‹ Histoire de NancyChapitre 509 sur 642 · Nous publions ici le texte de cette inscription · texte numérisé non relu

Nous publions ici le texte de cette inscription

Exercitus Sarmatici

relliquiœ,

/)er orbem, G al lis sociis,

patriam qusrrentes,

quam perseverantia

fortitudineque

meruerunt,

Alkxandri pacificatoris

benignitate coUect»,

duce Michaele Sokolnicki,

pénates suos repetentes,

Stanislai Leszczykski,

patrie bene/ici

Christianissimi Régis abavi,

cineribus,

hospitique nationi

lugentes dicunt

leternum vale

Die XI jun. a. mdcccxiv.

Cette table de marbre, placée aujourd'hui à côté du Vœu de Nancy, était autrefois daas le chœur.

7. Le procès-verbal de celle remise a éU; publié par M. Staxislas Thomas dans le J» S, A. I*..

LES POLONAIS A BONSEGOURS. Go3

adis à Stanislas par la ville de Dantzig; il ne resta à Nancy que le petit guidon, reproduction exacte du précédent '.

Sokolnicki emportait encore de Nancy d'autres reliques réunies en une caisse : un carreau en marbre noir du foyer où Stanislas avait été brûlé, un lambeau de sa robe de chambre, léché par les flammes, quelques ossements qu'on lui avait assuré provenir du squelette du roi '. Bientôt, le bruit courut qu'il avait transporté à Posen le cadavre tout entier du beau-père de Louis XV '. Notre municipalité s'en émut ; elle tit ouvrir, les 2g et 3o août, le caveau où, en i8o3, avaient été réunies les reliques de Bonsecours; elle trouva le tout en état, transféra ces restes dans un cercueil en plomb plus somptueux et les lit placer sous le grand autel du chœur (3 septembre 181 4)*. Le 12 octobre, elle protesta publiquement contre les erreurs qui s'étaient répandues et qu'avait accueillies la presse parisienne. Ce qui n'empêcha pas qu'en 1867 on fit encore courir le bruit que les restes de Stanislas étaient enterrés à Saint-Pétersbourg. Après diverses péripéties, la caisse de Sokolnicki était arrivée dans cette ville et on se figura, d'après l'étiquette mise par le général, qu'elle contenait la vraie dépouille mortelle du roi de Pologne 5.

Le 5 mai i833, l'église de Bonsecours a reçu la visite d'autres Polonais, des vaincus de la grande insurrection. Ils y ont élevé une ta})le de marbre qui fait pendant à celle de Sokolnicki. ils affirment dans une éloquente inscription leur complet dénûmeni, mais aussi leur foi inébranlable en la résurrection de la patrie : « Dis, ô roi Stanislas, que tu nous as vus ici errants,

I. Drapeauœ de Notre-Dame de Bonsecours, p. 7. En 1895, le bruil a couru dans Nancy que le pelil guidon avait à son tour disparu. l\ n'en était rien heureusement; il se trouvait cache dans la sacristie. On a eu soin depuis de le remettre près du tombeau de Stanislas. Cf. les articles de M. Badel dans VEst républicain, 37 juillet 1895.

a. H. Lepage, Les Caveaux, pp. 33-a4> Peut-être ces ossements avaient-ils été détournés en i8o3.

3. Le Journal des Débats du 26 août 181 4 annonce qu'une partie des restes de Stanislas avait été déposée à la cathédrale de Posen, tandis que l'autre devait être envoyée à Cracovie. (Cf. le Moniteur universel du 6 octobre i8i40 M. l'abbé Jérôme, L'Église Notre-Dame de Bon-Secours à Nancy, p. i48, n. 3, montre bien comment une telle erreur a pu se propager. Nous possédons en polonais les Mémoires du général Homan Wtbranowski, a vol., Lemberg, 1883, qui fit en qualité de colonel la campagne de 181 4 et accompagnait Sokolnicki à son passage k Nancy. U nous rapporte qu'après Nancy, le régiment polonais se dirigea par Fort-Louis, Wiirzbourg, Meiningen, sur Leipzig. Dans cette ville, Sokolnicki recueillit les restes du prince Joseph Poniatowski qui avait péri à la bataille des Nations (ils avaient été retrouvés dans les eaux de l'Èlster); on les déposa sur un char funèbre avec la caisse rapportée de Nancy. En passant à Posen on fit célébrer un service funèbre et pour Stanislas et pour Poniatowski; à Varsovie, Sokolnicki abandonna la caisse de Nancy à la Société des sciences; puis il fit transférer à Cracovie les restes de Poniatowski, dans la sépulture de Sobieski. Le Journtù des Débats semble avoir mêlé et confondu ces faits.

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