Ces faits sont rappelés par Lio^kois, t. 1, p. i8a
a. C'est dans cette seconde visite qu'il aurait prononcé ces paroles, d'après l'inscription qui se trouTe à l'entrée de la chapelle ronde : Qu'avaient fait ces ossements à ceux qui les profanèrent ? Mes pères n'avaient régné sur la Lorraine que pour la rendre heureuse.
3. Visite de S. M. L R. A, l'empereur d'Autriche à la chapelle ducale de Lorraine dans le /. S» A. L,, 1867, p. 183, et paru à part, avec le récit de la Translation des restes mortels de Charles de Lorraine, cardinal de Vaudémont, et des princes de Mercœur.
qu'elle empêche toute nouvelle profanation à l'avenir ; qu'en novembre elle assiste au service anniversaire solennel, c'est la moindre partie de sa tâche. II faut surtout qu'elle raconte la biographie de ces anciens ducs, qu'elle rappelle ce qu'ils ont fait pour la nationalité lorraine, qu'elle distribue le blâme et l'éloge avec équité. En reconstituant de la sorte l'histoire, elle honorera de la manière la plus digne ces anciens princes, réunis dans le tombeau des Cordeliers.
La forte race de ces souverains n'est point éteinte. Les descendants directs de Charles V régnent aujourd'hui à Vienne et portent le titre d'empereur. Ils sont devenus étrangers à la Lorraine, et la Lorraine, fondue en l'unité française, est devenue étrangère à eux. Pourtant il nous plalt de ra|>peler sur quel tronc a pris naissance l'arbre dont les branches s'étendent sur l'Autriche, la Hongrie et la Bohême; et S. M. François-Joseph I^, par les soins qu'il prend de la chapelle ronde, par sa généreuse contribution pour le relèvement du palais ducal, par les magnifiques cadeaux faits à Saint- Èvre, par quelques charités discrètes, a prouvé qu'il n'oubliait pas ses origines lorraines et nancéiennes.
APPENDICE AU CHAPITRE XIX
Le tombeau de Philippe de Gueldre.
Philippe de Gueldre avait, avant sa mort, qui arriva le a8 février 1547» exprimé le désir formel d'être enterrée de même que le commun des sœurs Clarisses dont elle avait pris l'habit. Elle voulait reposer dans le petit cimetière du clottre de Pont-à- Mousson'. Elle fit élever un crucifix en pierre au milieu de ce cimetière et y graver son épitaphe. Elle demanda avec instance k ses enfants qu'au pied de cette croix fut porté son corps ^.
Le vœu de Philippe ne fut pas exaucé. Son coqis fut embaumé et ses obsèques célébrées quelque temps après, le 1 3 juillet, « dans une pompe royale » ; trois messes furent dites successivement par l'abbé de Saint-Vincent de Metz, l'abbé de Sainte- Marie-aux-Bois, le commandeur de Saint-Antoine-au-Pont ; les restes mortels furent descendus en un caveau, dans la chapelle de l'Immaculée-Conception, fondée par la princesse dans l'église du couvent. Lk ses fils firent faire « une statue de marbre artistcment travaillée »). Elle fut commandée k Ligier Rirhîer. Cependant, pour ne pas se montrer trop infidèle k ses dernières volontés, on respecta le modeste monument du cimetière. Il se compose aujourd'hui d'une hase en pierre dont les deux faces portent sur cinq lignes serrées en caractères gothiques une double épitaphe de six vers. Puis sur cette base s'élève un socle monolithe, de forme carrée ; sur la face antérieure un squelette, sur la face postérieure une tète de mort; sur les faces latérales, en deux petits cartouches enjolivés de bandelettes, on lit :
JESVS. MA.
lOSEPH.
(Jrsus, Maria, Joseph.)