‹ Histoire de Nantes (volume 2)Chapitre 48 sur 64 · XIX.* si(tr.r,R · texte numérisé non relu

XIX.* si(tr.r,R

Ces chiffres ne suffisent pas ponr donner une idée de la situation de la place. Chaque année, en effet, liquide celle qui Ta précédée, et les mauvaises affaires de 1830 ne se sont montrées qu'en 1831. D*un autre côté, rextrérae concurrence et les tentatives si fréquentes, en fait de nouvelles industries > peuvent produire des sinistres sans que le crédit d'une ville soit ébranlé , et que Ton ait cessé d'y négocier avec avantage. Je dois donc rappeler que les années 1825, 1826 et 1827 ont été très-bonnes pour Nantes , et que , dans cette dernière , les opérations sur les grains > habituellement si hasardeuse», ont cons* tamment réussi; grand nombre de navires de notre port furent chargés de blé pour Marseille , et tous y vendirent leur cargaison avec bénéfice.

En 1829, M. Busseuil, imprimeur, éleva une concurrence h la Feuille Commerciale de M. Mangin , sous le nom d'Écho du Commerce. Ce journal, auquel coopérait M. Jalaber, se présentait avec des conditions avantageuses de rédaction, d'impression et de modération dans le prix d'abonnement; mais il n'a pu se soutenir. Cette entre^ prise prouve^ du reste, que le mouvement des affaires était considérable.

Jusqu'ici nous avons passé sous silence ce qui concerne la traite des noirs , mais comment taire que notre ville s'y est livrée sans interruption pendant les 15 années de la Restauration et que beaucoup de nos maisons les plus solides se sont enrichies à ce traflc? Des âmes pieuses ont pu colorer leur négoce du manteau de la religion et prétexter de la nécessité du baptême pour les malheureux de la côte d'Afrique; hypocrisie!.... D'autres, plus sensés, avouaient hautement que les affaires étaient difficiles et que l'amour du gain l'emportait chez eux sur l'humanité.

L'on aura peine i comprendre un jour comment l'administration a pu laisser violer les lois et ne pas voir ce qui se passait sons nos yeax. A Dieu ne plaise que j'essaie de la disculper , non plus que ces astareurs qui formaient pour les navires négriers des contrats d'honneor dont ils refusaient ensuite de solder le montant , en profitant de Tim-

grossit les chi£&res; 4.<> qa*en 1830 les chiffires sont beaocoop trop faibles proportionnellement aax affaires qai se sont faites , ce qo*il faut attribuer à la grande quantité d*assurances portées sur la place de Londres. L'on sait en effet qu'il existe en Angleterre une loi qui dégage les assureurs , en cas de guerre , des assurances pour risques de guerre , contractées envers les étrangers ; mais Ton sait aussi que Ton a trouvé moyen d'éluder cette loi , soit par un contrat d'honneur de la part de l'assureur, qui s'engage à renoncer au bénéfice de la loi , soit par l'entremise d'un tiers , qui se charge de l'affaire et cautionne l'assureur envers le négociant étranger , dans le cas de manque de parole; tant il est vrai que la paix est, aujourd'hui , le premier besoin des peuples , et qu'ils ne peuvent plus renoncer aux transactions dont elle est la source. Enfin , il faut observer encore que les chiffres ci-dessus ne représentent que le 10.« des assurances faites chaque année dans notre ville.

Le mouvement du port et l'état des denrées consommées annuellement sont encore deux éléments qui permettent de juger la situation du commerce de 1815 à 1830.

La moyenne des années 1825, 1826, 1827, 1828, 1829 et 1830,

nous donne les chiffres suivants pour ce qu'on appelle le long-cours et

le grand cabotage , et pour l'importation et l'exportation par narires

étrangers.

Exportations par navires français,

Nombre ToDoage Tonnage effectif. Nombre des

des bâtiments, des nayires. hommes d'éqoipages.

Parnavires étrangers,

Importations par navires nationaux.

Par navires étrangers,

Les années 1828 et 1829 nous donnent pour moyenne

du petit cabotage :

Navires sortis,

Navires entrés,

Le nombre des bâtiments de tonte natare, qoi entreat ment dans le port et qui en sortent , s^élèTe à près de 8,000 « i*«É nous devons conclure qu*ontre les 4,755 niTires ci-dessai» 1,111 bateaux , allèges , etc. , contribuent encore à la moaTenoe ém dans notre cité.

En rapprochant ce tableau de ceux que nous aT(»iiB déjà pour des époques antérieures, nous trouvons que le conaeice 4i notre ville a beaucoup déchu de son anclenoe prospérité Mes b rapport des relations extérieures , et qu^il n*est pan plus qu'on 1700; quant au petit cabotage , nous sommes porté ft jamais il n'a été plus florissant que pendant la seconde Bi

La consommation comparée des années comprises entre lOlt tf 1830 n^oiîre pas de grandes variations dans les denrées de nécessité , si Ton en excepte le vin , les fourrages et les de construction , qui nous donnent le résultai sairsnt :

Vins en cercle. . . . 31,696 hec. 87,001

Vins en bouteilles. . . 142 hec. S3S

Foin 3,993,130 kll. 6,130^ft U.

Paille 331,070 Ul. 617,4M UL

Avoine 8,386 hec. 68,439

Chaux 13,937 hec. 48,191

Plâtre 500,461 kil. 1, 168,2135 UL

Ardoises, carreaux, tuiles. 3,635,383 kil. 5,447,590 UL

Tuiïeaux 124,740 kil. 687,405 UL

IVous trouvons aux registres de Toctroi qu'en 1817, année nnysHi^ pour la consommation des autres denrées , Il fut tué à Kantss VM bœufs et vaches, 20,597 veaux , 24,278 moutons, 7,072 pcMrcs^ijM porcs de lait , et que notre ville reçut en outre 38,948 kil. de limk dépecée^ 238,916 de poissons salés, 2,709 barils de harengs ariii, et 126,733 de fromages étrangers.

Parmi les comestibles, nous trouvons encore 477 hed. dWh, 1,771 do bière , 908 de vinaigre, 4,394 de châtaignes.

Au chapitre des combustibles flgurent 139,994 kil. de snif , ll,SO de chandelles , 436 de bougies , 5,440 do cire, 756 hectolitnsi commune , 30,039 stères de bois de corde, 1,808 de bois ù 5,498 charretées de racines, 672,250 cottereU^ 485,565 fafrti éi boulangers , 1,015,465 fagots cureU ^ 1,167,026 ft nn 52,366 hect. de charbon de bois i et 93,793 de boeille.

.A^^àJ^mL^M^^Ê

Le tableau suivant , quoique n'ayant pas un rapport aussi direct que ceux qui précèdent avec la marche des aiïaires , est cependant de nature à mettre en évidence la prospérité commerciale née en France des quinze années de paix de la Restauration.

Nous avons déjà fourni pour Tan XI , les chiffres des diverses professions dans le département, en signalant ce fait^ que cest par de semblables études , mais plus générales et plus complètes , qu'il sera possible un jour de se rendre un compte exact de la division du travail et de la distribution des produits. On no verra donc pas sans intérêt ceux-ci qui placent sur deux lignes parallèles les années 1815 et 1830.

Années.

PROFESSIONS

Avocats stagiaires,

Id. admis an stage,

Imprimeurs ,

Id. lithographes ,

Libraires ,

Journaux , recueils périodiques ,

Docteurs-Médecins ,

Officiers de santé ,

Chirurgiens-dentistes ,

Sages- femmes,

Pharmaciens ,

Ecoles secondaires,

Pensionnats de demoiselles ,

Professeurs particuliers de mathématiques ,

Écriture et tenue de livres ,

Professeurs de dessin et peinture ^

Sculpteurs ,

Graveurs ,

Marchands de bois ,

Brasserie ,

Brosseries ,

Chapeliers,

Confiseurs ,

Cordiers,

Draperies ,

Epiciers et droguistes ,

plas de facilKé, plas d^abondance chez Cracy; pins de grandiose et de simplicité chez son prédécesseur.

Le Deist de Kerivaiant , maître à la chambre des comptes , s'occupait de poésie : il a laissé une tradaction inédite de Martial.

Pierre Levé/fue^ membre de llnstitut , était an mathématicien distingué.

Bougon , peintre d'histoire , a joué un rôle fort honorable dans notre révolution.

Mellinetj le père du général qui a dirigé en 1831 le siège de Maëstrich y prit une part active aux événements de 89. Lié avec Voltaire , d'Alembert , Florian et les beaux esprits de cette époqae, sa correspondance avec ces hommes célèbres offrirait sans doute quelque intérêt , si elle était publiée. On lui doit plusieurs écrits d'économie politique, et il n'a pas été étranger aux ouvrages publiés par Graslin. En 91 , il fut nommé député à la Convention par le département de la Loire-Inférieure.

Laênnec , médecin habile et très-érudit , a écrit plusieurs mémoires scientifiques , et rédigé l'un des premiers budgets de Nantes.

Athenas y cet homme actif jusqu'aux derniers instants de sa vie, a beaucoup contribué à faire l'éducation de ses compatriotes : fort instruit en chimie et en archéologie, il a laissé un grand nombre de mémoires, dont plusieurs inédits.

Huet , l'auteur de la statistique de Tan X , fut proposé sous la république par son compatriote Sotin , pour être ministre de l'intérieur. On le trouva trop jeune , comme si la jeunesse n'était pas une garantie de courage et d*activité. Il a prouvé depuis, par sa statistique du département de la Loire-Inférieure , par un ouvrage sur l'administration , par plusieurs autres écrits et par toute sa vie , que ce poste éminent n'était pas au-dessus de lui. Ses principes politiques ont toujours été l'expression de ses croyances, et sa vie publique la mise en pratique de cette pensée que tous les hommes d'inteU ligence doivent avoir pour but l'amélioration physique , morale et intellectuelle de leurs semblables. Très-instruit en économie politique , très-érudit et doué d'une grande facilité comme écrivain , il était Tun de ces hommes d'avenir qui marchent en avant de leurs compatriotes. INous devons regretter qu'il n'ait pas publié , comme il en a eu l'intention, grand nombre de pièces autographes qu'il s'était procurées pendant qu'il remplissait les fonctions de secrétaire*

Fouckéy dac d'Otrante, ancien oratorien a? ant 89, et conventionnel en 93 , se fit thermidorien après la chute de Robespierre ; c^était an homme d'un mérite très-éminent , mais entièrement dépourrn de moralité; serviteur de tous les régimes, il a été successivement terroriste, réactionnaire, bonapartiste et royaliste, et Ton doit le regarder comme Tnn de ceux qui ont le plus contribué avec le prince de Talleyrand à la démoralisation de notre époque. — IVos pères ont consacré un monument à la mémoire des grands hommes , nos neveux compléteront un jour leur pensée en inscrivant quelque part les noms

Qne mMospira la liberté , Je te la voue , ô Térité!

Poor r£lat toujours plein de zèle Je fus UQ peu républicain.

Une petite pièce intitulée le Brin de Paille est pins concloante eneore ; la TOici :

Le Brin de Paille.

Voyez-Fous ce dindon ?

La stupide volaille ;

Qui n'admirerait pas son immobilité

Sous le poids de ce brin de paille.

Ainsi, par tout nn peuple, imbécille canaille, Un gouvernement est porté.

Imbu de l'esprit voltairien , Peccot attaqua rudement le catholidame ; il ne ménagea point non plus ceuz de ses compatriotes qui faisaient la traite des noirs.

Quand la loi dn plus fort est tout En France on peut voler la voiture publique ,

Et traiter des noirs en Afrique ; La justice condamne et Tintérét absout.

Ainsi se terminait une pièce de vers fort remarquable ponr le fond , pabliée par lui contre cet odienz trafic.

possibilité où se troayait l'armatenr de les ponnaîTra deraat hi tribonanx.

Le résainé ci-joint des opérations de la société anoDTme d*i rance de notre ville est an document de plos , qni permettra de comprendre la marche dn commerce soos la Restauration.

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