Voir les vues ci-jointes et la vue du Crosne, p. aS
portait au sommet Fécu de Lorraine, on lisait cette inscription en lettres gothiques :
L'an mil V^ et ung^ iesmoing ce codicile.
Feu très victorieulx René, roi de Sicile>
Très amé prince et duc de Lorraine et Barrois,
Fit ce pont ériger, pour affranchir charrois.
Tout homme et bestial qui tributeur estoit
A la nef que cy près pour le tribut guettoit.
Tant eust le bien public du pays reçous chier '
Qu'on ne le pourroit dire ou par escrit couchier.
L'on tient René pour mort ; — en ce disant, langue errp ;
Car sauz fin vit son nom par sa triomphant guerre.
0 Dieu doulx et clément I saulve son esperit ;
Prince qui Dieu seul craint à jamais ne périt ;
Sire doncq, qui les preulx nudz de vice au ciel armes ',
Accepte pour René nos prières «t larmes'.
Cette colonne, que reproduisent les anciennes gravures, fut démolie sous la Révolution et n'a jamais été rétablie. Le pont de Malzéville fut souvent modifié au xix* siècle ; les parties en bois disparurent entièrement, et naguère encore, avec sa courbe gracieuse et ses parapets en maçonnerie, il présentait un aspect fort pittoresque. Mais, quand en i8go un tramway à chevaux, remplacé depuis par un tramway électrique, unit Malzéville à Nancy, le tablier du pont fut aplani et élargi, et l'ancien parapet remplace par un grillage.
Tandis que René II faisait faire ces constructions au nord de Nancy, d'autres s'élevèrent du côté sud. La petite chapelle Saint-Thiébaut, qui avait été entièrement ruinée pendant les guerres bourguignonnes, fut rétablie en i48i par les soins de la duchesse Yolande, mère de René II ^ ; elle s'élevait à côté de la fontaine minérale dont les eaux ont souvent procuré quelque soulagement aux personnes malades ;. mais, quand on construisit les remparts dv la Ville-Neuve, le bastion Saint-Thiébaut engloba le terrain de l'antique chapelle ; sur le terre-plein du nouveau bastion, Elisée de Haraucourt, gouver^ verneur de Nancy, en bâtit une autre là où en 1784 se dressa l'hôpital militaire 5.
Ainsi, à la lin du règne de René II, de nombreux travaux furent faits à Nancy et dans le voisinage. Pour diriger toutes les constructions publiques, pour surveiller celles des particuliers, le conseil de ville nomma « un maître
I . Le sens du vers est : Tant Heoé eut reçu cher le bien public du pays ; le bien public du pays lui était tellement cher.
3. Le sens du vers est : ù Dieu, qui armes dans le ciel les preux qui sont exempts de vices.
3. Ces vers sont donnes par Lionnois, t. I, p. 378, et Duiuval, t. IV, p. gi. L'ane et l'autre éditioo sont incorrectes. Nous avons rétabli les vers, tant bien que mal, en comparant les deux reraioiis.
4. Le receveur général, dans son compte de i48i-i48a, aux A. D., B, 978, dit que cet ouvrage a été fait « de l'ordonnance de madame la duchesse » ; déjà Jeanne d'Harcourt nliiabitait plus près de Hené II ; il ne peut donc s'ayir que de Yoland», la duchesse mère.