‹ Histoire de Napoléon BuonaparteChapitre 29 sur 38 · IV · texte numérisé non relu

IV

53ô LÎVÏIE

retentir Tair du cri de vwé P empereur! C'était la le prélude d*une séance des plus animées. Lorsqu'elle fut ouverte , le député Bérenger demanda que le^ membres de la commission de gouvernement fussent responsables collectivement. Cette proposition avait évidemment pour objet de porter chacun d'eux à surveiller Fouche qui , à juste titre, excitait la défiance de la faction buonapartiste. M. Dupin proposa que ces mêmes membres prêtassent serment d'obéissance aux loix, et de fidélité à la natiou. Le ministre d'état, Defermoa, trouvant un. tel serment trop vague : « N'avonsnous pas, dit-il, un (empereur dans Napoléon II? » Plusieurs voix s'écrient: *—« Oui! oui! L'abdication de Napoléon I"* , poursuit l'orateur , appelle à lui succéder celui qui, dans l'ordre constitationnel, est considéré comme so.n héritier. Est-il dans les convenances du moment de laisser voir la pl^s légère hésitation? Qu*eile cesse à Tinstant, et l'on n'ira plus persuader à la garde nationale de Paris que vous, attendez Ijouis XVIIL » Pour prouver le contraire , un grand nombre de membres se lèvent en criant vive Vempereur! vice Napoléon II! On demande qu'il soit proclamé à jL'instant même, et de nouvelles acclamations se font entendre. M. Bérenger , reparaissant à la tribune, dit qu'une (Question de cette importance ne

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doit pas être décidée par un mouvement d'enthousiasme» puis il revient à sa proposition de responsabilité. Il assuré qu'il n'en partage pas ùioins Topinion de M. Defermon, et que c'est ]^ar cette raison qu'il veut que les membres de la commission de gouvernement soient responsables. Enfin, comme s'il n'en avait pas dit assez pour se faire comprendre , il ajoute : ic Si ces hommes étaient inviolables, en supposant que l'un d'eux vînt à trahir ses devoirs , vous n'auriez aucun fnoyen de le faire punir. » Boulay , dît de la Meurthe, soutient la proposition de M. Defermon, <t II existe, dit-il, une faction qui voudrait persuader que nous avons déclaré le trône vacant ; dans l'espérance de le voir remplir bientôt par les Bourbons. — Non! non! Jamais! « s'écrient plusieurs^ membres. « Je Vjsux aller plus loin, poursuit Boulay; je veux mettre le doigt sur la plaie. Il existe encore une faction d'Orléans. Elle a entraîné quelques patriotes peu întelligens, qui n'ont pas )*esprit de voir que le duc d'Orléans n'actepterait la couronne que pour la résigner à Louis XVIII. » M. Pénières témoigne le désir qu'on écoute tous ceux qui vou4ront parler pour ou contre la proposition , et qu'erfsuite elle soit examinée dans les bureaux. « On n'y renvoie pas là constitution ! » s'écrient plusieurs membres. Un homme dont le nom se rattache à l'épo-

que la plus douloi^reuse de la révolution, M. Ga« rat» demande que le fils de Napoléon soit réclamé près des puissances étrangères. M. Pénières renouvelle encore sa proposition. Begnault de Saint-. Jean-d'Angély s^écrie : « On demande râjoume-. ment jusqu'à ce que Wellington soil à nos portes. » ; Mouton-Duvemet dit que les armées ennemies marchent contre I^aris , et que pour leur opposer désarmées, il faut proclamer Napoléon IL M. MalleviUe n^en demande pas moins Tajournement, et Begnault lui répond en renouvelant la proposition de faire prêter serment de fidélité à Napoléon II, par la commission de gouvernement. <c Hier et avant-hier, nous avons délibéré avec calxne, quoique le danger nous parut plus grand, plus imminent qu^aujourd'hui, dit M. Dupin; c*est que nous étions venus sans dessein formé ! «^ . . .

Pourquoi Napoléon a-t-il abdiqué ? parce

que nous avons reconnu et qu'il a reconnu luimême qu'il ne peut plus sauver la France : s'il le pouvait, nous serions les plus insensés des hommes d'abandonner les rênes de l'état aux mains d'un enfant.

» Je demande si Napoléon Ils^pourra faire ce

qui a été impassible à Napoléon P^ ? On

vous a proposé de demander l'enfant et son auguste mère. A-t-on prévu les conséquences d'un refus? » ^

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Plusieurs orateur» parlent ensuite dans le même sens ^ mais sans aucun succès. Il était réservé à M. Manuel de déterminer l'assemblée. L'orateur dit qu'il fallait un point' fixe auquel l'opinionL pût se rallier , et que par cela «eul .qu'on l'avait mis en question, Napoléon H devait être reconnu. M. Manuel donna cependant à entendra qu'ota lé détrônerait à son tour, si le salut public l'exigeait* Il s'opposa en conséquence à ce qu'aucun membr0 de la famille deBuonapartefut appeléàla régence, et il fit la proposition soivartte, qui fut adoptée :

a L'assemblée pass^à l'ordre du jour, motivé sur ce que Napoléon II se trouve proclamé emper reur des Français , par le fait de l'abdication de Napoléon I". et la force des constitutions de Tempire.

» Les deux chambres déclarent qu'elles ont entendu , par l'établissement d'un gouvernement provisoire, procurera la nation la garantie dont elle a besoin pour sa liberté et son repos, dans les circonstances extraordinaires où elle se trouve. »

Celle résolution, qui ne faisait qu'éluder la ques« tion, fut, à l'instant même, portée à la chambre des pairs qui , subjuguée par la force des circonstances , l'approuva presque sans discussion.

Le premier soin de la commission de gouver* liement, qui s'installa te ^3 juin, et dont Fouché fol Jiommé président, fut de charger cinq ^léni^

potentiaires , qui furent MM. de Lafayette, Laforêts de Pontccoulant^ d*Argenson et Sébasiiani^ d^aller solliciter la paix au quartier-général des monarques alliés. Il leur fut répondu que ces morarques considéraient comme condition préalable que Buonaparte fût remis entre leurs mains. La négociation en demeura là.

Cependant l'empereur déchu était toujours au palais de TÉlysée, autour duquel se rassemblait une foule tumultueuse et soldée, qui , soit qu'elle le vît, soit qu'elle ne le vît pas, le saluait de se^ violentes accfamations. Comme il y avait à craindre quelque sédition en sa faveur, on le pria de s'éloigner. 11 se rendit , le 24 :> à Malmaison pu il dvait tenu naguère une cour si brillante. Il y fut reçu par les enfans de Joséphine, que la mort avait enlevée peu de teras après la première abdication de l'ingrat qui l'avait abandonnée. Buonaparte rer tourna le soir même à Paris ; mais il en repartit le lendemain pour ne plus y rentrer. Revenu à Malmaison, il conçut, dit -on, l'idée de se rendre en Angleterre , et de s'y mettre sous la protection des lois. On lui conseilla de choisir de préférence, les États-Unis; et le minisre de la marine., M. Decres, le pressa de partir pour le Havre , et de s'y embarquer sur un navire américain, prêt à mettre à la voile ; mais Buonaparte changea brusquement de dessein » dans Tespoir

sans doute de profiter, pour se ressaisir du pouvoir, des événemens qqe tout annonçait. La commission de gouvernement, persuadée que sa présence serait un obstacle aux négociations qu'elle tentait d'entamer avec les puissances alUée§ , lui fit insinuer qu'il fallait qu'il prît un parti. Alors il déclara quîl était prêt à se rendre avec sa famille ^ux Etats-Unis , et qu'il s'embarquerait aussitôt qu'on aurait mis deux frégates à sa disposition. M. Décris fut autorisé à faire armer deux bâtimens de cette sorte, et M. Bîgnon, qui avait le portefeuille dqs affaires étrangèi'es , reçut l'ordre de demander au duc de Wellington les passe-ports et sauf-coijduits, nécessaires. Il fut en même tpms résolu de mettre Buonaparte sous la garde du général Becker qui se rendit a Malmaison , pqur veiller ; portait l'arrêté , à la conservation de l'empereur Napoléon et au respect qui lui était dû , et empêcher les malveillans de se servir de soa nom pour occasioner des troubles.

Cependant Grouchy, que Buonaparte et se» adhérens , pour entretenir l'idée de son infaillibilité, ont accusé d'avoir causé la perte de la bataille de Waterloo , :en mettant trop de lenteur dans le mouvement qui lui avait été prescrit, avait effectué sa retraite par Namur , Dinant, Givet , Laon et Soissoi^s, et ramené ^ntaçt son corps d'armée, auquels'étaient successivement ralliés les débris

de la Grande-Armée. Soixante mille hommes, auxquels on réunit environ dix-sept mille fédérés, se trouvèirent alors sous les murs de Paris. C'était IJl le sujet d'une grande tentation pour Baonaparte y et il est presque inconcevable quMl n'y ait ^as succombé. Dans cet état de choses , le ministre de la marine vint lui annoncer que les ennemis approchaient y qu'on le dispensait d'attendre le sauf-conduit et qu*on désirait qu'il s'éloignât incognito. Il y consentit d'abord ; mais après avoir réfléchi quelque tems, ,il fit appeler le général \ &edker. n L'ennemi est à Compiègne , à Senlis, » lui dît-il ; il faut être insensé ou traître à la i *jfc pairie , pour douter de la mauvaise foi de Té- ». trangcr(en quoi consistait-elle?). Ces gens la ^n'entendent rien à leur affaire. » Le général *fit un mouvement de tête que Buonaparte interpréta ponr acquiescement , et il continua ainsi : (uT Tout est perdu, n'est-de pas? Dans ce cas, » qu'on me fesse général;» je commanderai l'ar- » mée ; je vais en faire la demande. » Puis prenant un ton d'autorité. « Général, dit -il, vous » porterez ma lettre ; partez de suite ; expli- » quez-leur que mon intention n'est pas de ressai- % sir le pouvoir ; je véiix battre l'ennenii, l'écraser, » le forcer pat la victoire à donner un cours i» favorable aux négociations; ce grand point ob- >> teoiu^ Je me nettrai en ch<^n. Allez, général;

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y* je compte sur vous, vous ne me quitterez plus. » Le général partit sur-le-champ (i). « Est-ce qu'il se moque de nous? » dit Touché, après avoir lu la lettre de Baonaparte. Quant à €arnot , il ouvrit Tavis que Napoléon fat remis à la tête de l'armée. Touché lui répondit que le caractère de rempercur déchu ne permettait pa* qu'on eût la moindre confiance en ses promesses, et que d'ailleurs son rappel détruirait tout espoir de négociations avec les alliés. Ces observations déterminèrent la commission , qui répondit à Bnonaparte que les engagemens qu'on avait contractés ne laissaient pas la faculté d'accepter son offre; et Camot fut envoyé à Malmaiçon, pour le conjurer de ne pas attirer les plus grandes calamités sur la France et sur lui. Buonaparte , lorsqu'il eut reçu la réponse de la commission , réponse que le général Becker s'empressa de lui porter, envoya son aide -de -camp, M. de Flahaut, à Paris , pour fair^ toutes les dispositions rolatives à son départ (2). Ayant appris que Blu-

(1) Aussitôt après lè départ de ce général , Baoeaparte fil seller ses chevaux de bataille; endurant trois heures eonséeutives, les gens de sa maison crurent quHl allait se rendre à l'armée.

(z) On rapporte que M. de Flahaut fut mal reçu du prince «l'Eckmuhl^ minbtre de la guerre, qui en le royant, lui

cher, denc les colonnes se, portaient alors sur Saint- Germain , se proposait de Tenlever à Malmaison , il prit quelques mesures pour se mettre à Tabri d'une Surprise ; mables généraux français, dont les troupes étaient placées dans cette direction, le firent assurer qu'ils veilleraient à sa sûreté. Dans cette conjoncture , on reçut une lettre par laquelle Wellington déclarait qu'il n'avait aucune autorisation pour faire une réponse quelconque à la demande d'un passe-pprt ou sauf-conduit pour Buonaparte. Le ministre de la marine et M. Boulay de la Meurthe, furent envoyés immédiatement ( le 2g y à trois heures et demie du matin , ) pour lui communiquer cette réponse, et lui notiGer qu'il eût à partir sur-le-champ. Toutefois les préparatifs ne furent achevés qu'à cinq heurçs du

dit : « Votre Buonaparte ne veut pas partir ? S^il

espère que nous le reprendrons, il se trompe; nous n^en voulons plus. Déclarez-lui de ma part qu^il faut qu^il s^en aille, et que s'il ne part pas à l'instant, je le ferai arrêter, que je Tarréterai moi-même. » En apprenant cette réception, Buonaparte fut tenté , dit-on , d'aller se mettre à la tête de l'armée, malgré jie gouvernement provisoire; mais il céda aux représentations de M. Mare t : « you3 avez raison, lui » dit Napoléon ; je ne dois pas, prendre sur moi la responsa- » bilité d'un si grand événement; je dois attendre que la » voix dq peuple, des$oldats et des chambres me rappelle. » Mémoires de F.

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soîr. Buonaparte alors monta en voityre , sous la garde du geqéral Becker et accompagné de plusieurs de ses officiers. Il se rendit par Rambouillet; iPoitiers et Niort, à Rochefort, où il arriva le 3 juillet^ Il fut logé à rhôtel de la préfecture maritime ; et les cinq Jours qu'il y passa , furent employés à chercher les moyens d'échapper à la flotte anglaise qui bloquait ce port;. Le 8 , il s^embarqua dans un canot et se rendit à bord de la Saale. Il débarqua le lendemain à Tile d'Aix^ et en visita les fortifications comme s'il avait eu le projet de s'y défendre. Le lo, les vents étaient favorables et invitaient à prendre le large ; mais la croisière anglaise et le clair de lune ne lui laissaient aucun espoir de s'échapper. Buonaparte envoya le même jour , à bord du vaisseau l^ BeUérophon ; MM. Savary et Las-Gasas., demander s'il pourrait sortir, avec pavillon parlementaire, sur les deux frégates la Méduse et la Saale; on répondit qu'elles seraient attaquées : s'il pourrait passer sur un vaisseau neutre (i); on déclara que le vaisseau serait visité etpeut-êtrç conduit dans un port anglais. Le 1 1; arriva Joseph Buonaparte qui avait été témoin de la dissolution des chambres et de la rentrée du rqi

(i) Un français qui conimanclait un vaisseau danois , avait proposé à Buonaparte de le transporter aux États-Unis*

54o LIVRE

à Paris. Il paraît qu'à cette nouveMe , qui ne lui laissait plus aucune espérance du côté de terie, I^apoléon fut tente de se jeter dans un chasse-marce. Le 12 , il descendit de nouveau, ayec sa suite et 5e$ bagages, sur File d^Aix. Dans la nuit du i3 au 14 > il se rendit à bord du brick VEpervier. Le \l\^ il envoya M. de Las* Casas et le ge'néral Lallemand vers le Bellérophon , pour en prier le capitaine , M. Maitland , de le recevoir à son bord; Cet officier y consentit ; mais il déclara positivement qu'il n'avait pas la faculté d'accorder des conditions d^aucune espèce , et que tout ce qu'il pouvait faire, ét'iiit de transporter Buonaparte et sa suite en Angleterre , où ils seraient reçus de la manière que le prince régent jugerait convenable (i). N'ayant plus d'autre ressource , Buonaparte se soumit à ces conditions ; et le 1 5 au matin, VÉperçierût voile en parlementaire vers le Bellérophon. L'état de la mer ne lui permettant pas de s'en approcher rapidement., les embarcations anglaise» vinrent à sa rencontre , et reçurent Napoléon et sa suite. « Le sort des armes m'amène chei 1» mon plus cruel ennemi, dit Buonaparte, en ar- * rivant sur le Bellérophon; mais je compte sur sa

(0 Dépêche du capitaine Maitland aux lords df ramirauté. .

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» loyauté» » Après ces paroles, et sans doute pour se montrer supérieur à tous les événemens, il ques^ tionna rétat-mâjor sur la force et Farmemént dus vaisseau , et il en examina toutes les batteries*

Ce même jour , ime corvette de la station fit voile pour l'Angleterre, où elle porta la nouvelle de la prochaine arrivée de Çuonaparte , qu^ s'annonça personnellement pîu: la lettre suivante ,; adressée au prince régent : (i)

a Altesse Royale ,

» £n butte aux factions qui divisent mon payl^ » et à rinimitié des plus grandes puissances de » l'Europe , j'ai terminé ma carrière politique, et » je viens, coûime Thémistocle, m'asseoir sur » les foyers du peuple britannique* Je me mets » sous la protection de ses lois , que je réclame » dé votre altesse royale, conîme le plus puis- » sant, le plus constant et le plus généreux de » mes ennemis.^

>> «%7i/ Napoléon. >*

Le BeUérophon, qui, le i6 juillet, appareilla de la rade des Basques, entra, le ^3 ou le 24, à

{ly Le général Gourgaad eïi était porteur f mais ni lui ai la lettre ne furent reçus.

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Torbay. Le capitaine Maitland, à sort âmyee, demanda, parla voie du télégraphe, les ordre! du gouvernement. On lui répondit d'empêchd toute communication avec la côte , de s'en élot gner de trois lieues, et d'attendre les nouveau] ordres qui lui seraient transmis.

La nouvelle de* Tarrivée de Buonaparte sur la côte d'Angleterre, fut publique à Londres le25i Jamais le peuple anglais n'avait joui d'un tel triom^ phe : il voyait en sa puissance Thomme qui s'était montré son ennemi le plus redoutable. Napole'on dut se féliciter du changement que les siècles ont apporté dans les mœurs des nations ; il eût , dans l'ancienne Rome, subi le sort de Jugurtha ; comme ce roi numide , il eût suivi le char de son vainqueur , et la faim eût terminé ses jours dans le fond d*un cachot. Mais si les anglais furent privés de cette odieuse jouissance, ils cherchèrent à s'en dédommager en se portant de toutes parts vers la côte , pour tenter d'apercevoir le trop célèbre passager. L'empressement fut tel ; qu'un grand nombre de personnes qui s'étaient entassées sur de frêles embarcations, furent submergées et périrent victimes de leur curiosité. Pour prévenir ^e nouveaux malheurs , le gouvertiement envoya l'ordre au Bellérophon de se porter vers PIjmouthy et d'y mouiller aussi à trois lieues delà côte.

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jr Cepetidatft Buonaparte ,, en attendant q^^^oa sût décidé de son sort; se tenait habituellement ar le pont du vaisseau* Tantôt il observait avec •Ene lorgnette les côtes ou le mouvement des ria- ^ ires ; tantôt il se promenait à pas précipités , les nains derrière le dos et se pairlant à ^lui-même, ijijuelque désagréable qu'elle dût être pour lui, il p-je faisait donner lecture des journaux anglais et j^ançais : les uns ne le ménageaient pas plus que es auti'es. Ce furent les journaux anglais (Jui TinS'- ^.Iruisirent de la résolution prise par le gouvernement britannique de le faire tranférer, comme prisonnier , à Sainte-Hélène. Le lendemain, 3i juillet, cette détermination lui fut notifiée^ officiellement par le major géne'ral Bunbury et par lord Keilh, amiral de la ^otte du canal: Après avoir entendu la lecture de Tordre, et avoir médité quelque tems , il s'exprima à peu près en ces termes :

« J'offre au prinèe régent la plus belle page de

» son histoire

» Je ne suis point un Hercule, mais on ne » pourra me faire sortir vivant du Bellerophon.

» J'avais l'intention de m'établir en Angleterre; » je désirais une re'sidence à trente lieues de la » mer. Qu'on me donne un commissaire. Je veux » me faire naturaliser ici* Je sais qu'il faut plusieurs * années de résidence pour y parvenir? mais je

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