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LE CIMETIÈRE DES JUIFS A LAXOU. gS
droit très curieux. En juin 1286, Guillaume Pions, autrefois prieur de France, abandonna aux Juifs de Lorraine un terrain sur le territoire de Laxou pour y établir un cimetière. Moyennant cette donation, ils étaient tenus de payer chaque année à la Commanderie du Vieil-Aître un marc d'argent et 12 toulois de cens, le i*^ octobre. Si quelque gardien était établi sur ce terrain, il deviendrait sujet de la Commanderie. Si par hasard les Juifs sortaient du duché et y revenaient, ils pourraient recouvrer le cimetière en payant les cens des années écoulées. Le duc Ferri III, par charte du 4 juillet 1286, ratifia cette convention % et elle fut, ce semble, observée deux siècles durant. Tous les Juifs qui résidaient dans le duché de Lorraine ont été enterrés à Laxou. Leur cimetière se trouvait près du pressoir, à l'extrémité de la rue du Chêne, sur le domaine des Hospitaliers*. De ce cimetière proviennent sans doute les pierres tombales qui ont été trouvées lors de la démolition du vieux Saint-Èvre et, depuis, transportées au Musée lorrain.
En 1472, par une convention entre le commandeur Pierre de Borodon et plusieurs Juifs, le tarif fut un peu modifié. Les Juifs payèrent désormais, outre le marc d'argent, un écu de 20 gros 10 deniers à chaque enterrement de père de famille, 10 gros pour un serviteur, 5 gros pour un enfanta Quelque temps après la signature de cet acte, René II, victorieux à la bataille de Nancy, accusa les Juifs de connivence avec Charles le Téméraire et les expulsa de Lorraine*. Depuis cette époque, en i477j a dû disparaître le cimetière de Laxou. Les Juifs ne devaient revenir en notre pays que subrepticement, au début du xvm* siècle.
Dans le voisinage de Nancy, d'autres terres avaient été cédées à la Commanderie, dès le temps de Mathieu II. Elle posséda de bonne heure à l'est de la ville une maison-ferme, nommée la Bouzule ^, avec un corps de biens. Nous voyons que ces biens s'agrandissent sans cesse. Le 26 novembre i23i, Aubri, seigneur de Rosières, y ajoute un pré ^. A la même époque, Vivien d'Amance donne à Saint-Jean une vigne près d'Amance, donation que confirme le duc Mathieu 7. En août 1247, le même duc, en considération de son affection pour frère Morel, abandonne aux Hospitaliers un pré sur l'Amezule, entre Amance et Champenoux ^. A côté de la ferme de la Bouzule, se
I. La charte de Ferri UI, qui renferme un vidimus des leltrcs de Guillaume Pions, a clé publiée par Lbpage, Notice sur quelques établissements, l. L, p. 28, d'apn^s l'original, H, 3o83. Nous possédons encore un certain nombre de chartes de Ferri III sur le Vieil-AUre. Nous citons plus loin celle sur Mazeniles (Lepage, Catalogue des actes de Ferri III, no 338); le 2 novembre 1292, il cède aux frferes de l'Hôpital, pour les dédommager des maux que les guerres leur ont faits, diverses menues rentes, porcs, gélines, etc. (Lepaok, n° /i84, publié par nous, Histoire de Nancy, !'• édition, p. 342). En mai lagô, il approuve un acconl que le commandeur a fait avec Thiriat de Nancy, au sujet d'un pré sur la route de Laxou (n» 534)-
a. Les Communes de la Meurthe, I, oSf).
3. Analysé par Lepage, Notice sur quelques établissements, p. 29.