ÉVÉNEMENTS DES CENT JOUBS
Le 12 mars 1815, le journal devantes instruisit notre ville du débarquement do Bonaparte. Aussitôt chacun fut dans l'anxiété, et les journées devinrent trop longues , pour Timpatience des habitants. Le 13 , le Maire fit placarder une proclamation fort prolixe et faible de logique en faveur du pouvoir. C'était un véritable plaidoyer^ qui ne produisit aucun effet. Quand on parle au peuple, il faut être bref; d'ailleurs, plaider sa cause ^ c'est admettre qu'elle puisse être perdue. Le 14, M. de Barante adressa aux Maires une proclamation du môme genre; quoique bien écrite, elle prêta à rire aux bonapartistes. C'est qu'en elTet^ dans le danger, Thomme de tète ordonne et ne prie pas. Le 16, on ouvrit un registre à la Préfecture pour les volontaires qui voudraient s'enrôler et marcher de suite contre l'Empereur. Le 19 , le chevalier Zimmer, major du 61. « d'infanterie, publia un ordre du jour qui se terminait ainsi : Soldats! je vous recommande très-exprèssèment y lorsque le prince de la Trèmouille passera devant vos rangs , de faire entendre des cris répétés de vive le roi. Cet ordre du jour était trop remarquable pour que nous pussions le passer sons silence , car il annonçait à la fois le désir du major de se faire bien venir du
avoir à se plaindre de M. de Barantc , se portèrent vers sa demeure , dont ils brisèrent les vitres. Les autorités eurent beaucoup de peine à faire cesser le désordre. M. de Barante , forcé par Topinion publique de quitter son poste , fut remplacé provisoirement par M. Dufeu. Le 5 avril , le baron Bonnaire , son successeur, entra en fonctions : aussitôt son arrivée , il s'empressa de publier une circulaire sage et ferme, à laquelle il donna la plus grande publicité. A peu près à la même époque , le baron Dufou quitta la mairie. Il eut pour successeur Tancien maire, M. Bertrand-Geslin , dont le dévouement à Napoléon était bien connu.
La cessation entière du commerce et des armements , suite nécessaire du retour de TËrapereur, avait jeté sur la place publique une foule de jeunes gens et d'ouvriers inoccupés. Tous faisaient de la politique, et Texaltation ne leur manquait pas. Aussi ^ lorsque les craintes d'une guerre étrangère et de la guerre civile eurent fait naître^ dans les écoles de Bennes, l'idée de donner une seconde fois on grand exemple et de former une fédération bretonne , tous nos compatriotes y applaudirent. Bientôt des députés se rendirent dans cette ville , où fut rédigé le second pacte fédératif.
Le 28 avril, des mandataires des autres départements de la Bretagne, vinrent fraterniser à liantes. On leur fit une réception plus remarquable encore par sa cordiale franchise et l'enthousiasme général , que par les fêtes dont elle fut l'occasion, ftl. Baré jeune , avoué , harangua cette députation au moment où elle entrait dans nos murs; il lui rappela le pacte fédératif de Pontivy aux premiers jours de la Bévolution et l'utilité d'un second lien destiné à soutenir les droits des citoyens et l'indépendance de la patrie. Bientôt une commission fut organisée sous la présidence de M. Varsavaux. Elle se composait de MM. Golombel, Démangeai, le baron Méjan, Lacroix , Baudry , Ferdinand Favre , Delaunay jeune , Francheteao jeune, Blanchard^ avocat; Buet, avocat; Tartoué, Ganilh, Mabon et Guibert-Lasalle. Son secrétaire était M. Drouet. En quelques jours, elle forma six compagnies de fédérés, et les noyaux de plusieurs autres.
Le 13 mai commencèrent les élections. Le duc d'Otranle, ministre de la police , le général Dumoustier et le baron Berlrand- Geslin reçurent mandat pour représenter le déjiartement. M. Roussel, négociant de Saint-Brieuc , fut nommé député du 3.^ arrondissement
commercial de France , composé du Finistère , dn HorliilMB, des Gôtes-da-I\ord , de la Loire-Inférieure , d*Ille-et-Vilanie , à$ b Mayenne et de la Vendée. MH. Dufen » oonteiller de pvébctMs; Michel de la Brosse , François Démangeât, maître des ibnseï; Lnneau père ; Haet ; Bronard , maréchal-de-camp ; Biyaad atné, iveèél Chàteaabriant ; Gourlay , ex-tribnn ; Barrieo , procarenr iipéiiil I Paimbœuf; Ghiron dn Brossay, ex-jnge, complétèrent la lion ; soit comme mandataires, soit en qualité de snppléanli.
Fouché , duc d*Otrante , était justement et généralement Cependant nous le voyons figurer dans la dépntation des Ciul J— i, tant il est vrai que nous faisons toujours trop bon marché des nrfv privées et publiques , et que nous sommes naturellement tropdlipMCi h pardonner aux hommes du pouvoir les antécédents les pht tcux.
A mesure que les chances de guerre extérieure derenaisnl fortes , les anciens chefs vendéens, revenus de lenr preraière mettaient plus de hardiesse dans leurs opérations. Dès les jours de mai , des insurgés en grand nombre s'étaient montiésurli rive gauche de la Loire. Le 29 , les fédérés de Rennes leurs frères de liantes pouvaient avoir besoin de leurs tirent au nombre de 300 pour venir leur prêter main étaient commandés par MM. Desbois , ancien officier , et Ton quait dans leurs rangs MM. Gaillard-Kerbertin , Bernard aine, nard jeune, et le tailleur Le Perdit, ancien maire de Bennes» notre province conservera long-temps le souvenir. Chacun s*( do prendre chez soi les jeunes patriotes qui formaient cette mobile , et de leur offrir la table. Ils passèrent à Nantes jours , et partirent en témoignant leur reconnaissance qu'ils avaient reçu.
Les troubles de TOuest , bien moins graves cette fois m^ ne furent pas de longue durée. Le 27 juin , Lamarqne , chef de Tarmée de la Loire , adressait k ses soldats Tordre da suivant :
(f Soldats , nous avons terminé la guerre de la Vendée , reux résultat est dû autant à votre discipline et à Totie tiu'au courage que vous avez déployé aux combats d*Aiseuai» Marais, de Saint-Gilles d'Aiguillon, de Legé et
de Roche-Scrvière. Je vous remercie, au Dom de la Patrie, da service important que vous venez de lui rendre. Camarades, taudis que vous obtenez ici des succès , de grands malheurs sont tombés sur les armées du nord. Le génie de l'Empereur et les plus savantes combinaisons , n'ont pu résister à un concours de circonstances que la prudence humaine ne pouvait prévoir. Ces désastres nous affligent, mais ne nous abattent pas; la cause sainte de la patrie et de la liberté ne saurait succomber. Soyez toujours disciplinés, tranquilles et confiants , nous ne cesserons jamais de marcher ensemble dans le chemin du devoir et de Thonneur. »
Le môme jour , Lamarque écrivait au général Charpentier , qui commandait la 12.« division militaire^ que M. de Sapineau, général en chef des armées royalistes , venait de ratifier la pacification de la Vendée.
Nous avons passé rapidement sur les événements si pressés des cent jours , vu que la plupart ne concernent qu'indirectement notre cité. Ce n'est point d'ailleurs au milieu des commotions politiques, si ennemies des transactions de toute nature , qu'une ville de commerce peut se développer ; mais voici venir une autre époque qu'il importe d'étudier avec soin pour en préciser les phases et les influences.
DEUXIÈME RESTAUHÂTI05.
La Restauration s'avance une seconde fois sur notre sol , portant à la main le rameau d'olivier. Aussitôt tous les hommes qui avaient besoin de la paix pour produire , se pressent autour d'elle , et lui promettent leur dévouement en échange d'institutions dont ils attendent protection pour leur travail. Bientôt notre ville compte uu grand nombre de royalistes , surtout dans les rangs du commerce. Mais les anciens républicains de 89 , mais les fédérés de 1815 , qui rêvaient un avenir plus glorieux et plus libre, et qui redoutaient avec raison la persécution ; mais les militaires et les bonapartistes , frappés dans leur religion politique et dans leur amour-propre de français , se tinrent à l'écart et formèrent un noyau de mécontents. Quant au peuple , il n'entendait rien , pas plus cette fois que la première > au nouveau gouvernement. Trop peu métaphysicien pour comprendre quelque chose d'aussi abstrait que l'ordre constîtntion-
524 XIX.< SIÈGLB.
nel , il rêvait aa drapeau tricolore . tons lequel il STait wmb toute l'Europe , et ne supportait qu*aTec peine les ontngM son culte de vieux soldat.
Le 18 août, commencèrent les nouvelles élections : MM. docteur-médecin ; Barbier , ancien négociant ; Du Cnmboot de lin, Humbert deSesmaisonSyPeymssetet de Bwante, fnent mes par la Loire-Inférieure.
Le 10 septembre , Tavant-garde d*an corps pmssien anivi notre ville. Pendant 14 jours, Nantes et les enTirons eurent à 10,000 hommes. On doit rendre à ces étrangers cette jnstios qA se conduisirent de manière à n*occasionner aucune plainte. Il m pouvait suffire au pouvoir qui renaissait , d*a¥oir remplaeéy ÛÊm notre ville , le préfet des cent jours, par H. de Brosses , et h M. Bertrand Gcsiin , par M. Dufon; il lui fallait encore des dont la main de fer sût comprimer les élans. Aussi , le 5 le gouvernement envoya-t-il aux Hantais le Ticonte de avec mission d'imposer silence aux vaincos. Il n*est pas remarquer qu*à cette époque de proscriptions dans rOusrt il di massacres dans le Midi , c'étaient les doctrinaires qui gon^ la France. MM. Talleyrand, Barbé-Marbois , Pasquier, Ds Becquey , Boyer-Gollard , Bertin-Devaux , Guixot, Louis , Beugnot et leurs amis , occupaient le conteil-d'état » les et toutes les avenues du pouvoir. Par suite , ils sont oonptahhs du violences de toute espèce qu'ils ont on commandées ou faW commettre pour établir et faire triompher leur sysIèaM ds a^ narchie à l'anglaise. Quant au vicomte de Gardaillac, il fedUi» tôt entouré à Nantes de tous ceux de son opinion qui seatsiHlIi besoin d'une terreur pour imposer au parti déjà puissant das Mraux , et de ces gens qui , sous tous les régimes , trafiquent ds d^ lations et de provocations , comme pour prouver qu*U est nésaMin que tout le monde vive. Autour de lui, Ton vit rôder eneeiedsM hommes de lettres sans caractère qui ont des homélies el louangeurs pour le plus fort quel qu'il soit. Le Gommîassiie dinaire comprit parfaitement sa mission. G*étail moins du terreur morale qu'il lui fallait, et elle eut lien. Son eflat ne momentané : en vain pour comprimer les mécontents l*ou am di mesures exceptionnelles ; la persécution ne fit que les deux camps. D'un côté, les hommes de l'ancien
Li--».7- » .-
vaîent rien oublié ni rien appris; de Taatre, les bonapartistes^ les républicains , la bourgeoisie attaquée dans ses conquêtes de 89 , et quelques gentilshommes qui comprenaient la France.
Le jeudi , 9 novembre , eut lieu Tinstallation du yicomte de Cardaillac. Huit jours après , les militaires licenciés , non domiciliés dans notre ville , reçurent la défense d'y séjourner plus de 48 heures ; une ordonnance prescrivit aux fédérés et aux volontaires du corps franc , connus sous le nom de chasseurs vendéens , de se présenter chez leurs commissaires de police et d'y donner leur adresse ; successivement il en parut d'autres concernant la police des lieux publics et celle des armes. Ce livre n'est point destiné à rappeler les indignes vexations subies par les patriotes en 1815 , mais nous devons rendre cette justice à Gardaillac , que , tout exagéré qu'il était dans ses opinions , il a su mettre à la porte de chez lui des misérables et notamment un rimailleur, qui voulaient encore étendre davantage le cercle des persécutions. Sa correspondance renferme la confirmation de quelques faits intéressants; elle montre bien clairement, par exemple, que les ultra n'étaient point contents de Louis XYIII^ ils auraient voulu l'ancien régime dans toute sa pureté, et le roi professait , avec les doctrinaires , que , par suite des modifications survenues dans la classe moyenne^ il était nécessaire qu'on lui accordât quelques droits politiques , attendu que c'était le seul moyen de constituer une monarchie dans notre patrie.
Des proscriptions et des persécutions naquit le Carbonarisme , il s'étendit rapidement sur toute la France comme un vaste réseau ; mais jamais institution ne fut plus divisée de but et d'intentions. Le journalisme lui soufflait la vie.
La rédaction des feuilles périodiques , à cette époque , était bien facile ; car il suffisait , pour obtenir un grand succès , de répéter tous les jours , à mots couverts , plus de Bourbom , plus de Jésuites, Un seul fait , celui de la légitimité , servait de point central à toutes les discussions ; mais il y avait péril à parler , et dans notre ville la prison s'ouvrit plusieurs fois pour recevoir le gérant de fAmi de (a Charte , M. Victor Mangin , qui a fait preuve de courage civil et payé de sa personne pendant ces années de discussions orageuses et de persécutions.
Les mécontents , lorsqu'ils se trouvaient réunis , ne parlaient que de renverser le trône constitutionnel ; ils se divisaient ensuite sur
quelques personnes furent maltraitées par des soldats, alors en garnison à Nantes. Dans cette circonstance, le colonel Bapatel acquit des droits à Testime de ses compatriotes en refusant de les faire charger par son régiment , quoiqu'il en eût reçu Tordre du général Despinois. Le lendemain, V Ami de la Charte raconta ce qui s'était passé. Le général Despinois , se croyant insulté , poursuivit le rédacteur en chef devant les tribunaux , qui le condamnèrent à 1000 fr. d'amende et deux mois de prison. Ainsi se termina cette affaire.
Un second essai de carbonarisme fut tenté , en 1827, par des jeunes gens qui appartenaient à l'École ûu Producteur. A la suite d'un banquet provincial, quelques étudiants de la Bretagne résolurent de recommencer les conspirations; cette fois, du moins, avec plus d'unité que la première. Ils s'organisèrent en sections de sept membres, et bientôt ils comptèrent dans leurs rangs plus de mille affiliés. L'un d'eux, alors , fut député dans notre province ; mais il cessa toutes relations avec ses co-associés , en apprenant la mort do Manuel , le seul des hommes influents du parti dans lequel il eût une entière confiance. Le programme , donné à ces jeunes gens par ceux qui les poussaient , était de la dernière nullité; mais les leçons passées leur avaient profité, aussi rédigèrent-ils eux-mêmes la charte nouvelle pour laquelle ils consentaient à courir les plus grands dangers. Nous ne reproduirons point ce manifeste , qui n'était qu'un résumé des doctrines de la Montagne , écrit sous l'influence des théories développées dans le Producteur, par Bazard et ses collaborateurs ; nous nous abstiendrons aussi de redire les scènes plaisantes qui se passèrent entre quelquesuns de ces jeunes gens et des députés influents, dont l'un chercha à les faire dévier du républicanisme pur qu'ils professaient , pour qu'ils conspirassent au profit de la branche cadette ; ces faits ne se rattachent qu'indirectement à l'histoire de notre ville , qui resta presque entièrement étrangère à cette seconde conspiration.
Bedire ici les autres événements politiques de la Bestauration , ce serait raconter ce que tout le monde sait et ce que l'on voyait partout ailleurs : des élections faussées par la faiblesse d'un grand nombre de citoyens et la servilité des agents du pouvoir, la presse enchaînée par des juges timides ou passionnés, une police souvent brutale , et de malheureux patriotes victimes de leur dévouement.
présame que Saint-Donatien et Saint-Rogatien ont reçu le martyre. Le 17 septembre, elle fit vendre comme inutiles beaucoup de papiers des archives ; dans le nombre se trouvaient sans doute les procèsverbaux des fêtes républicaines ; Tingénieur Foumier les avait mis en ordre, comme on peut s'en assurer, en consultant ses écrits; mais il importait trop à quelques-uns des grands royalistes de Tépoque de déchirer leur passé , pour que ce monument de faiblesse et de honteuses tergiversations pût être conservé.
Le 30 septembre, M. Louis de Saint-Aignan fut nommé maire, MM. Barbier , Roger , Le vesqne , de la Tullaye et Petit-Desrochettes , adjoints. Avec cette Mairie commença un nouveau système: M. de Saint-Aignan était émigré et gentilhomme, mais il avait du patriotisme, comprenait son époque , et désirait trop vivement l'approbation publique pour se faire le soutien d'une cause impopulaire et d'un régime tyrannique. C'est à lui que nous devons l'organisation du Comité de Salubrité , institué en 1B17. Il ne se composait alors que de trois membres , MM. Fouré , docteur-médecin ; Hectot et Le Sant , pharmaciens.
La même année (1817) , M. Aubert fut autorisé à établir à Nantes une agence d'affaires, et M. Durand un moulin sur bateau, au pont de la Belle-Croix. La rectification du numérotage des rues fut commencée. Enfin , le 2 novembre , le duc d'Angoulême entra dans nos murs.
Le 13 août, eut lien la délimitation des divers arrondissements de la ville, imprimée depuis avec la synonymie des mes. Le 11 septembre , la Mairie arrêta la construction du pont de Chézine , me de l'Entrepôt. Le 29 , la démolition de la Grande et de la Petite Boucherie fut commencée.
Le 9 février , M. de la Tnllaye fut délégué par le maire pour rechercher dans les caveaux de la cathédrale le cercueil du dernier duc et le cœur d'Anne de Bretagne, qui devait s'y trouver dans one boîte d or ; mais il n'en restait aucun vestige. Le 13 mars, la Loire déborda de 16 pieds 11 pouces. Le 5 mai, H. CailUaud donna an
M. d'Andigné moorat le 2 février ; on loi rendit les honneurs funèbres usités en pareilles circonstances. Dans le courant de juillet, ta Mairie s'occupa vivement de trouver près de THôtel-de-YiHe un local pour y construire un musée de tableaux. Le 4 octobre , un atelier de charité fut établi au Jardin des Plantes, dans le but de le niveler. Au mois de novembre , l'élargissement de la rue des Capucins fut arrêté. Le 7 décembre > M. Micolon de Gnérines fut installé en qualité d*évéque , en remplacement de M. d'Andigné.
Le 3 février , la Loire déborda et s'éleva de 18 pieds 2 pouces. Le S, la mairie arrêta la construction de Taile ouest de rHêtel-de-Ville. Le 18, elle décida qu'un repère serait établi en amont du pont d'Aiguillon. Le 8 août , elle mit en adjudication la constmction de l'Abattoir. Le 14 septembre, la statue de Louis XVI fut inaugurée sur la place du môme nom. Le 19 septembre , la duchesse d'Angoulôme passa dans nos murs. Le 20 septembre, une troisième école de petites filles fut instituée. Le 7 octobre, la Halle-«ux-Toiles fut commencée sur les plans de l'architecte Grucy; et, vers la fin du même mois, la ville acheta la ruelle dn Sanitat, pour prolonger la me Penthièvre.
La mairie refusa l'autorisation d'établir à Nantes une salle de ventes avec criées publiques. C'est ainsi que, pour être utile aux marchands et pour empêcher la concurrence de les ruiner, elle s'opposait h son développement et proclamait instinctivement une grande vérité. Le 1 .^^ mai , MM. Boubée et de La Tullaye fils neveu , remplacèrent MM. Barbier et de La TuUaye père, en qualité d'adjoints. Le 29 mai , la ville fut autorisée à vendre Tanclen hôtel de la Monnaie.
Le 11 juin 1824, don Miguel passa à Nantes; il voyageait sous le nom de duc de Beira.
Le 4 septembre , la ville arrêta l'élargissement de la me dn Calvaire. Le 17, on apprit la mort de Louis XYHI. Le 1.*' octobre, la
Le 7 avril, la mairie fit réparer les poils publics. Le 11 , elle mit en adjndication les travaux d'établissement d*ane école de petites filles. Enfin, le 31 décembre, elle mit en adjndication les travaux du marché couvert , près la Halle aux Toiles , et publia un règlement de police pour cette halle.
Pendant toute Tannée 1827 les travaux de bâtisse furent très-actifs ; M. Bemard-des-Essards , auquel , il nous semble , on n*a pas rendu complète justice , leur imprima un vif élan ; ce n'étaient par^ tout qu'édifices en construction. L'hôtel Ghardonneau , situé rue du GaUaire, fixait surtout les regards. JXous regrettions, en 1832, que cet édifice ne reçût point de destination spéciale ; mais , depuis cette époque , la Société des Beaux-Arts s'y est établie.
Le 14 avril, la ville enregistra l'ordonnance qui lui permettait de faire les acquisitions nécessaires pour ouvrir la rue Boileau. Le 14 mai, elle s'occupa de compléter Talignement de la rue Crébillon. Le !23 juin , la duchesse de Berry arriva dans nos murs. Le 25 juin , eut lieu l'inauguration de Téglise de Notre-Dame, au bout de la rue Penthièvre. Les 28 , 29 et 30 juin , des fêtes signalèrent de nonvean le passage de la duchesse qui posa la première pierre de l'écluse de l'Erdre. ]\ous nous sommes assuré nons-méme que la composition des quadrilles dans lesquels elle dansa a été consignée snr le registre des délibérations de la mairie. Le 30 août^ l'administration municipale reçut l'autorisation d'acheter l'ancien emplacement de la Collégiale ^ pour y construire un nouveau marché anx légumes.
Le 9 février , le nivellement de la rue des Gadeniers fut arrêât Le 25 mars, eut lieu l'adjudication de la grille du Gours Henri IV. Le 17 avril, la mairie décida de faire démolir un grand nombre de maisons en Biesse, en Vertais et rue Dos-d'Âne. Le !.«' juillet, l'Abattoir commencé le 10 avril 1826, sous la conduite de M. Démolon et snr les plans de M. Malary , se trouvait achevé. Dans le courant de juin , le pont Gharles X fut livré au public. Le 4 juillet , les dames de Saint-
En 1818, les recettes extraordinaires étaient
évaluées à 8,055 fr. 96 c.
Les recettes ordinaires à la somme de. . . 753,729 88
Formant un total de 761,785 84
An tableau des recettes extraordinaires, on voyait figurer 3,555 fr. 96 c. d*excédant du budget précédent , et 4,500 fr. , produit présumé des amendes pour contraventions aux droits d*octroi. Les recettes ordinaires se composaient ainsi qn*il suit :
Centimes additionnels 12,309 fr. 96 c.
Patentes 1,000
Amendes de police 500
Fermage des maisons et usines communales. . 12,972 25
Pensions et rentes foncières 479 67
Rentes provenant de biens aliénés 188
Droits depesage, mesurage et jaugeage. . . . 3,600
/Produit brut. 797,745 24 c. |
Octroi. /Frais de perception. 112,745 24 l 685,000
( Produit net. 685,000 )
Droits de location des places aux Halles. . . • 4,000
Idem aux marchés .*.... 11,400
Expédition d'actes administratifs ou de Tétat
civil 600
Ferme des boues 11,780
Ferme du langueyage des porcs 1,900
Excédant présumé du rôle de la contribution personnelle 4,000
Amendes de la garde nationale 4,000
753,729 fr. 88 c.
Les dépenses sont portées dans le même budget à 758,913 fr. 43 c. ; savoir : 691,978 95 pour les dépenses ordinaires, 66,934 48 pour les dépenses extraordinaires. Au tableau des dépenses on roît figurer les chiffres suivants , qui en forment le total.
Frais de bureaux et employés de la mairie. • 38,581 fr.
Receveur municipal 8,000
8 commissaires de police 18,200
A Reporter. . . . 64,781 fr.
Report 645,128 fr. 95 c.
Traitement du bibliothécaire 1,800
Gages du concierge 600
Entretien dn Muséum d'histoire naturelle. . 300
Traitement du conservateur 1,500
Gages du concierge 600
Recherches minera logiques 600
Ecole de dessin (loyer et entretien). . . . 550
Traitement du professeur 1 ,500
Gonservation des tableaux et statues. . . . 300
Subvention du théâtre 15,000
Deux rentes viagères pour tableaux vendus à
la ville 3,500
Gulte 5,600
Fôtes publiques 4,000
Dépenses imprévues 8,000
A la disposition du Maire 3,000
Total 691,978 fr. 95 c.
Parmi les dépenses extraordinaires , nous trouvons les suivantes :
Restauration de la halle neuve 6,000 fr.
Constructions au Collège Royal 2,000
Réparation du Pont-Maudit 3,600
Renouvellement des tuyaux de pompes. . . 2,800
Réparation de Thorloge 2,000
Il convient maintenant de passer en revue les principaux articles
du budget de 1831 , pour les mettre en quelque sorte en regard de
ce qui précède.
Recettes extraordinaires.
Elles ont varié (mais toujours en s'accroissant) suivant la quantité plus ou moins grande de terrains dont la ville pouvait disposer, et suivant les bonis des exercices antérieurs.
Recettes ordinaires.
Les droits de pesage se sont légèrement accrus , mais en oscillant; les octrois sont estimés 930,000 fr. bruU , et 808,000 neU. Ils n'étaient portés qu'à 700,000 en 1818.
4,000 fr. par aif. Le sccoars de 2»000 fr. à la commanaaté da Befage a été snppriiné.
On doit rendre cette justice à M. Levesque et à ses adjoints , qu'ils ont constamment favorisé l'instruction ; d*un côié (ce qui était beaucoup à cette époque) ils ne détruisaient pas Técole mutuelle ; de l'autre , ils fondaient 3 écoles de petites filles , et dotaient de 6,000 fr. par an Técole des frères. Les mêmes administrateurs ont fait exécuter des travaux considérables, mais à grands frais et avec peu de discernement : c'est ainsi que T Abattoir , par suite de sa position, se trouve privé d'eau. On doit leur reprocher aussi les dotations faites il plusieurs églises ; les frais d'un culte ne devant jamais être que Tolontaires ou prélevés que sur ceux qui le pratiquent.
Nous ferons observer , en terminant ce chapitre , qu'il serait important, chose qui n'a jamais lieu ni pour les comptes du gouvernement, ni pour ceux des administrations municipales, qu'ils offrissent chaque année un état de situation , d'après lequel on connût exactement l'actif et le passif; nous renvoyons, du reste, au tableau ci-joint, les personnes qui désireraient suivre la marche des revenus et des dépenses de la ville de Nantes de 1818 à 1830.
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