‹ Histoire de NancyChapitre 59 sur 642 · Le village de Condé est devenu Custines au xviu« siècle · texte numérisé non relu

Le village de Condé est devenu Custines au xviu« siècle

3. Ce château est devenu assez tard la propriété des ducs de Lorraine. Au xi« siècle, il appartenait comme Mousson aux comtes de Rar ; et il n'est devenu lorrain qu'au début du xui« sièc4c, par la donation ci-dessus mentionnée d'Agnès de fiar à son fils Thiébaut.

4. Le château de Vaudémont et les pays voisins ont été donnés par Gérard d'Alsace à son Ûls cadet Gérard, comte de Vaudémont ; celui-ci est la tige d'une dynastie cadette de la maisoQ de Lorraine qui s'éteignit avec Henri IV, tué à la bataille de Crécy en i346. Sa fille porta le comté dans la maison de Joinville, et Marguerite de Joinville, la dernière descendante, épousa Ferri de Lorraine, frère puîné de Charles IL Ferri l^' fut le chef de la seconde dynastie de Vaudémont-Lorraine.

5. Ce sont là les noyaux des trois bailliages des Vosges, d'Allemagne et de Nancj.

6. Lunéville ne sera réunie au domaine du duché qu'au xin* siècle, en ia43.

I^'atELIKR monétaire UE NANCY. 03

Nous ne connaissuns aucune monnaie des trois premiers ducs de Lorraine^ Gérard d'Alsace, Thierry I", Simoa I", qui ait été frappée à Nancy '. Le monnayage parait avoir commencé à Nancy avec le duc Mathieu 1" (i iSg- 1176}. Nous avons deux séries de monnaies pouvant être attribuées à ce prince et portant le nom de notre ville. D'abord, ce sont des monnaies qui ne portent pas le nom du duc, mais qui forment une transition entre les monnaies de Simon 1" et le second type de Mathieu I". Elles représentent

au droit un édifice à trots colonnes avec arcades romanes, surmonté d'un fronton triangulaire et comme légende : #XANCEI; au revers, une croix pattée, cantonnée d'une étoile et d'un besant, avec la même légende #NAN«C*E1. Quelques pièces de ce genre ont été trouvées ùBidestro(r(canlon de Dieuze) avant 1861 et sont entrées dans la collection de Charies Robert'. Elles constituent les documents numismaliqucs les plus anciens de notre ville. Plus tard, Mathieu I" changea le type. Le droit représenta le duc lui-même à mi-corps, coiffé d'un casque pointu, revêtu d'une cotte de mailles, tenant à la main droite une épée, portant de la gauche une targe dont il se couvre ; comme légende : MA H VS. Au revers nous retrouvons la même croix que tout à l'heure, cantonnée d'une étoile et d'un croissaot avec la légende : ♦NANCEl '.

Mathieu 1*^ avait épousé la (ille de Frédéric le Louche, duc de Souabe et d'Alsace, la sœur de Frédéric Barberousse, Berlhc de Souabe". Celle-ci a aussi fait frapper monnaie en son nom à Nancy. Ce fait nous a été dévoilé

I. Les monDalei que Cu. Robert cile duos is CuUeetioit, n' 117g, ne noua pu-aisscDl pas pouvoir être Bllribuées stcc certilude k Simon i".

3. Mixe-Weult, Trouoailla de Bidettroff. Le Mans, Ed. Monnayer. 1876. Elirait des Mélangti de namiimaliqut. — Ducriplion de la ciiUeclion d» Charitt Ruberl. l'oris, 1S86, n'" 1184-1187. M. Robert possédait huit deniers de cette espbce el triHS oboles, présentant quelques variététi. — J. Hermekil, Le» MomaieM dei premien duci Aérédilairet jatquei et y comprit Mathieu II. Extrait de VAnaaaire de la Société de aamitmaUqat, tSgJi p. aS.

3. De StuLCT, Recherchée eur le» monnaies det dact hiriditairee de Lormine. Metz, i84i, p. i4. pi. I, Qy. 7 et 8. — Heuheuil, o. c, p. 16.

4. Son vrai nom etnii Juiiitli. OtTOs de Fiifisiso, I, ij ; Du3: (FredericJ Fredericum qui in pneeen- UammettimperaioretJuditham, qum inodo Hlatheo Lothariagoram duei copulata noecitar, gênait.

par une importante découverte numismatique faite à Charmes en novembre i84o*. En creusant le sol à un endroit occupé jadis par un couvent de Dames-Prôcheresses, les ouvriers mirent au jour, à moins d'un mètre de la surface, un pot de terre qui renfermait plus de i,8oo pièces lorraines, du xii* et du début du xni* siècle. Les principales étaient des pièces des évoques de Metz et de Toul, et de Tabbaye de Remiremont; on découvrit aussi i4 pièces représentant au droit un buste de femme à droite, la tête voilée et tenant dans la main droite un sceptre fleurdelisé, avec la légende : BER TA; au revers, la croix pattée, cantonnée de deux qlobules avec . NANCEI. Des découvertes posté-

MONNAIE DE LA DUCUESSE BEKTHB , , ...

rieures ont rendu cette monnaie relativement commune. Parmi les 3oo et 4oo pièces trouvées en 1880 à Saint-Germain-sur- Mcuse figuraient quelques pièces avec le nom de Berthe*; en avril i884, à Saulxures-lès-Vannes, canton de Colombey, sur i,85o pièces trouvées, toi pièces portaient le même nom'. Berthe semble donc avoir eu à Nancy un atelier monétaire très actif. En quelle qualité a-t-elle frappé monnaie? On a soutenu qu'elle a exercé la régence pendant que son mari se trouvait en terre sainte; mais aucun document ne fait mention d'un pareil voyage*. Nous pensons tout simplement que la ville de Nancy avait été donnée en douaire par Mathieu I" à sa femme lors de son mariage, comme elle le sera plus tard par Ferri de Bitche à Agnès de Bar, par Tliiébaut V' à Gertrude de Dagsbourg, par Mathieu II à la fille de Thiébaut IV de Champagne K Après le décès de son mari (11 76), Berthe continua de résider au palais de Nancy jusqu'au jour de sa mort en iigS; et c'est dans cet intervalle qu'elle fit, selon toute vraisemblance, frapper monnaie à son nom et à celui de Nancy.

Mais voici une autre monnaie assez semblable aux précédentes et qui continue d'intriguer fortement les numismates. Dans la trouvaille de Charmes trois monnaies, dans celle de Saulxures deux nous montrent un buste de femme à droite^; de sa main gauche, celte femme soutient, ce semble, un oiseau où l'on a voulu voir un paon 7 ; de sa droite, elle tient en certaines

I. patriote de la Meurt he et des Vosges, la janvier 18A1. G. Rolin, Mémoires sur les monnaies lorraines du xi® et du xii« siècle trouvées à Charmes (M. A. S. i84o, pp. i36-i6o).

a. Découverte signalée dans l'arliclc cité, n. 3.

3. A. Bretagnk et E. Briard, Notice sur une trouvaille de monnaies lorraines des xii« et xm« siècles faite à Saulœures-lès-Vannes (^M. S. A. L. 1884, pp. 386-/|37). En réalité, dès septembre i834. l'on avait trouvé une pièce de Bertlic à Metz, sous les ruines de l'église Sainte-Marie ; mais elle avait été mal identifiée. Saulct, pp. 243-a4A* On a trouvé en i863 deux pièces semblables à Marbacbe, deux autres en i864 à Diarvilic.

4. En II 48, pendant la seconde croisade, Mathieu l^' était sûrement en Lorraine, et il fut menacé d'excommunication par le pape Eurjène III. Bulle du 3o juin. Jaffé-Lœwekfeld, q9 9375.

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