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Il était chancelier de Bourgogne

8. L'analyse que donne Panigarola du discours du Téméraire est tout à fait semblable à celle que nous a laissée l'auteur de la Chronique de Lorraine; elle est faite par celui-là avec plus de lourdeur, par celui-ci avec plus de vivacité; mais il est certain que nous avons la substance même des paroles de Charles.

P. 4^3, 1. 4* — Vautrin Wissc, dont il est question en ce passage pour la première fois, était le frère puîné de Jean Wisse. Il obtint, en récompense de ses grands et agréables services, une pension de cent florins d'or. (Lepage, Commentaires, p. 47') 11 mourut en juin i48i . A Rosières-aux-Salines, on lisait dans l'église paroissiale cette épitaphe : « Cv gis Waultrin Wilsz. Dieu luy soit à Tàme propice. Et Claude Watronville sa femme. Prions Dieu ql a leur ame. Qui trespasserent au mois de juing, mil IIII^ IIII^I. » La famille tirait son origine du village de Vuisse, au canton de Château-Salins. Jean et Vautrin étaient fils de Colin Wisse, seigneur de Gerbévillcr, bailli des Vosges, mort en 1444* ^^^tï épousa Catherine de Lcnoncourt, fille de Philippe de Lenoncourt. En 1478, après la bataille, il échangea son titre de bailli d'Allemagne contre celui de bailli de Nancy. Il mourut en 1493 et fut enterré dans la chapelle castrale de Gerbéviller. On lisait sur sa tombe : « Cy gist honoré s' M' Jean Wilsz de Gerbe villez, s' du dit lieu, de Romont, de Bauzemont, en son vivant conseillier et chambellan du roy de Sicile, fondateur de cette chapelle, qui mourut Tan mil IIII^ IIIl'^ et XII. » Sa femme, Catherine de Lenoncourt, mourut le 17 novembre i5i5, et fut enterrée k côté de lui.

P. 456, n. 3. — Voir encore sur Hans Waldmann l'article de Karl Danduker, Bausteine zur polit ischen Geschichte Hans Waldmann s and seiner Zeit daas le Jahrbachfûr schweizerische Geschichte, t. V, Zurich, 1880. Nous croyons pourtant que Dftndliker exagère le rôle de Waldmann en prétendant, page ao6, qu'il commandait en chef les auxiliaires suisses. Nous pensons plutôt qu'Oswald de Thierstein prit la direction générale.

P. 470, n. G. — Pendant qu'on imprimait cet ouvrage, le second volume de Diebold Schilling, de Berne, par Gustave Tobler, paraissait. Le texte sur les batailles de Morat et de Nancy est établi avec grand soin et enrichi de notes nombreuses. L'éditeur connaît très bien les travaux suisses et allemands sur ces événements, mais il semble ignorer les travaux français ; l'édition de la Chronique de Lorraine par l'abbé Marchai lui a échappé, comme les mémoires de Marchai, de Lacombe, etc. Nous avons lu ses notes avec attention; elles n'entraînent aucun changement dans notre récit; nous lui devons pourtant la connaissance de la chronique de Wintersulger, importante pour la bataille de Nancy. (Cf. infra, p. 706.) Schilling a inséré dans sa chronique une série de chansons populaires, entre autres celle de Mathis ZoUner, dont nous avons parlé page 472. Tobler l'a fort bien éditée, après Liliencron, pages 1 19-128.

P. 471' — Nous avons, depuis Timpressiou du volume, vu le manuscrit de Diebold Schilling k la Bibliothèque de Berne et admiré les nombreuses miniatures qu'il renferme. Nous avons eu aussi des renseignements très précis sur le manuscrit de Schilling à la bibliothèque de Zurich. Le manuscrit de Zurich et le troisième volume de celui de Berne, terminé en Tannée i484) paraissent avoir été illustrés par l'auteur lui-même. Cf. Josef Zebo», Die Schweizerischen Bilderchroniken und ihre Architektur Darstellungen, Zurich, Schulthess, 1897, in-4®- Nous donnons ici la liste des miniatures qui intéressent dans l'un et l'autre manuscrit l'histoire de Lorraine :

Manuscrit de Berne : Fol. i65 b, chap. i4û de Schilling. — Entrée de (Jharles le Téméraire dans une ville lorraine (fin i475). Sur la porte de la cité les trois alérions de Lorraine d'or sur une bande de gueules. Les drapeaux bourguignons avec la croix de Saint-André sont déployés.

Fol. 16G by même chap. Le duc René II h genoux devant Louis XI. Le roi, vêtu d'une c|randc robe bleue, est assis sur son trône. A genoux devant lui, le

ADDITIONS ET RECTIFICATIONS. «yOl

duc de Lorraine, en robe rouge. L'artiste n'a point cherché la ressemblance des deux figures qui sont banales, comme celles qu'on trouve tout le long du manuscrit. Debout, à côté du duc, des serviteurs lorrains, la croix h double traverse sur la cotte de mailles. Dans un autre compartiment de l'image, on voit déboucher le duc René II avec sa suite. Un héraut porte l'étendard jaune de Lorraine qui se termine par deux flammes et qui est travei*sé, près de la hampe, d'une bande de gueules portant trois alérions d'or.

Fol. 372 b, chap. 3oo. — Le duc de Lorraine en marche avant la bataille de Morat. Série de personnages à cheval, avec la croix k double traverse. Même image dans le manuscrit de Zurich, p. 65o.

Fol. 4'3, chap. 321. — Le duc de Lorraine se dirige sur Berne (18 novembre 1476). On le voit entrer avec ses guerriers dans une ville sur la porte de laquelle se trouve l'écusson avec l'ours. Même image dans le manuscrit de Zurich, p. 768.

Fol. 4i4 b, même chap. — Des envoyés lorrains se jettent k genoux devant la diète de Lucerne (23 novembre i47^)- Les membres de la diète sont assis sur des bancs.

Fol. 4i5, chap. 322. — Les troupes de Berne vont rejoindre le duc de Lorraine. Ils sont conduits par Brandolf de Stein et Kilian de Rûmlingen. Même image dans le manuscrit de Zurich, p. 762.

Fol. 4i6 &, chap. 323. — Mercenaires suisses noyés dans le Rhin k Bâle. Le bateau trop chargé chavire. Un soldat tient encore hors de l'eau un étendard portant la croix de Lorraine. Des femmes de mauvaise vie font de vains efforts pour surnager. Un pont est chargé d'une foule d'hommes et de femmes qui assiste, impuissante, au naufrage. Même image dans le manuscrit de Zurich, p. 764.

Fol. k^i b, chap. 324. — L'armée de secours quitte Bàle. On sort d'une ville dont la porte est surmontée de l'écusson de Bâle : une cloche tenue par deux lions. De nombreux étendards flottent au vent. Même représentation dans le manuscrit de Zurich, p. 766.

Fol. 4i8, même chap. — Guerriers bàlois et strasbourgeois en marche pour délivrer Nancy.

Fol. 4i8 bf chap. 325. — L'armée de secours pénètre k Saint-Nicolas-du- Port et met en fuite les Bourguignons. Les Suisses franchissent le pont sur la Meurthe; de l'autre côté s'enfuient les Bourguignons, dont les cottes do maille sont marquées par la croix de Saint^André. Même image dans le manuscrit de Zurich, p. 768.

Fol. 4^9 bf chap. 326. — La bataille de Nancy. Les Bernois se jettent directement sur le parc d'artillerie du duc do Bourgogne. Un ours, qui symbolise leur canton, se précipite sur un Bourguignon qu'il terrasse. A droite, des cavaliers bourguignons prennent la fuite. Au fond k gauche, le gros de l'armée suisse débouche par la charrierez bouscule les Bourguignons qui lâchent pied, tandis que les artilleurs du parc continuent de faire face aux assaillants. Cette image est très intéressante. Nous la publierons en frontispice k notre second volume. Même image, mais moins curieuse dans le manuscrit de Zurich, p. 769.

Fol. 421, chap. 327. — Le camp bourguignon devant Nancy. A côté des tentes, l'étang Saint-Jean. Çk et Ik des Bourguignons tués; quelques-uns ont

Ia gorge percée de part en part par des ëp^es. Les confédén^s défileal devint le camp musique en tête ; ils tiennent de nombreux étendards, parmi lesquels on remarque celui de l'Annonciation. Deux guerriers portent an baquet d«vnnt les tentes. MCme image dans le manuscrit de Zurich, p. 773.

Fol. 4aa, même chap. — Di^couverte du corps du Téméraire. Le duc de Bourgogne n'est pas nu, mais revêtu de son armure. Autour de lur, des guerriers lorrains qui se penchent vers le cadavre.

Fol. 493, chap. 3a8. — Charles le Téméraire est enterré dans la collégiale Saint-Georges. On voit trois sarcophages placés l'un à côté de l'autre. Dans celui du milieu dont lecouverclegltparterre, on dépose le cercueil. Au pied,

(FBr-similé d^iDC minUturc du

tic Uiebdd Schilling, à Bemt.)

un vase avec de l'ptiu bénite. Dos prêtres chantent les prières des morts. Nous reproduisons cette miniature. Au lieu de cette image le manuscrit de Zurich nous montre, p. 774, le cercueil du duc de Bourgogne porté à Nancv.

Fol. /|23 ù, même chap. — Campo-Basso CBt repoussé par les Suisses. On voit une longue théorie de guerriers suisses avec leurs étendards. Deux soldats avec la rroi.v de Saint-André s'approchent d'eux. Mais on leur (ail signe de s'écarter. Au Tond s'enfuient des troupes hourg^iignoones.

Fol. 425 b, chap. .^3o. — Des Naiicéiens qui sortent de la ville sont égorgée

par les Suisses. L'artiste a eu toK de montrer ces Nancéiens avec la double

croix, puisque c'est l'absence de re signe qui causa leur mort. Même image

dans le manuscrit de Zurich, p. 780.

Dans le manuscrit de Diobald Schilling de Luceme, a la bibliothèque de cette

ADDITIONS ET RECTIFICATIONS. ^oS

ville, deux miniatures sont consacrées à la bataille de Nancy (fol. ii8). D'abord, on nous montre les Suisses à genoux sur le sol, les bras étendus, faisant la prière avant le combat. Deux moines debout sur un tertre leur présentent la sainte hostie. A droite Tavant-garde est déjà en route, montant sur une hauteur, et conduite par deux mercenaires qui sont appelés par leur nom : Hans Schindler d'Art et Georges Schreiber de Frauenfeld. Le paysage est du reste couvert de verdure; le peintre oublie que nous sommes en hiver et que la neige est tombée en abondance. Eu second lieu, on nous montre la bataille s'engageant. Les Suisses franchissent la haie et foncent sur Tarmée du Téméraire. Un Lucernois « Kuri Kûnt » se précipite en avant et maîtrise son cheval qui se cabre. Les habitants de Nancy sortent k ce moment de leurs remparts : ici lartiste anticipe un peu sur les événements. Cf. Josef Zemp, Die Schweizerischen Bilderchroniken und ihre Architecktur Darstellangen, p. ia6.

P. 474» t^* ^' — l^os vers du manuscrit 2621 (il est de la (in du xv^, non de la fin du XVI* siècle), folio i3o v°, de la Bibl. Sjiiiite-Geneviève, peuvent se restituer de la sorte :

IMIEMIÈKK PIÈCE.

Sero piyel belli [/c], h'aroie. Nonne Henattim Quem puerum cla/nas, nostin in arma virum?

nie tener durum, sœviim pius atque superbum Dux humilis docuit ferre sepulcra ducem.

« Trop tard, Charles, tu te repens de la guerre. Ne sais-tu donc pas que ce René, que tu appelles un enfant, est un homme dans la guerre? Le duc bon, clément et humble a mis au tombeau le duc farouche, cruel et orgueilleux. »

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