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LES TABLEAUX DES COHDELIERS

d'autre part'. Ces tableaux furent cédés en ce siècle par M"« Lefebvre, née Guerre, à l'église des Cordeliers, au moment où la belle façade de Thôlel Lunati était démontée et transportée à Jarville, où plus tard M. Gouy lui devait donner asile en son château de Renémont*. On attribue encore à Claude Charles, mais sans fondement, le martyre de saint André, qui, sur les murs de Téglise, sépare les deux toiles précédentes, comme aussi le Saint François présentant l'Enfant Jésus à la Vierge y qui est placé à droite du chœur et qui est fortement endommagé. En face de ce tableau se trouve une toile médiocre. Saint Evre délivrant les prisonniers, dont les Cordeliers ont hérité, quand fut détruite la vieille église paroissiale^ Enfin, au fond de l'abside, on a placé un Christ en croix, qui provient des anciennes collections de la ville, réunies jadis dans la chapelle de la Visitation^.

L'église des Cordeliers a souvent servi de sépulture aux princes de la maison de Lorraine. Après René II, le duc Antoine et sa femme Renée de Bourbon, le duc François I" et sa femme Christine de Danemark, Charles III et sa femme Claude de France y ont été mis en terre. D'autres princes les y ont suivis 5. Les corps de quelques-uns d'entre eux ont été transportés plus tard dans la chapelle ducale ; mais les autres y sont demeurés. Sur leurs tombes se sont élevés de beaux monuments, qui ont valu à l'église sa célébrité. Immédiatement il faut citer ici le tombeau de son fondateur, du vainqueur de Charles le Téméraire, René II. Il avait lui-même indiqué dans son testament à quelle place précise il voulait être enterré « au costé droit de l'autel grand, vers la muraille «^ ; il avait dit quels devaient être les traits généraux de son mausolée. « Et voulons que sur notre corps soit fait un monument de cuivre en forme platte, de haulteur seulement qu'en soy engenouillant à l'encontre, l'on puisse tenir un livre en main et reposer ses bras dessus, et sur ledit monument la pourtraicture insculpée de notre image, avec une épitaphe aussi insculpée à l'environ. » On respecta seulement une partie des volontés de René. Il fut enterré à l'endroit qu'il avait désigné; mais, au lieu de l'humble monument « de cuivre » qu'il sollicitait, sa veuve Philippe de Gueldre fit exécuter le splendide monument que nou^ possédons encore. L'œuvre a été ciselée par Mansuy Gauvain?, que nous avons déjà loué à propos de la Vierge de Bonsecours et que nous retrouverons à propos de la Porterie du Palais ducal. Elle fut ensuite peinte par l'un des enlumineurs de René II, Pierquin Fauteret.

I. G. MicHAUT, Notice sur Claude Charles, p. ao-si. Extrait des 3/. S. A, L,, 1896.

3. JuLKS GouT, Notice sur la Galerie Lunati-Visconti, dans les M. S. A. A., t. II, p. 61.

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