MERE D
ÇAve Maria, mère de Dieu [?].)
Sur le socle enfin se dresse un crucifix, accosté de la Vierge et de saint Jean. Ce travail semble plus moderne ; probablement cette partie supérieure du monument a été refaite au xvm* siècle 4.
I. L'ancien courent et l'église des Clarisses donnent actuellement sur la rue des Jardins, autrefois rue des Clarisses.
a. Addition à la vie de la vénérable servante de Dieu, sœur Philippe de Gueldres,.., par le rér. père en Dieu Nicolas Goinet, chez Claude Cardinet, imprimeur de l'Université, 1691, p. 99.
3. Nicolas Guoiet, ib,, p. io5. Dans la biographie latine imprimée à Cologne, en i6o4, D, 3, on lit qu'on enterra Philippe dans une crypte : « Sui>er eam specum altare lapideum in quo imago defunctœ tanquam jacens conspicitur opère sculptorio. 1
4. Le monument a été fort bien décrit par LÉo.x Germain, /. ^V. A, L,, 1890, pp. i4o-i44«
66o HISTOIRE DE NANCY.
A la Révolution, le couvent des Clarisses fut démoli et les monuments qu'il renfermait dispersés. Le tombeau de Philippe, chef-d'œuvre de Ligier Richier, ne fut retrouvé qu'au début de ce siècle par le docteur Lamoureux « en un village voisin du Pont » et transporté k Nancy k l'église des Cordeliers. Et voici qu'en 1890 une caravane, organisée par la Société d'archéologie, reconnut au village de Vilceysur-Trey, au canton de Thiaucourt, le monument de Philippe qui s'élevait jadis au cimetière des religieuses'. M. Léon Germain signala cette découverte dans le Journal de la Société^. Puis, après diverses négociations, la Société d'archéologie lorraine a acquis le mausolée, et, depuis le début de l'année 1896, il se trouve dans notre Musée. Nancy possède ainsi les deux monuments de Philippe de Gueldre : aux Cordeliers, le tombeau splendide commandé par ses enfants ; au Musée lorrain, la modeste croix qu'elle avait élevée.
L'épitaphe qui se trouve sur le socle est assez difficile k lire et tous ceux qui s'en sont occupés l'ont mal lue. Elle a été publiée pour la première fois en 1691 par Nicolas Guinet, abbé de Sainte-Marie de Pont-k-Mousson, dans son Addition à la vie de la vénérable servante de Dieu, sœur Philippe de Gueldres 3 ; mais il a passé un vers de la première strophe et fait d'autres vers faux. Les inscriptions furent ensuite reproduites par Mory d'Elvange, dans un recueil manuscrit conservé k la bibliothèque de la ville, n? 7^7 (668), fol. 17 verso. Mais Mor^' d'Elvange a suivi Guinet plutôt qu'il n'a donné une nouvelle lecture. Ce qu'il y eut de plus déplorable, c'est que l'abbé Guillaume, dans son livre sur les Cordeliers 4, lut mal le manuscrit de Mory d'Elvange ; ainsi au lieu de lire terre son lot, il lut : terre soulat, ce qui est un non-sens ; cette leçon a été répétée t elle se trouve aujourd'hui contre le mur des Cordeliers. Quand le monument fut transporté de Vilcey-sui^Trey k Nancy, les inscriptions ont été interprétées par M. Badel dans VEst Républicain et par M. Save dans le Bulletin des Sociétés artistiques de l'Est ^. Voici la lecture que nous avons faite :
Première inscription (Face antérieure) :