Charle de iiii-iii5, ibid., pp
3. ConGrniation en 1 145 des privilèges du prieure Notre-Dame par Mathieu I«' : « eiêque C«ux moines du prieure) insuper prebendain unam, duos dico placentas ad minus cum dimidio vini ëesclario (fuociens pranderet in villa Sancetjaco, ipse dico vel ducissa.,.. exhiberi instiiuii » (Thierry I"). DoM Calmet, 2* édition, V, col. 323. Cf. nos Documents sur le prieuré Notre-Dame de Nancy, n» s.
4. Cartalaire de Chaumoussey {Documents rares ou inédits de thistoire des Vosges, t. X, pp. 47-48). Anno ub Incarnationc Domini 3/°6'oA'A7/°. . . nonis augnsti. Data Nancei, Les autres indicatioos chronologicpies de la charte ne concordent pas toul à fait avec l'année iiaa. — Ambacourt, canton de Mirecourt, Vosges ; Pierreville, commune d'Hennezel, canton de Darney, Vosges.
5. Ibid.y pp. 51-52. Anno Domini M°C**XXII°... fcal. decembris. Data Nancei» La charte est indiquée par [Bki^oit PicartJ, L* Origine de la très illustre, maison de Lorraine, pp. ai5>ai6, et datée
à tort par lui de 11 20.
0. Charte cit«;e par [Benoit Picart], o. /., p. 21^. Data apud Nanciacum die suncto Pascfue, anno ttiÔ. Nous ne mentioimons pas ici une charte par lacpielle Simon I^** aurait donné à l'abbaye de Bouxièrr* l'éghse de Pixert'court el les dunes de Maizévillc et d'Agincourt. Cette charte porte la date : Datum sub magno meo sigillo in Castro meo juxta Nanceium, die sancto Paschœ anno MCXXX, Cette pièce est, de toute évidence, fausse. Elle a été fabriquée par François de Rosières, /S/emma/om /«oMoringiœ ac Barri ducum tomi septem, oii elle se trouve pour la première fois, au folio 387. De Rosières voulait attribuer à Thierry I'^ deux lllles : l'une, Hara, qui serait devenue abbesse de Bouxières ; Pautre. Fronnica, qui aurait été mise à la tête de l'abbaye de Kemiremont. Il inventa pour cela trois chartes : i^ une charte de Thierry I*^*^ 011 sont nommées Hara et Fronnica. Thierry donne à Hara le village de Houxières et le droit de palninage sur l'églibc Saint-Martin dudit village. Par un lapsus un peu fort, la charte est datée de i i»o, alors que Thierry est mort en 1 1 15 ; a** la charte datée de Nancy, Pâques ii3o; 30 une charte de Mathieu I^^ datée du 21 mai ii5C, par laquelle il donne à sa tante Hara les dîmes
SÉJOURS DES DUCS A NANCY. 6l
aux-Bois', que les Prémontrés venaient de fonder au nord de la Lorraine. En II 68, il donna luî-méme à cette abbaye tout son alleu de Blanzey et confirma les donations faites au même endroit par d'autres nobles*, si bien que les Prémontrés devinrent les maîtres de toute l'extrémité de la colline de Blanzey et y construisirent une curieuse église, dont les restes subsistent encore. Une charte du duc Simon II (i 176-1205), par laquelle il notifie que l'abbaye de Beaupré, près de Lunéville, a acquis le fief de Clézentaines, nous apprend un détail nouveau. Elle est datée du palais de Nancy'. A notre connaissance, il n'existe aucune charte de son neveu et successeur, Ferri de Bitche (i 206-1 2! 3), faite dans notre ville. Mais, quand Ferri fut entré dans la voie de toute chair, sa veuve, Agnès de Bar, résida sûrement à Nancy. En juin I2i4, elle s'engagea par un acte daté de cette ville à n'avoir pour héritier que son fils Thiébaut, à le regarder lui seul comme son protecteur et à ne pas se remarier*. La même année, le mercredi avant la fête de Saint- Pierre-aux-Liens (3o juillet), elle déclara abandonner à son fils tous les héritages qu'elle tenait de ses parents, à savoir Amance, Longwy et Stenay, et tout le douaire que son mari lui avait reconnu ; — la ville de Nancy, comme nous le verrons plus loin, faisait partie de ce douaire 5; — elle s'en réserva seulement l'usufruit, promettant de ne rien vendre, engager, aliéner, même avec le consentement de son fils^.
Sans doute toutes ces mentions d'un séjour de nos ducs à Nancy sont un peu éparses. Mais n'oublions pas que les documents de cette époque sont
de Champigneulles et de Frouard. II ajouta à ces faux deux autres : 4^ une charte de Simon II, du 8 juin 1176, par laquelle celui-ci donne à Bouxiëres la vaine pâture sur le Gnaqe des deux villages de Faux;5<» une autre charte : Datum Nanceii cum noslro mngno sigillo, XII Augusti, anno Domini M.CC.Vl, par laquelle le duc Ferri cède à Bouxiëres le droit de pâturage à Champiqneulles et Frouard. Dom Calmet a publié ces cinq documents, t. II, Preuves, col. aG4, ago, 34g» 370 et 41 7< H prétend, il est vrai, avoir tiré la charte de ii3o ex authentico : mais il se trompe. — Aucune de ces cinq chartes ne Ûgure dans les anciens inventaires de Bouxiëres ; dans les inventaires modernes, on les trouve cités en bloc comme copies. Voir, par exemple, Bibl. de Nancy, ms. 5g5 (4i3 *), f^ a4o. On ne trouve point d'abbessc du nom de Fronnica à Remiremont. Cf. abbé Didier-Laurent, V Abbaye de Remiremont (M. S. A. L. i8g2, p. 4gO* ^ Bouxiëres même, l'abbesse nommée en 1137 dans la bulle d'Innocent II (Lepage, Cinq chartes inédites de tabbaye de Bouxiëres, p. 23) s'appelle Oda. Le mérite d'avoir reconnu la fausseté de ces chartes, pour Bouxiëres, revient au comte M. de Pange, Ferri de Bitche (Jf. S. A. L, i8g7, pp. 70-71). Il importe d'ajouter que la piëce fausse de ii3o, avec cette date singuliëre : in casfro meo Juxta Nanceium, n'a pas peu contribué à faire naître la légende d'un second château ducal prës de Nancy, en dehors de la ville de Nancy. Dans les chartes authentiques, on trouve : Nar{cei ou apad Nanceiacum, et apud, quoi qu'on en ait prétendu, se traduit |)ar notre français à : Fait à Nancy.
1. Data Nanceii anno Incarnationis Dominiœ MCLXII. Dom Calmet, II, Preuves, col. 35.). L'abbaye de Bouxiëres céda, à la même époque, à Sainte-Marie-aux-Bois ses droits spirituels sur Blanzey. Cf. supra, p. t\Oy n. i3.
2. Apad Nancei roborari curaoimus , anno ab Incarnntione Domini MCLXVUl , indiciione 1, epacta XX (il faut lire : IX), concurrente 1. Dom Calmet, ibid., col. 363. Copie moderne de ces deux chartes se trouve aux A. D., H, iog5.
3. In palatio de Nancei. L'acte original est en trës mauvais état et l'année de l'Incarnation entre autres a été effacée. A. D., H, 337.
4. Actum apud Nanceyum, anno Domini MCCXIV, mense Junio. Dom Calmet, II, Preuves, col. 424»
5. Sûrement Nancy formera le douaire de Gertrude de Dagsbotirg, femme de Thiébaut I«'.
6. Actum apud Nancei, quarta feria ante festum S. Pétri nd Vincuta, anno dominicse Incarnationis MCCXl\\On<\mB\ : Bibl. nationale, collecl ion de Lorraine, 234, f^ 18. Dom Calmet, /7»iW., col.
encore très rares. Nous pouvons conclure des chartes que nous avons citées que Nancy retient assez souvent les ducs et qu'elle commence à être regardée comme leur résidence ordinaire. Nancy forme un castrum, c'est-àdire une ville fortifiée ' ; et dans rintérieur de ce cdstrum les ducs se sont construit un palais. Déjà Nancy tend à devenir la capitale du duché de Lorraine et ce rôle lui était dévolu presque par la force des choses. Aux x* e( XI* siècles, l'ancien duché de Lorraine s'était morcelé en une infinité de principautés féodales, épiscopales ou abbatiales. Les ducs n'avaient plus qu'un certain nombre de châteaux ou de villages épars au milieu des châteaux ou des villages seigneuriaux. Ces possessions se divisaient en trois groupes. Le premier s'étendait autour de Châtenois au sud du pays, sur ce plateau ondulé qui va se confondre avec les Faucilles; le second, au nord, embrassait les rives de la Sarre et était dominé par le château de Bitche; le troisième groupe, au centre, renfermait les châteaux de Prény, de Condé*, de Frouard, d'Amanceî, de Vaudémont*, sur les bords de la Moselle, de l'AmezuIe ou du Madone Evidemment la capitale de la Lorraine ne pouvait être prise que dans ce groupe central. Or, en ce groupe, les ducs n'avaient point de grande ville : Metz et Toul étaient devenues le partage de leur évêque ; Lunéville a ses comtes particuliers^; Scarpone n'est plus qu'une misérable ruine. I-a capitale de la Lorraine sera donc une ville sans tradition, une ville neuve créée autour de quelque résidence princière. Telle sera la destinée de Nancy, bâtie à quelque distance de la Meurthe, au centre du groupe lorrain central. Descendant de leurs châteaux bâtis sur les hauteurs, les ducs lorrains s'y arrêtent volontiers ; ils y contresignent leurs diplômes, y entretiennent une petite cour. Nancy n'a point encore de passé ; mais devant elle s'ouvre l'avenir.
I . Les historiens, je crois, onl tort de traduire ce mot par château du prince ; il fant y Toir une ville fortifiée.