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LE CIMETIÈRE DE NOTRE-DAME

de la Ville-Neuve; et, de iSgS à 1782, ce champ du repos servit aux deux paroisses Notre-Dame et Saint-Evre '.

Thierry I" lit aux moines de Molesme d'autres dons que l'autel paroissial et les droits de sépulture. Il leur accorda, comme nous l'avons déjà vu, une prébende de deux plats au moins, avec un demi-setier de vin, toutes les fois que lui ou la duchesse dînerait à Nancy. Il leur céda ses moulins sur la Meurthe avec les droits qu'il y percevait*. C'est peut-être là l'indication la plus ancienne de nos Grands-Moulins qui passeront du reste bientôt à d'autres religieux '. Simon I*^ (iiiô-iiSg) ajputa encore à ces bienfaits, en abandonnant aux religieux une chapelle qu'il avait construite et en leur permettant de lever la dîme sur ses propres troupeaux et sur le produit de ses terres^. En 11 45, Mathieu I**^ promit à son tour aux moines la dîme de la peau des cerfs qu'il tuerait à la chasse ; et, quelques années plus tard, en II 58, il leur céda a l'Hôtel-Dieu devant Nancy ^ ». Indication très précieuse, puisqu'elle nous montre que, dès l'origine, Nancy possédait un établissement où étaient recueillis les pauvres et les malades. Cet Hôtel-Dieu était situé entre la ville de Nancy et le village de Saint-Dizier^, par conséquent dans ce qu'on appelait alors les bourgets. Quand ces bourgets furent englobés dans la Ville- Vieille à la fin du xiv* siècle, l'Hôtel-Dieu fut transporté de l'autre côté de Nancy, dans l'endroit où s'étend aujourd'hui la rue des Dominicains 7, et, quand le prieuré Notre-Dame fut mis en commende, l'administration de cet hôpital fut confiée à des prêtres séculiers*^ et un peu plus tard aux religieuses de Sainte-Elisabeth, vulgairement nommées sœurs grises'. Ferri II (i2o6-i2i3) et Thiébaut 1" (i2i3-i22o) donnèrent à Notre-Dame 20 sous toulois de revenus à prendre chaque année sur le péage et les droits de vente à Nancy *°.

Quelques particuliers rivalisèrent de générosité avec les ducs. En 1 178, un curé de Nancy, Pierre, après quelques démêlés avec les moines, leur abandonna tous ses héritages". A la fin du siècle, Raoul de ChampigneuUes leur

1. En 1782, Too inaugura, en dehors des murs, le cimetière des Trois-Maisons, sur remplacement duquel s'élève la maison Berger^Levrault et C^*. Mais, jusqu'en 1769, l'on enterra dans l'ancien cimetière ceux qui mouraient dans la saison d'hiver.

2. Ces donations sont rappelées dans la charte de Mathieu I<'' de ii45.

3. A la fin du siècle, ces moulins seront en possession des moines de Clairlieu. Cf. infra, p. io4>

4. Même charte de confirmation de Mathieu I*^. Cette chapelle était sans doute située dans Tintcrieur de son palais.

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