‹ Histoire de Napoléon BuonaparteChapitre 28 sur 38 · LIVRÉ XXIX · texte numérisé non relu

LIVRÉ XXIX

Hetour (le Bnonaparte à Paris. -^ Conseil qu^U lient à son arrivée,*— La chambre des représenlans se constitue en permanence et mande les ministres. — Imprudence de lAicieti Buonaparte et vive sorlie de M^ de Lafayette. -^ Nomination d'une commission extraordinaire.»— F^a chambre des pairs prend les mêmes mesures que la chambre des représentans.— Indignation de Buonaparte à la propo^ silîon qui lui est faite d'abdiquer. -^ Il s'y détermine cependant, et signe un acte d'abdication en faveur de son fils, — Débats violens à la chambre des pairs et fureur de Labédoyère. — Nominaiion d'une commission de gouver^ nement.-«»Ordre du jour adopté par la chambre des représentans^ sur la proposition de proclamer empereur le fils de Buonaparte. -^ La chambré des pairs en fait autant.— Buonaparte se retire 21 Malmaison.-^ll demaùde ai se mettre è la tête des troupes françaises y pour combattre les alliés qui s'epprorhaiént de Paris. -i-On le lui refuse. ^^11 parfr pour Rochefort. ^-Séjour qu'il fait dans cette ville.'— U hésita sur le p^rti qu'il doit prendre, r— Il se rend à bord du vaisseau anglais le Bellérophon.— Lettre qu'il adresse au prince de Galles.*— Le Bellérophon arrive k Torbay, puis va mouiller à une fcertaîne distance de Plyraoulh* — " t>a notifie } Buonaparte la résolution de U transporter à

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Vî\e de Sainte-Hélène.— Protestation qu^II fait k ce sujet. «^11 est transféré sur le Northumberland. — Traversée et arrivée ii'Sainie^Hélèjia,

Ci^TAiT à condition que Buonaparté serait vainqueur dans la lutte que devait entraîner sa nouvelle usurpation , que la faction jacobine avait consenti à lui prêter son appui; et cette condition n'étant pas remplie, elle jugea q^ue le pacte était dt3sous.

La joie qu'avait excité parmi tes homines die la révolution le succès obtenu à Lîgny, était encore dans toute Sa vivacité, lorsque l'arrivée subite de I^apolcon au palais de TÉlysée, le 2 1 juin, à quatre l^eures du matin, fit pressentir qu^au lieu de poursuivre ses avantages , il venait. d'éprouver un grand revers. Ses frères etsfes confidens les ptas dévoués étant accourus , rempliis d'effroi , il leur fTt un rétit peu propre à les rassurer, et leur déclara que son intention était de réunir les deux chambres en séance impériale: a Je leur peindrai, dit -il, le Té ma;]beur de Tarmée , je leur demanderai les » moyens dfe sauver la patrie, puis je repartirai. »

Le conseil des mînîsti es ayant été promptement assemblé, Buonjjparte fit lire, par M . Maret , le bulletin de la bataille de Waterloo , et dit : <( Si « ops malheiun» sont grands , \e viens p^ur l«s ré-

vmGT-NETJViEME. S17

» parer, pour imprimer à la nation, à IVmée , )» un grand et noble dévouement. Si la nation se v lère, Tennemi sera écrase ; si, au lien de lev.é^s^ i» de mesures extraordinaires, on di^put^^ tout y» est perdu ! L^ennemt est en FVance ; j'ai besoki p pour saaver la patrie d'être revéta d'un grand » pouvoir, d'une dictature temporaire. Dans Viur » térêt de la patrie , je pourrais m'emparer de * ce pouvoir; mais il serait plus utile et plus nar » tional qu*il me fût donné par les chambres. 9 Les ministres ^ qui connaissaienl les dispositions des représaitans , combattirent celte proposition. Buonaparte ayant repris la parole, dit^qu'il croyait que la présence deTennemi sur le Si)l national rendrait aux députés le sentiment de leur devoir ; que la nation les avait envoyés non pour renverser le trône impérial, mais pour 1^ soutenir.; qu'au surjplus il ne les craignait pas , et que d'un seul mot il jKMiv^t les faire assommer.

Quelle que fut la possibilité d'effectuer cette me- Mce , la chambre des représentans, dans laquelle le parti jacobin dominait, ne se jpontra pas disposée à céder à la terreur. Ses membres ne furent pas plutôt instruits du retour de Napoléon, qu'ils se rassemblèrent; et sur la motion de M. de Lafayette, ils se déclarèrent en permanence, et mandèrent les ministres, comme avait coutume de faire l'assemblée dite constituante.

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Buonâparte fut d'abord atterré par cet acte qu'il considéra comme une usurpation sur son autorité. « J'avais pensé, dit -il, à congédier cesçens- >» Jk avant mon départ. » Il donna mission à Regnault de Saint-Jean-d'Angéiy, d'aller annoncer ' aux représentant que la défaite de l^armée n'était Mue qu'à des malveillans qui avaient causé uûe terreur panique; que les troùpeç se ralliaient; que l'intention du chef du gouvernement en accourant à Paris ^ ét^it de se concerter avec les chambres, et qu'il s'occupait des mesurés de salut public exigées parles circonstances. Le ministre dt l'intérieiîr, Carnot , fut chargé de faire une iscmblable communication à la chambre des pairs.

Il fut impossible à Begnault de modérer Fimpa* patience des représentans, qui persistèrent à exiger que les ministres se rendissent à la chambre. Buonâparte , qui d'abord le leur avait défendu , finit par les y autoriser ; mais n'ayant pais trouvé "en eux toute l'ardeur qu'il aurait désirée, il leur adjoignit Lucien , en qualité de commissaire extraordinaire, mesure dont il n'eut pas lieu de s'applaudir.

Lucien remit un message qui contenait Texposé succinct du revers essuyé au Mont-$aint-Jean , et portait qu'il était convenable que les deux chambres nommassent une commission dé cinq membres,

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pour se copcerter avec les ministres sur les mesures . de salut public et sur les moyens de traiter de la paix avec les alliés.

La lecture de cette pièce était à peine achevée , que les ministres furent interpellés de toutes parts. Le président , M. Lanjuinais , ayant rétabli le calme, le député Henri Lacoste dé-^ tnontra rinsufiisance de la mesure proposée par Napoléon ; s^adressant ensuite au ministre des affaires étrangères, M. de Caulaincourt, qui depuis trois mois s'efforçait d'abuser la France : « Vous parlez de paix, lui dit -il; quel nouveau moyen avez - vous de communiquer avec les alliés? L^Ëurope a déclaré la guerre à Napoléon : le séparez-vous deJa nation? Pour moi, je le déclare, je n'entends plus que la voix de la patrie en pleurs. Je ne vois plus qu'un homme entre nous et la paix. Au nom du salut public , dévoilez-nous vos ressources^ ou montrez-nous toute la profondeur de Tabîme. Peut-être trouverons-nous dans notre courage les moyens de sauver notre, patrie ! » Les nombreux applaudisseipens qui suiviretit ce discours, prouvèrent que la chambre partageait le$ sentimens de l'orateur.

Lucien ayant repris ta parole, représenta le mal moins grand qu'on ne le faisait, et comme pouvant être réparé. Interrompu par des murrntt*

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res, il invoque la générosité tiationarle, la foi4cief aQX sermens; et il insiste pour qu^on évite le teproche de légèreté adressé si souvent aux fmnçais. L'indignation de rassemblée éclate à Cfss mots. M. de Lafayetie monte à la tribune et dit : « Il est bien étrange qu'on vienne accuser ici la na*' ^ tion française d'inconstance et de légèreté. » £t s adressant à Lucien : « Nos enfans , poorsuit-il., n'ont -ils pas suivi votre frère à travers les fiables de l'Afrique et dans les déserts de la Rus^e, sur les rives du Danube, du Guadalquivir et du Tage? Leurs ossemens., qui blanchissent les. plaines de toute l'Europe , sont des téinoins authentiques de notre constance et de notre fidéUté. Si nous .avons quelque reproche à nous faire , c^esl d'avoir montré trOp de persévérance ; c'est fl'avoir sacrifié vainement trois nlilliotis de français. Allez dire à votre frère que la nation ne veut pins, ne peut plus avoir confiance en lui , et que nons en-* treprendrons nous-mêmes de sauver la palrk. »

M. deLafayette , dont tious désirerions pouvoir approuver les moti& , fût secondé par divers ora-» teurs. La chambre ordonna qu'une commission de cinq de ses membres se concerterait avec une commission de la chambre des paii», pour^rréter les; mesures qu^exigeaient les cih:onsiances. £ile nomma pour ses commissaires , messieurs Lanjoi*

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nais^ Hrrenïer^ Lafayetie , Flaugergues Et Dôpont. La cbunfare des pairs qui était prescpic entière* meRt corhposée de oourûsaiïs de Napobéan/fut loin de montrer la même ardeur pour sa roioe que ]a chambre des représen tans. TouLefoâs, entraînée par les circonstances et par les discours de MM. de PontécoulâxU et Boissy-d'Anglas, elte »t déciara aus^ en permanence et nomma une commission de salut public.

Instruit de ce qui s^ëtait passé à la chambre des reprësetitans, Napole'on sentît qu'il fallait ou la dissoudre ou abdiquer ; mab espérant sans doute qu'il surviendrait quelque éve'nement qij'il pourrait mettre à profil , il ne prit aucun parti.

LMrritaiion des esprits dans la chambre des rcprésenlans fut loin d'clre calmée par les rapports que ses commissaires lui firent sur la conr férence qu'ils avaient tenue avec la commission de h chambre des pairs et les ministres. Rcgnault de Saint-Jean-d*Angely, craignant qu'on ne prît «ne résolution violente , courut annoncer à Buônàparte qu'on allait peut-être prononcer sa déchéance, s'il n'abdiquait à l'instant même. T^apolétin , indigné de la violence qu'on veut lui faire ; « Puisqu'il en est ainsi , dit -il, je n'abdi- ^ querai point. La chambre est composée -de ^> jacobins /de cerveaux brûlés et d'ambitieux qui

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1»' veulent des places et du désordre. J'aurais dft i> les. dénoncer à la nation et les chasser. » Il délibérait sur sa trist^ position, lorsque le général Solignac et quelques antres députés vinrent lai déclarer sans aucun ménagement , qu'il n^avait plus d'autre parti à prendre que de se soumettre k la décision dès représentans. Joseph et Lucien furent également d'avis , dit-on , que toute résistance serait vaine. « Ecrivez donc à ces messieurs , dit avec un sourire ironique Buonaparte à Touché , de se tenir tranquilles ; ils seront satifaits. » Lucien prit alors la plume, et écrivit^ sous la dictée de Napoléon , l'acte suivant :

Déclaration au peuple français.

« Français, au commencement de la guerre

» pour l'indépendance nationale (qui l'avait com-

» promise ? ) , je comptais sut, la réunion de tous

» les efforts, de toutes les volontés et le concours

» de toutes les autorités nationales. J'étais fondé

» à en espérer. le succès, et j'avais bravé toutes

» les déclarations des puissances contre moi. Les

» circonstances paraissent changées. Je m'offre

» en sacrifice à la haine des ennemis de la France:

» puissent-ils être sincères dans leurs déclarations,

» et n'en avoir jamais voulu qu'à ma personne!

w Ma vie politique est terminée, et je proclame

j» mqn fils, sous le nom de Napoléon II, empereur

» des Français. Les ministres, actuels formeront

» provisoirement le conseil de gouvernement.

» L'intérêt que je porte à mon fils m engage h.

» inviter les chambres à organiser promptement

» la régence par une loi. Unissez-vous tous pour

» le salut public et pour rester une nation indé-

» pendante.

» Donné au palais de TElysée, le 22 juin i8i5. » ifi^n^? Napoléon, »

Les représentans, après avoir arraché cet acte à Buonaparte , arrêtèrent , comme par une sorte de dérision , qu'une députation solennelle irait lui exprimer « le respect et la reconnaissance avec lesquels la chambre acceptait le noble sacrifice qu'il avait fait à l'indépendance et au bonbeur de la nation. »

La députation, comme elle devait s'y attendre, fut reçue froidement. Buonaparte dît aux députés : « Je vous remercie des sentimens que vous m'ex- » primez. Je désire que mon abdication puissse ». faire le bonheur de la Trance; mais je ne l'es- » père pas. EHe laisse l'état sans chef, sans exis- « tencc apolitique. Le temps perdu à renverser la

»• monarchie aurait pu être employa à inclire h » France en état d'écraser Tenn^mi (i), (elTen- » nemi pénétrait en Franc* de toutes parts). Je y* recommande à la chambre de renforcer promp- » tement les armées : qui veut la paix doit se » prépare^ à la guerre. Ne mettez pas cet te grande » nation à la merci des étrangers (2), Craignez » d'être déçus dans vos espérances. C'est la qu'est » le danger! Dans quelque position que je me » trouve, je serai toujours bien, si la France est » heureuse. Je lui recommande mon fils; j'e^spère -^ qu'elle n'oubliera pas que je n'ai abdiqué que » pour lui« J'ai fait aussi ce grand sacrifice pour » le bien de la nation. Ce n'est qu'avec ma dy- » nastie qu'elle peut espérer d'être libre, heureuse >» et indépendante (3). »

L'acte d'abdication fut présenté par Carnot à la chambre des pairs, et renvoyé par elle à la commission qui avait été nommée la veille. Ce

(1) ComiBent Bnonaparte osait «il parier JVcraser pl<» de Ireize cent mille hommes mis en mouvement contre lui?

{£) Elle y était des l^rs ; et n'était-ce pas lui, Buoisapart^ qui Y y avait mise ?

(3) Les évënemens x)ot pleinement démeoti cette riJicule assert ion«

Dinistre donna ensuite communicalion d^uae lelre de deux officiers, datée de Rocroi, et du 2a uin 9 lettre qai contenait des nouvelles rassurantes, que le maréchal Ney démentit formellement. € Li^ennemi est à Nivelles avec quatre-vingt mille.

sommes, dit-il Bans cinq ou six jours il peut

Ure à Paris. Il n^y a plus d^autre moyen de sakt public que de faire des propositioi^ aux alliés. »

Lorsque le débat élevé sur cet incident fut terminé, on suspendit la séance; mais bientôt elle fut reprise pour entendre la lecture de deux messages de la chambre dc^ représentans , qui aanonçaient qu'elle avait résolu de nommer une commissioa de gouvernement, et que la guerre était déclarée. nationale. Les pairs donnèrent leur adhésion à Tune et à Tautre proposition, Â neuS heures du soir, on reçut un troisième message dont Tobjet était de feire piart de la nominatûm. de Fouché et Carnot , comme membres du roq*-* veau gouvernement.

La chambre des rcprésentans avait accepté Tabdication de Buonaparte, sans faire aucune mention de la clause qu'elle renfermait. Lucien craignant que la chambre des pairs n'en fît autant, y courut, et. tnontant^à la tribune, il dit ; « L'empereur Napoléon a abdiqué en faveur de son fils^; politiquement l'empereur est mert : vice Vempe-

reur! » Pais il conclulà ce que les chambres [(rêteiit d'enthousiasme serment à Napoléon II; enfin il pousse rimpudence jusqu'au point d'en donner Texemple. M. de Pontécoulant lui demande alors de quel droit il vient proposer un souverain à la natibn française. « Le prince de Canino est*il français ? poursuit l'orateur; il n'a de'tiire réel que celui de prince romain. » M. de Pontécoulant représente ensuite que la délibération est le premier acte par lequel une assemblée doit procéder, et il déclare qu'il ne reconnaîtra jamais pour son sou^ verain un enfant qui ne réside point en France. Lucien répondit qu'il était français, du moins par ks sentiment, ce dont il faudrait d'autres preuves que celles qu'il en a données. Raisonnant ensuite selon le droit établi par l'usurpation , si elle pouvait en fonder un , il dit : <c Nous sommes tous ici par les constitutions de l'empire , ainsi notre serment à Napoléon II ne doit pas être l'objet d'une délibération , mais d'une déclaration qui ne saurait être trop prompte pour empêcher la guerre civile. » M. Boissy-d'Anglas, indigné de tant d'audace, s'écrie : « On nous menace de la guerre civile! N'est-ce pas assez de la guerre étrangère qu'on nous a amenée ? Je m'oppose à ce qu'on préjuge rien à la questiçn » à ce qu'on nous enlève ainsi une résolution. »

Celte vive opposition excite la rage d'un jeune homme qui, pour son malheur, avait uni son sort à celui de Buonaparte. C'est nommer Labédoyère, qui, s'étant levé avec précipitation, prononça un discours où il ne dévoila pas moins le trouble de son ame que son attachement à la cause de l'usurpateur. <c L'empereur a abdiqué en faveur de Napoléon II , dit-il ; Je regarde son abdication comme nulle ^ si on ne proclame à l'instant ^Napoléon II, son successeur. £h!*qui s'oppose à cette résolution généreuse? ces hommes qui toujours ont été aux pieds du souverain , tant qu'il fut heureux et triomphant. Ces hommes qui se sont éloignés de lui dans son malheur, veulent . repousser aussi Napoléon II; ils sont déjà pressés de recevoir la loi de l'étranger. Napoléon a abdiqué pour son fib; poursuit l'orateur en. délire ; si l'on refuse de reconnsdttre le prince impérial , je le déclare , Napoléon doit encore tirer l'épée ; il doit encore verser du sang ...... Malheur à ces vils généraux (i) qui méditent peut-être de nouvelles trahison^! Je demande qu'ils soient traduits devant les chambrés, qu'ils soient jugés et punis de manière

(1) Il n'est pas douteux que ce ne fût Ney que Labédoyèrt a>ait en vue.

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a effrayer ceux qui voudront déserter nos drapeaux; que leur nom soît Jivrë à rinEaimiç ; que leur fimûlle soit proscrite ; que leur maison $oit rasée ; (|ae jamais, leur famille ne puisse metire le pied $ur k territoire framçais* Nous ne voulons point die traîtres parmi nous. » Qu'était doue I^bédoyèfe? et le nom àfi traître devait-ii l^mm SQEtir ^e sa bouche?

<c Napoléon , e«i abdîqtf»nt sa puissance pour sauver la palrw , poursuivit-il , a fait ce qiï^il doit à kii-mênrie. mais non ce qu'il doit à la najtioo, cap la nation n'e^st pas digne de lui. » Si la nation avait besoin de justifii^tion , elle ne pourrait en trouver de plus complète que cette injure. « N'estce pas eUe qui , pour la sedonde foiSr le force à l'abdication , ôHe qui a jur^ & le dâendre dans les revers. » La nation n^avait rien pitamis à Na^ poléon. « Je sais, poui*suîvit É-abédoyère, daiit ia voix r-etentîssânte couvrait tes murmures de Tas^ semMée, je sais que les amis du patriotisme paratsisent ét-rangers dans cette enceinte, où, dejww* <lix ans , il ne s'est fart entend>^e que des vms basses. » Arerdi^e! A l'Wdreîs'éfjrie.t-ondèt'ôtftei parts. L'assemblée entière se lève , révoltée d'un tel emportement. Les vociférations de Labédoyère ja'en redpublèrent pas moins* 3es mois entrecoupés , son regard, ses gestes étaient effr^ya^s. A

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l'ordre ! A Tordre ! lui crie-ton de nouveau. Il v^ut poursuivre; mais Tindignation est à son comble; et le force à mettre fin à celte scène scandaleuse;

La discussion fut continuée , mais avec calme; Mm. de Ségur, Rœderer, de Flahaut et Maret , demandèrent que Napoléon II fût proclamé^^ M. Decrès fit cesser les débats en disant avec véhémence : « Est-ce le moment de s'occuper des personnes? Avant tout la patrie! elle est eji danger ; ne perdons pas un moment pour prendre les mesures que son salut exige! » La proposition de Lucien fut ajournée.

Un message des représentans ayant annoncé qu'ils avaient nommé le général Grenier j membre de la commission de gouvernement, les pairs se décidèrent à élire au scrutin les deux membres qui, selon la résolution, étaient à leur nomination. La pluralité des voix se réunit en faveur de MM. de CaulaincQurt et Quinette.

Dans la nuit même du 22, les partisans de r^tnpereur déchu se concertèrent pour tenter un dernier effort. Le lendemain on doubla les postes de la garde nationale, à laquelle on adjoignit des fédérés; Des^ piquets de cavalerie fiirent placés sur le pont Louis XVI , et les casernes voisines du palais Bourbon, où siégeaient les représentans, étaient remplies de soldats qui continuellement faisaient

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