I. Gallia christiana, IV, col. 72g
■yS HISTOmK DE NANCY.
foyer de vie reli(|ieuse et c'est de lui que sorlironl, quelques années pips
tard, Clleau\ l'I la irfurme cisiercieiini^. La rciiotumée s'en répandit bîenlAl uu loin, et, nuiaiuinciit eti Lorraine, l'on s'eniiiressa de lui céder dea biens
8o IIISTOIHE DE NANCY.
et de fonder des prieurés qui furent soumis à sa direction. Ainsi les moines de Molesme acquirent le prieuré de Châtenois, celui de Breuil, près de Commercy, celui de Saint-Thiébaut à Vaucouleurs '. Le duc Thierry I*' (1070- 1 1 15) résolut d'attirer ces religieux à Nancy, et sur un alleu qui appartenait au chevalier Gocelin de Parey, en dehors de la ville, mais tout contre les murs, il leur permit d'élever une église et un prieuré *• Pour la construction de Téglise, il leur accorda les cens de ses principaux alleux : Nancy, Ormes-et- Ville, Gondreville, Walschbronn, Sierck et Florange '. La construction s'est élevée, selon toute apparence, vers 1080, et l'évéque de Toul, Pibon, consacra l'autel et le cimetière qui entourait l'église ♦.
Dans la suite, l'église et le couvent furent englobés dans les murs. L'église, bien que souvent réparée, subsista en ses traits essentiels telle qu'elle fut élevée à la fin du xi* siècle, jusqu'à la lin de l'année 1797 K Elle s'élevait du côté nord de la rue des Morts (actuellement rue des États), le portail dirigé vers la place de l'Arsenal.
Ce portail a été sauvé lors de la destruction du temple. 11 a été acheté par M. de Sivry, transporté au château de Remicourt, près de Nancy, et relevé par M. de Scitivaux de Grcische, pour servir d'entrée à une chapelle privée. C'est à Remicourt qu'on peut encore admirer ce monument, le plus ancieo de Nancy. Il se compose, de chaque côté, de trois colonneltes aux chapiteaux richement sculptés, sur lesquels viennent s'appuyer les voussures en plein cintre, délicatement ornées de marguerites^. Autrefois il était surmonté, à Nancy, d'une tour carrée, peu élevée, avec une flèche. Elle a été construite à une époque postérieure et portait la date de 1585.
Ce portail menait à une église assez irrégulière, à trois nefs. Six piliers, semblables à ceux de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris 7, séparaient la nef centrale des bas côtés. Des chapelles furent disposées, à diverses époques, soit de chaque côté de la tour, soit dans des constructions parasites qui furent plaquées contre l'édifice. Elles se nommaient la chapelle de l'Assomption, créée le 21 juillet i5o6; la chapelle Notre-Dame-la-Ronde ou des filles, dont les seigneurs de Gerbéviller avaient le patronage ; la chapelle Sainte-Croix; la chapelle Saint-Jacques-du-Pilier*. Sur le grand autel, on
I. DoM (Ialmlt, I, col. ii85. — Dumont, Histoire de Commercy, I, lo-ii. — Bonabei:.i.k, yoiice sur Vaucouleurs (Af. S. L. Bar-le-Duc, t. VIII, p. 18).
a. Nous avons public la charic dans L'Abbaye de Molesme et les origines de Nancy, nfi i (Exlrail des Études d'histoire du moyen âge dédiées à Gabriel Monod), pp. 4-5.
3. Ormcs-ct-Ville, c. d'Harouc ; Gondreville, c. de Toul-Nord ; Walschbronn, c. de Wolmunstrr, arr. de Sarre«jucmines, Moselle ; Sierck et Florange, arr. de Tliionville, Moselle.
4. L* Abbaye de Molesme, charte III. A l'origine, ce cimetière ne devui être destiné ({u'aux moines.