapelle. Au chapitre provincial de 1720, la communauté de Bonsecours fut séparée de celle de Nancy ; elle Forma désormais une maison indépendante et distincte, avec ses charges et ses revenus séparés ^ Dès 1726, on commença, pour loger les religieux, à construire un édifice plus confortable ; le couvent eut à sa tête un correcteur, nommé par le père provincial ; il se composait d'ordinaire de huit ou neuf religieux, sans les frères convers. La chapelle était exempte de l'autorité soit du curé de Saint-Sébastien, soit, depuis 1781, de celui de SaintrNicolas ; les Minimes y avaient pleine autorité ^

Stanislas fit sa première entrée à Nancy, le 9 août 1787 ; le monument qui frappa tout d'abord ses regards fut la chapelle des Bourguignons, à ce moment fort délabrée. Le roi de Pologne, lui-même très dévot, résolut de construire à la Vierge un édifice plus somptueux et de placer en quelque sorte sous les auspices de la mère de Dieu son règne en Lorraine. Le terrain fut choisi en avant de la vieille chapelle et aussitôt l'on se mit à l'œuvre. La première pierre fut posée le i4 août 1788*; elle fut bénite par l'évêque de

I . M. l'abbé Jérôme, L'Église NotrC'Dame de Bon-Recours à Nancy, pp. 53-57, ^^^ connailre les principales de ces fondations, a. Recueil de l'abbé Marghal ; Jérôme, ibid,, p. 65, d'après les archives de la paroisse.

3. M. l'abbé Jérôme, ibid,, pp. 58-64» nous raconte en détail les conflits entre les carés et les religieux.

4. Sous cette première pierre, on plaça l'inscription suivante gravée sur une lame d'airain :

Ad Majorem Dei gloriam

et

Honorem BecUœ Mtwi»

Semper Virginis

Templum hoc J'undavit

Stanislaus Primus

Hex Poloniœ Duœ Mag, Lit,

Hus, Prus, Maz, Sam. Ki, Vol, Podol,

Podla, Liv, Srnol, Sen, Czer,,

Dux LotharingiëB et Barri, Marchio

Muêsip. Nom, comes Vald,

Blamon. Sarv. et de Salm, etc,

Primumque lapidem

a D, D, Scipione Hieronimo Begon

Epiêcopo Tullensi benedictum

Posait hac die XIV Augusti

Anno millesimo septingentesimo

Trigesimo octavo.

582 HISTOIRE DE NAiNCY.

Toul, M«^ liégon, accompagné de l'évêque de Chartres, de Tabbé de La Galaizière et d'un nombreux clergé. Monseigneur fit un discours où il vanta la générosité du roi de Pologne ; il accorda quarante jours d'indulgence aux ouvriers qui allaient travailler à cette église ; mais peu de Nancéieiis, encore irrités du changement de régime, assistèrent à la cérémonie'. Trois années après, la chapelle était prête. Le 6 septembre 1 741 j M«' Bégon bénit les quatre cloches que le roi avait données à Notre-Dame ; et, pendant la nuit, afin de ménager les susceptibilités du peuple lorrain, on transporta la Vierge de Mansuy Gauvain de l'ancien édifice dans le nouveau. Le 7 eut lieu la cérémonie de la consécration, tandis que le régiment français de Foix était sous les armes; et le 8, fête de la Nativité de la Vierge, Tévéque de Metz chanta avec pompe la grand'messe, en présence du roi de Pologne et d*un assez grand concours de peuple ; mais la foule était surtout composée d'étrangers. Les jours suivants, on exhuma les corps des personnes enterrées dans la vieille chapelle et on déposa les ossements dans le nouvel édifice*; et alors on détruisit l'antique sanctuaire. Les Lorrains ne le virent pas disparaître sans douleur, et l'on rapporte qu'un bourgeois de Nancy, le potier d'étaiu Mouchette-Revaud, habitant en face de Bonsecours, fit murer ses fenêtres pour n'être pas témoin de rcUe profanation '.

Le nouvel édifice fut bAli en partie avec les pierres et les colonnes du château de la Malgrange, élevé par Léopold et laissé inachevé. Emmanuel Héré, encore jeune, dirigea la construction du monument; Provençal peignit le plafond, qui représente divers éj)isodes de la vie de la Vierge ; Lamour forgea les grilles qui contournent en haut tout l'édifice, celles des tribunes de l'orgue et celles qui séparent la nef du chœur ^. Les murs furent ornés d'un stuc imitant à s'y niéprendre le marbre, fait d'après un procédé découvert par Louis et Nicolas Mansianx, de Ointrey, près Vézelise^.

L'édifice, dans le style de la Renaissance italienne, présente un aspect assez coquet. A Textérieur, (|ualre colonnes d'ordre composite supportent

I. Journal de Nicolas, /. c, p. 329. Cf. le journal manuscrit de Durival à la Bibl. d6

3. Id.t ibid, p|). 3r)5-3r)6. I^s vceux déposés dans l'ancienne chapelle furent placés dans les ridors du nouvel cdirice ; on cacha aussi pendant un certain temps les drapeaux pris sur I et on ne les exposa dans rétjlise (|ue plus tard. Cf. [Abbé GodfrotJ, Pèlerinage de Noir^-J^mtÊB éê Bon-Secours, Notice historit/ue et descriptive» p. 11, Nancy, Vagner, 1846. La brochure, lomest attribuée à Tabbë Morkl luinnèuie, a eu diverses éditions peu modifiées. La dernière, chez RogfV, est de 1892. M. Léon Geumain a signale dans un compte rendu, 7 pages, Grépin-Leblood, dlrtnei erreurs échappées à l'auteur.

3. NoKL, Mémoires pour servir à V histoire de Lorraine, n® 5, 1™ partie, p. aa5. Le libraire Nicolas nous raconte aussi en son Journal, non sans une certaine satisfaction, que des quatre enlrepreoeen ds la construction de la nouvelle église trois moururent dans Tannée 1788, /. c, p. 319.

4. Les dernières grilles ont été exactement replacées. Au milieu, sur Tua des battants de Is porle^ on lit, en rouge sur fond d'or simulant un livre ouvert, ces mots de TËcriture : Per Jidem tficêiwd. Sur le battant op|x>sé, une croix rayonnante. Sur les enroulements délicats se détachent les cbUftês de Stanislas : S. H., Stanislaus Rex, et de Louis XV^ deux L entrelacés. Les grilles qui gamisscot les trois balcons de l'orgue sont aussi celles de Jean Lamour, mais les diverses parties n*ont pas été remises exactement à leur ancienne place. Quant aux grilles de la galerie, elles ont disparu ; on y 1 substitué un ouvrage moderne, sans caraclcre.

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