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grandes cîrcGnstances de la vie (1). Notre province devait donc être le berceaa de la littëratare romane. Au siècle de Gharlemagne , ob les poésies celtiques jouissaient de quelque renom , elle possédait, plus que toutes les autres contrées, ces idées de féerie et d^enchantement qui s'étaient conservées d'Âge en âge dans son sein. Elle avait aussi , plus que toutes les antres , l'habitude et les mœurs delà féodalité. Les enchantements, les ménestrels, les paladins, les fées, devaient donc jouer un grand rôle dans ses ballades. La suprématie des gentilshommes, la presque égalité qui régnait entre eux, la nullité du peuple, les idées de servage mêlées aux idées d'amour, la religion chrétienne et les souvenirs du culte druidique, tons ces faits réunis formaient le fond des chants primitifs , d'après lesquels on a écrit les romans de la Table-Bonde. Ce qui confirme cette opinion , c'est que la Bretagne , dans ces romans , est presque toujours le lieu de la scène; c'est que Tristan , le Léonais, le célèbre Amadis, Morgane, la fée, qui était l'une des vierges de l'île de Sein, Merlin l'enchanteur, ont réellement appartenu à l'Armorique, ob l'on trouvait aussi le château de Joyeuse-Garde , Blanche-Couronne, et plusieurs lieux célèbres dans les livres de la chevalerie.
Le Lycée Armoricain contient encore des articles fort intéressants sur rhistoire de Bretagne , sur la psychologie et sur les améliorations dont Nantes est susceptible. On peut citer comme une des particularités de la vie littéraire du poète romantique de l'époque , que M. Victor Hugo a publié dans le Lycée Armoricain des fragments d'une traduction toute classique de VEnéide,
Le 23 novembre 1826 fut publié, par M. Camille Hellinet, le 1." n. ' du Breton. \Çq journal , qui paraissait les mardi , jeudi et samedi de chaque semaine , était consacré uniquement à la littérature , aux arts , il l'industrie : son but spécial était de satisfaire à des besoins d'études pratiques. On peut lui reprocher du verbiage, des redites, le peu de soin de la rédaction; mais il présente, cependant, ce que nous avons de plus complet sur la statistique de Bretagne et le mouvement industriel de la province de i826è 1827, époque à laquelle il fut réuni au journal politique de Nantes.
(1) Plusieurs habitaots de la Bretagne bretonoante , se sont proposé , à dire rses reprises , de poblier ces chants et ces airs nationani, nous devons re gretter qu'ils ne Talent pas fait.
Académiques , du grand bruit de leurs apprêts et de la petitesse de leurs résultats ; le Pikheur est une fable ou plutôt nu petit drame trèsplaisaut, daus lequel on fait toucher au doi^t cette vérité: quMl y a on point où le désir d'avoir raison et la persuasion oti Ton est d'avoir trouvé la vérité tout seul , équivalent à une folie complète. En 1830, Ed. Riclier s'occupait de publier, sur la doctrine de Swedenborg , on grand ouvrage qui était attendu avec impatience, surtout en An|^ terre, en Allemagne et aux États-Unis. M. de Tollenare père en a effectué la publication après la mortdeBicher (8 vol. in-8.o).
M. Souvestre ût paraître, en 1829, un recueil d'élégies intitalé: Trois Femmes poêles inconnues ; petit livre plein de charme , dont une partie était réellement l'œuvre de trois femmes. En 1830,11 publia ses Rêves Poétiques ; beaucoup de pièces de ce recueil ont été reproduites dans le rokur et d'autres journaux do la capitale. Depuis , il a fait imprimer deux brochures^ avant son départ de INantes^ Tane sur la méthode Jacotot, l'autre sur les Arts considérés comme moyen de gouvernement. On trouve, dans les diverses œuvres que M. Souvestre a publiées à liantes, une grande disposition à personnifier tout ce qui l'entoure, atout idéaliser, à répandre autourde lui une vie qui déborde. Influencé, à répoi|ue où il habitait cette ville, parles écrits de ces hommes qui se sont imposés au public commedegrands maîtres, et dont le succès a dépendu tout autant de leurs intrigues que de leur talent , M. Souvestre s'occupa de ces choses vagues qui flottent mystérieuses entre le ciel et la terre, et qui, chaque jour, disparaissent avec les idées mystiques , comme ces fantômes qui ne peuvent supporter le grand jour. Il pleura et se lamenta, dans ses élégies, avec les antres poètes , sans comprendre alors , comme il l'a fait depuis , qu'il est pitoyable de voir un homme de cœur parler sans cesse de ses souffrances, et prétendre en quelque sorte au monopole de la douleur, lorsque autour de lui la société lui présente des plaies, des misères affreuses et lorsque Télégie peut grandir beaucoup en prenant on caractère social.
M. Ludovic Chapplain (aujourd'hui bibliothécaire de la ville de Nantes) a publié, en 1825, une notice historique sur le théâtre de Nantes ; en 1829 , une Description des rives de la Loire entre Nantes et Angers ; nous lui devons aussi une fouie d'articles imprimés dans divers journaux. On peut , en deux mots , rendre compte de sa manière: la plume à la main, c'est un causeor plein d^esprit; son style est
M. Le Cadre a pnUié, comme critiqae de roavrage de M. Le Boyer , an volume în-8.<* de Recherches sur les antiquités de Nantes.
Pendant qu'il subissait la seconde détention infligée à son patriotisme, M. Victor Mangin à composé une brochure ayant pour titre VAmi de h CharU en prison. C'est, comme tous les ouvrages de ce genre , une revue des circonstances et des objets qui environnent Pauteur. On y voit , du reste , à combien de petites tracasseries est exposé Thomme qui veut , en toutes circonstances , exprimer franchement son opinion. Quand aujourd'hui on prend la collection de VÀmi de la Charte ^ pour relire les articles condamnés , on est réellement étonné des susceptibilités de nos gouvernants de cette époque.
Nous devons à M. Meuretdeux volumes, qui ont paru sous le titre di Annales de Nantes, On doit les considérer comme un grand service rendu à notre ville par ce laborieux écrivain ; on regrette seulement de voir que Tesprit de parti Tait parfois empêché de rendre justice à des opinions consciencieuses contraires à la sienne.
Quelques articles de M. de Commequiers sur divers points de philosophie , publiés dans le Lycée Armoricain , formaient une suite ; l'auteur les a réunis en une brochure.
M. Charles de la Boussière a écrit un ouvrage Sur le sentiment religieux, considéré dans son principe et dans son application. On peut le résumer en deux mots : s! Ton rejette la légitimité et si Ton accepte le divorce , la société n'existe plus.
IVous devons revendiquer encore , quoique imprimées ailleurs que dans notre ville, les œuvres de M. de ToUenare, les Lettres vendéennes de M. Walsh , un Traité de Morale de M. G. Démangeât , VÉconomi^politigue de M. Louis Say, et les ouvrages sur l'art militaire, de M. Mellinet père , qui a rendu , depuis, de si importants services à la révolution belge.
Les arts , moyen si puissant de civilisation , devraient être du domaine public. Il n'était si petite ville de Grèce qui n'eût ses temples et ses musées. Non contente de dominer sur l'Archipel, de couvrir la mer de ses voiles, d'appeler au Pyrée les produits de tous les peuples et le luxe de l'Orient , Athènes s'enorgueillissait encore de ses mudciens , de ses peintres , de ses sculpteurs et de ses architectes. Dans la cité de Minerve , il ne suffisait pas d'être riche , on voulait vivre jau milieu des chefs-d'œuvre d'one terre inspirée. Itals, Jk Nfintes, la
Soas le rapport scientifique, il nous reste pea de chose à citer , la plus grande partie des tra?aax de nos compatriotes ayant été analysée , ou publiée en entier dans le Lycée Armoricain , les Annales de la Société Académique , et les recueils périodiques déjà mentionnés. Il est , du reste , un fait que nous ne pouvons passer sons silence. A répoque oti le docteur Bertrand , de Bennes , Tune des gloires de la Bretagne , écrivait dans le Globe , ses articles si remarquables sur Textase et le magnétisme animal qui réunirent l'approbation des penseurs et des physiologistes les plus éclairés , M.'< de Saint-Amour vint à INantes , et tenta des guérisons du genre de celles opérées par le prince de Hohenloe. Ce fut d'abord chez elle une affluence incommensurable ; mais Topinion publique ne tarda pas à changer. MM. Bicbcr et de Tollenare , qui partageaient avec cette dame les doctrines de Swedenborg, adoptaient la possibilité de guérisons obtenues de la divinité par ses prières. Un public incrédule niait tout. Il ne se trouva , dans notre ville , aucun esprit assez philosophique pour suivre les faits avec soin. Il est , du reste , bien constant que M,^^ de Saint-Amour obtenait , sur Tesprit des personnes qui venaient la consulter un ascendant extraordinaire , que sa foi vive et sa manière . en quelque sorte inspirée , leur imposaient beaucoup ; nous devons donc regretter que des violences indignes d'hommes civilisés aient mis obstacle à des tentatives de gnérison qui n'offraient aucun inconvénient , et pouvaient , bien étudiées , servir beaucoup aux progrès que nous faisons chaque jour pour percer les mystères de l'intelligence , en fournissant quelques pages de pins à l'histoire de l'extase et du magnétisme animal , que Bertrand a si heureusement rapprochés. — Cette étude eût été d'autant plus intéressante , qu'au moyen-âge INantes a possédé beaucoup de ces extatiques qui se croyaient possédés du démon.
La Bestauratiou a vu créer divers cours scientifiques dans notre ville. En 1826 , MM. Pihan-Dufeillay , Gox et Gormeray, commencèrent des leçons de chimie , qu'ils ont continuées pendant plusieurs années. Chacun des trois professeurs , ï son tour, enseignait une partie spéciale , et les deux autres faisaient les préparations qui , toujours très-soignées , donnaient un attrait de plus à leurs séances , auxquelles assistait un public assez nombreux.
En février 1828 , un jeune avocat de Bennes, d*nne grande érudition , M. Le Poitevin « commença un cours de droit commercial.
nière, je montrai quels services directs et indirects la connaissance des phénomènes naturels peut rendre à ragricuUnre; je discutai a?ec tont le soin possible plusieurs questions importantes ; enfin , j^essayai d^inspirer à mes auditeurs Tamourde la science, en leur montrant qne les questions de commerce et d'industrie se lient aux questions morales. « IVon , leur disais-jc en terminant, ce n'est pas seulement » des pièces de fer ajustées et limées qu'il faut voir dans une ma- » chine à vapeur, il y a quelque autre chose encore que la surface 9 brillante et polie. Au-delà des soupapes et des tuyaux de conduite, » au-delà de la vapeur elle-même , je trouve une idée d'ensemble et » d'harmonie , un ôtre de création humaine , soumis à notre volonté » pour remplacer notre puissance, une espèce de résumé de nos » connaissances et de notre civilisation , un garant de nos progrès » à venir ; j'aperçois enfin une sorte de réflexion de cette hante in- 9 telligence à laquelle nous sommes arrivés. »
A l'époque où j'achevais mes leçons de chimie industrielle^ M. Noisette professait, au Jardin des Plantes, la taille des arbres. C'est ainsi que partout Ton voyait des efforts en sens divers. Ils ont eu pour effet d'assurer la réussite complète de tont ce qui a été fait depuis dans la même direction.
INDUSTBIE AGRICOLE.
L'industrie, sons la Restauration > a marché en sens inverse du commerce extérieur. Ses premières années ont été médiocres , et, dans les dernières , nous avons tons pu remarquer une fièvre de prodnctioa qui n'a pas peu contribué à la crise de 1830. Produire, tel était le mot d'ordre. Aussi, de nombreuses usines de toute espèce se sont formées, et la plupart ont déjà succombé. Il semblait que les établissements industriels fussent une mine d'or inépuisable, et tous s'y intéressaient avec une confiance qui ne s'explique qne par cet entraînement général vers certaines idées , qui domine de temps à antre dans la vie des peuples. L'esprit d'association , mal entendu , et traduit à leur profit par les gérants iià établissements qui presque toujours montraient peu de bonne foi, a fait consommer inutilement autant de capitaux sons la Restauration que le système de Law dans le siècle dernier. Des hommes crédules , et qui ne comprenaient pas l'industrie ; des hommes qui s'imaginaient que l'un ne gagne qne ce
certains qu'ils sont de travailler aniquement pour leurs propriétaires, et de n^obteuir un second bail qu*à des conditions plus élevées; nous ajouterons qu'il ne leur est point facile de se procurer de raFfi;ent à bon marché, à cause du régime hypothécaire, et nous ne mettrons qu*en troisième ligne la dilliculté des communications et leur ignorance, comme cause de Tétat stationnaire de notre agriculture. L*emploi des engrais azotés pulvérulents, la création de routes et d'écoles nouvelles modifient chaque jour Tétat des choses. Cependant l'exemple de pratiques mieux entendues ne sera pas perdu pour ceux qui font valoir par eux-mêmes leurs domaines. Le désir du gain et l'esprit d'imitation introduiront nécessairement d'heureuses innovations dans leurs établissements.
Les fermes -modèles sont surtout avantageuses , en ce qu'elles consacrent l'habitude d'une nouvelle forme de bail dans laquelle le propriétaire ou les propriétaires deviennent actionnaires et commanditaires, et le fermier commandité ou gérant de lentreprise. Jusqu'ici on n'a pas su en tirer tout le parti possible , mais il faut eu accuser ceux qui possèdent le sol et qui veulent tout accaparer, honneur et profit : combien n'en avons-nous pas vu offrir à de jeunes laboureurs actifs, laborieux et instruits, de se mettre k la tôte d'exploitations de cette nature? ils faisaient mousser dans le public (je me sers ici de l'expression consacrée) leur amour du progrés ^ leur phiianthropiêy leur désir de peifeclionner le plus utile des arts^ et de venir en aide aux cultivateurs de nos campagnes ; mais , en réalité , de toutes leurs belles propositions et de leur libéralisme passés au crible , il ne restait le plus souvent qu'une double spéculation, l'une de vanité , l'autre d'argent; d'uncAté, c'étaient la députation, la croix-d'honneur, des médailles d'or, des éloges dans les journaux, une réputation do dévouement aux intérêts du pays , que l'on Youlait obtenir; de l'autre, c'était une vente à gros bénéfices que l'on désirait effectuer.
Au moment de la fondation du couvent des Trappistes de Meilleraie, quelques personnes pensèrent qu'il en naitrait un grand bien pour le pays ; mais elles furent bientôt détrompées : les Trappistes formèrent peu d'élèves ; et , loin d'être utiles , ils ne firent qu'apporter dans leur arrondissement une concurrence d'autant plus redoutable , qu'ils se servaient d'instruments perfectionnés d'un prix trop élevé pour les paysans , et que la main-d'œuvre leur revenait à vil prix.
courir de risques par les propriéCaires fonciers dans Fespacc d^ane Tîngtaine d'années. Lears terres se vendaient au denier 20 , elles se vendent au denier 30 et 40, et leurs baux ont augmenté du quart, souvent du tiers; en sorte qn'une terre qui valait en Tan X 20,000 fr. et donnait 1000 fr. de revenu, produit aujourd'hui 1,250 fr.de revenu, et se vend , terme moyen , 36 à 40 mille francs. Il n'est pas difficile de comprendre après cela pourquoi les cultivateurs paient des fermages plus chers sans avoir perfectionné leur industrie, et pourquoi le prix des céréales s'est toujours élevé.
Gomment faire pour que le sol perde entièrement le caractère féodal que lui imprima la conquête, et pour que les intérêts respectifs du propriétaire et du cultivateur soient mieux conciliés qu'aujourd'hui? Voilà l'une des questions les plus sociales que l'économie politique puisse entreprendre de résoudre.
INDUSTRIE MANUFÀCTURIÈRB.
De 1815 k 1820, l'on songe peu à créer de nouvelles fabrications; mais le commerce^ plus considérable, donne une vie nouvelle à celles qui existent. La traite des nègres surtout, qui se fait presque publiquement, absorbe beaucoup de produits. De 1818 à 1825, nous voyons de nouvelles usines qui s'élèvent à côté des anciens ateliers qui prennent de l'extension ; M. Baudry établit son moulin à vapeur et ses bains; M. Dobrée, fonde TÉtablissement de la Basse-Indre , et commence ses essais sur le feutre à doublage; M. Fenwick, lance sor la Loire les premiers bateaux à vapeur; MM. David et Sébille s'occupent du laminage du plomb; les premiers tentent encore la fabrication de la céruse; M. Bochery ajoute à son Établissement de noir animal, la préparation du sel ammoniac et du savon commun; nous voyons aussi s'élever trois fabriques de noir animal , une antre de noir de fumée, deux de colle forte, trois de chandelles, une de chapeaux de feutre , deux de chapeaux vernis, une d'acide sulfurique et de sulfate de fer, deux fourneaux pour la préparation des cendres gravelées, une buanderie par la méthode de Bertholet , deux fourneaux à coke , trois amidonneries^ une fabrique de caramel pour la coloration des eaux-de- vie, trois établissements pour la préparation de l'nrate de chaux et de la poudrette, une fabrique de carton et papier à enveloppe , une lithographie , et quelques autres encore.
Les usines qui se sont établies dans notre ville , de 1825 à 1830 , sont très- nombreuses ; la plupart ont succombé ou n'ont obtenu qu'un demi-succès. Parmi les nouvelles brandies d'industrie, la navigation en rivière , au moyen des bateaux à vapeur, se présentait sous le jour le plus satisfaisant; aussi a-t-elle donné lieu à une guerre véritable d'écns et d'habileté , qui a eu malheureusement ses vainqueurs et ses victimes ; ce qui n'a pas empêché d'établir encore deux nouveaux services, l'un pour remorquer les navires de Paimbœuf à liantes, l'antre pour remorquer les marchandises entre IVantcs et Angers, et plusieurs autres bateaux destinés aux voyageurs , l'un sur l'Erdre , les autres entre Nantes et Orléans. Pendant la courte période que nous examinons, nos raffineries de sucre augmentaient considérablement la masse de leurs produits. Elles n'employaient , dans le principe, que du noir de INantes; mais leur consommation s'étant élevée au-delà de quatre milliers par jour , elles ont dû recourir aux noirs de Morlaix, d'Angers^ de Paris et surtout de Bayonne. Cette dernière ville, qui s'approvisionne d'os en Espagne > nous en a fourni jusqu'à 400 milliers par an. Le noir animalisé, autrefois enfoui dans des fosses au sortir des raffineries , est devenu , depuis qu'on en fait usage en agriculture, et surtout depuis 1825, l'objet de grandes spéculations. A cette époque, ses propriétés jusqu'alors peu connues, furent mises en évidence par M. Ferdinand Favre , aujourd'hui maire de notre ville. Bientôt l'on sut que six à huit hectolitres de ce précieux engrais pouvaient fumer très-fortement un hectare de terres ,
bronze à MM. Blot ^ armurier; Pradal^ boooetier ; Geiger ^ facteur de piano; Vie y pour de petits ouvrages de f(mte très-délicatement exécutas; Charpentier » graveur en taille-douce; Camille Mellinet, imprimenr ; Caiilaud , carrossier; Polo y taillandier; Testée Mulnier ^ Blondel ^ peintres ; Cuillemei , architecte. Des mentions honorables forent accordées à MM. Galière et Jaunet , armuriers ; Héron et Victor Mangin , pour cartonnage ; Le Coq , pour chapeaux vernis; Suser^ bottier; Mouniot ^ poar des instruments de coutellerie et de chirurgie ; Meslet , doreur sur bois ; Bernard y fabricant de tissus ; Luperger^ pour un piano elhptique ; Dorgère , ferblantier ; Fortier ^ filateur ; Perraud y pour étoffes de laine fabriquées au métier ; Bernard (déjà nommé) pour des procédés inventés par loi pour le bUnchimeot du lin ; Douillard frères , pour divers plans d'arehitectore ; Donnée pour divers tableaux.
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les alimenter , la quantité d*air que la soufflerie fournira par seronde> etc., etc. ; mais , au jour de la mise en train , point do houille, impossible d*allor plus loin ; chacun se désespère , excepté le marchand de terre qui se retire avec un honnAtc bénéfice. A la même époque, des commis-voyageurs dont les maisons vivaient elles-mêmes sur le crédit , et se sont anéanties an moment de la crise commerciale, parcouraient notre province cherchant à placer des crédits.
Parmi les usines créét's sur notre place , de 1825 à 1830 , nous avons encore h citer une fabrique de chapeaux de feutre, une amidonnerie, une fabrique de chandelles , une épuration d^huiles , deux fourneaux à coke, un moulin à vapeur, un établissement d*eanx minérales factices, un fourneau pour le charbon de tourbe , une étuve à vapeur pour courber les bordages de navire , une blanchisserie mécanique , une seconde lithographie , une usine pour Téclairage an gaz de la résine, et six sucreries de betteraves ; ces derniers établissements devaient produire, diaprés les prospectus, 600 mille kilo., et promettaient aux actionnaires des dividendes de 20 et 25 pour 0/0. Mais la plupart des entrepreneurs ignoraient si la betterave pourrait prospérer sur le sol qu'ils allaient exploiter, et toujours les actionnaires étaient de véritables dupes : ici , Ton proposait 4 et 5,000 fr. à un gérant , qui ne devait passer que six mois à rétablissement et s'occuper uniquement de fabrication ; ailleurs , les directeurs demandaient 5 pour 0/0 sur les ventes et les achats; il y avait , sur le papier, des projets au moyen desquels les directeurs devaient recevoir 25,000 fr. avant que les actionnaires touchassent un sou ; aussi, en 1832 , la perte subie par cinq de ces établissements, qui avaient succombé, s'élevait-elle à plus de 300,000 fr.
I5DUSTRIE COMMERCIàLB.
Le commerce a lieu , quand on met un produit à la portée des consommateurs ; il est profitable , quand ce produit acquiert une valeur nouvelle , supérieure è ses frais de mouvement. La commission , la banque , le courtage , les assurances , sont autant de moyens et de formes appropriés à ses besoins. C'est la principale industrie des villes qui , comme la nôtre , ont un port et un entrepôt considérable, h l'embouchure d'un grand fleuve. En examinant ses phases à Nantes, de 1815 il 1830 , nous trouvons d'abord qu'au premier moment de
treintes à recevoir de nous tout ce que noai pouvons leur fournir , et que Ton accordât en retour à leurs denrées , vu qu^elles ne peuvent se vendre qu'en France , le privilège de notre consommation. Sous ce rapport , il présentait des considérations souvent justes et toujours spécieuses. Au résumé , le mémoire de M. Dobrée n*a point cette portée que Ton était en droit d'attendre de lui; c'est simplement l'œuvre d'un homme d'aiïaires. On croirait , en lisant celui de M. Levesque , qui est moins bien pensé , et dont les parties sont liées et s'appuient moins fortement , que c'est l'œuvre d'un colon de la Martinique ou de la Guadeloupe.
Le besoin de faciliter l'escompte, et les avantages que les banquiers retirent de leurs paiements anticipés par la retenue qu'ils font sur la valeur des billets au porteur, dont ils soldent le montant, portèrent, en 1821 , plusieurs négociants de notre ville âi créer une Société pour l'exploitation de cette industrie. De là l'origine de cette institution qui porte le nom de Banque de Nantes , et qui n'est en réalité qu'une entreprise particulière: on voit, dans ses statuts , que la durée en était fixée h neuf années; le capital social à six cent mille francs, divisé en six cents actions de mille francs chacune; que la Banque ne doit escompter que des billets de commerce revêtus de trois signatures réputées solvables , et dont l'échéance n'excède pas le terme fixé par le conseil d'administration , ou les billets revêtus de deux signatures notoirement solvables, et avec la certitude qu'ils sont créés pour fait de marchandises; qu'enfin, elle ne peut émettre de billets pour une valeur triple , y compris les sommes du& par elle dans ses comptes courants, ou envers les particuliers, du capital de ses actions.
Cette Banque , jusqu'ici , aurait pu rendre d'immenses services; et, cependant, elle n'a été d'aucune utilité pour le public. Les administrateurs, se conformant à la lettre et âi l'esprit de ses statuts, ont toujours rétréci leur crédit , lorsque les affaires devenaient difficiles. On peut même les accuser de s'être montrés étroits dans leur gestion. En effet, pour ne jamais agir qu'à coup sûr, ils ont toujours eu soin de n'escompter que des billets qui portaient en quelque sorte hypothèque ; tandis qu'en étendant le cercle de leurs opérations, ils eussent foit des bénéfices beaucoup plus considérables, et donné naissance à un plus grand mouvement des capitaux et de l'industrie dont , ensuite , ils eussent eux-mêmes profité les premiers. A diverses époques, et notamment en 1827, on leur a reproché de faire monter le taux de
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sujet d^une intéressante communication à la Société Académique par M. Thomine. IVoos résumerons ici en quelques mots le mémoire si plein de faits de cet économiste. Conduit après la paix en Angleterre par les aiïaires de sa maison, M. Dobrée eut occasion de remarquer combien la pêche de la baleine emploie de navires et de marins chez DOS voisins d'outrc-mer. De retour en France , il fit venir de la Grande-Bretagne les ustensiles et les hommes nécessaires pour introduire chez nous cette industrie que les Basques ont exploitée les premiers, et , dès 1817, il expédia pour la pèche, le trois-mâts le Nantais^ sous le commandement du capitaine Wipseloo, qui revint au bout de 14 mois chargé du produit de 27 baleines. 2 mois et 1;2 après son retour, ce navire fut remis eu mer. Pour ce second voyage, aucun des ustensiles venus d'Angleterre ne fut employé. Les harpons , les lances et autres instruments do fer , furent fabriqués par M. Babonneau; les lignes par M. Chalas; les chaudières par M. Mesnil ; les pirogues par M. Boudet. Après 15 mois de mer, ce navire revint à Nantes , chargé du produit de 29 baleines. Dans un troisième voyage de 18 mois , le Nantais rapporta dans notre port le produit de 33 baleines. Des succès aussi remarquables ne pouvaient passer inaperçus , et bientôt les premières maisons de IVantes suivirent l'exemple de M. Dobrée. Un capitaine, M. Thébaud , se distingua, parmi tons ses collègues, par son habileté, qui lui a valu sur notre place le surnom de Thébaud-Baleine; il mit tant de zèle à connaître toutes les parties de la pêche, qu'il devint capable d'entreprendre un voyage avec un équipage entièrement composé de Français qui ne s'en étaient jamais occupés. La pêche de la baleine a eu pour notre ville le plus heureux résultat; non-seolement cette industrie nous est restée , mais nous lui devons encore l'introduction h IVantes du feutre à doublage et des câbles en fer. Le peu de durée des câbles de chanvre sur les fonds de corail porta M. Dobrée à faire venir d'Angleterre des chaînes qui ont servi de modèle à MM, Bertrand-Four- . mand , Babonneau et Potel. La fabrication du feutre à doublage est
restée propriété de sa famille par suite du brevet d'importation qu'il avait pris pour s'en assurer l'exploitation.
La renommée nous avait annoncé successivement l'afifranchissement de toutes les anciennes colonies de la Péninsule , et nos commerçants fixaient vers ces nouveaux états des regards de convoitise, ils ne parlaient à la Bourse que du Mexique, de Guatimala^ dp Péroa« de