I.«' , II.« ET I1I.« SIÈCLES
Quel que soit notre désir do soulever le voile qui nous dérobe la naissance et même toute Tenfance de notre ville , nous ne pouvons y réussir. Los premiers Gaulois qui vinrent dans nos contrées y trouvèrent-ils une race autochthone, ou des solitudes ignorées des hommes? Nous ne savons. Mais tout nous porte à penser qu'ils appartenaient h la famille des Gaëls , et que leurs descendants habitent encore la majeure partie de Tancien comté nantais. Les bords de la mer et des fleuves, la lisière des forôts, les lieux ob ils pouvaient vivre de leur chasse et de leur pêche , furent sans doute ceux oh ils établirent leurs premiers hameaux. Ce serait, par suite , aux circonstances favorables de sa position que Nantes devrait son origine.
Si Ton tient compte des travaux d'art et des modifications lentes qui ont changé peu à peu la topographie de notre ville , Ton arrive assez facilement à comprendre la situation de la elle gauloise , pauvre bourgade habitée par une race forte et guerrière , mais peu remuante, dont Duguesclin nous offre Tun des beaux types.
Supposez que le canal Saint-Félix n'existe pas , que la prairie de Mauves se continue avec la prairie de la Madeleine , que le Seil seul sépare cette prairie du Port-Maillard , et qu'il mêle ses eaux à la rivière d'Erdre , près le pont de la Poissonnerie ; remplacez les rues d'Orléans, Saint-Nicolas, de la Gasserie , de la Barillerie et leurs voisines , par l'ancienne prairie d'Anian ; supposez la lisière d'une forêt sur l'emplacement du cimetière de Miséricorde ; supprimez, par la pensée , l'Ile-Feydeau , et rétablissez autour de l'ancienne Motte , aujourd'hui Cours Saint-Pierre, quelques huttes de demi-sauvages , habitées par des hommes musculeux à tête tout-h-fait ronde , peu entreprenants , peu inventifs , mais braves , persévérants , doués d'un grand sang-froid , et vous pourrez ainsi vous rendre compte de la ville de nos aïeux.
Quant à ses institutions et à ses mœurs , rien ne nous permet de les décrire ; l'histoire n'a même que des données fort vagues sur les antres races qui entouraient les Gaèls dans l'ouest de la France. L'on /est porté à supposer , en étudiant dans nos contrées la masse de la population des campagnes , qu'ils étaient bornés au nord par des Kimri ; à l'ouest , au midi et même on peu à Test , par des Ibères. Mais qui oserait donner comme vérité absolue les suppositions d*iine science aussi peu avancée que l'anthropologie , quelle que soit d'ailleurs la différence qui existe an physique et au moral entre les habi-