‹ Histoire de Napoléon: d'après m. de Norvins, m. le comte de Las-Cases, le général Gourgaud, etcChapitre 12 sur 21 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Troisième coalition. — Invasion du Hanovre. ^^ Occupation du royaume de Naples. — Réu^ mon des armées françaises sur les côtes du Nord.

Les accroissemens considérables de la France,

Î)royenant soit de l'incorporation liu Piémont et de a réunion de la république italienne sous le même pouvoir^ soit de la médiation helvétique et des cbangemens opérés dans la Hollande et dans les républiques d'Italie , soit aussi de ces immenses travaux qui ouvraient à nos armées les routes du Simpion, du Mont-Genèvre et du Mont-Genis, soit enfin de ce concordat qui consommait la dépendance de ritalie, et donnait au premier consul l'ascendant d'une nouvelle puissance morale sur les états catho-

lï, HIST. DE NAP. r

ligues du continent; toutes ces prospérités inatten» tendues y sorties du traité de Lunéyille, devinrent, aux yeux du gouvernement anglais y de véritables usurpations sur le terrain où le traité d'Amieus venait d'être assis. Le cabinet de Londres, dont Pitt dirigeait toujours l'esprit sous le successeur qu'il s'était choisi , ne pouvait également ignorer que le premier consul, empressé de satis£aire pour lui et ses alliés à toutes les clauses du traité , s'alarmait justement de la lenteur plus qu'équivoque que l'on mettait à remettre l'ile ae Gorée à la France; à la république batave le cap de Bonne-Espérance ; enfin l'île de Malte à l'Ordre de Saint-Jean. Si la république française avait recueilli , depuis la paix d'Amiens, des avantages dès long -temps en réserve et préparés par une politique dont le traité n'avait pu nidlement établir la discussion , il n'en résultait pas pour l'Angleterre le droit de crier à la violation , encore moins d'arguer du traité de Lunéville , auquel elle avait obstinément refusé d'intervenir* Le point de dépjart , pour la Grande-Bretagne et pour la j^rance , était la complète et fidèle exécution des stipulations convenues entre elles : or, l'objet le plus important , celui sans lequel jamais la France ne consentirait à poser les armes , la restitution du Gap et de l'île de Malte , paraissait plus qu'ajourné au premier consul. Son intérêt et son droit lui prescrivait donc de bâter de tout son pouvoir l'augmentation de sa prépondérance continentale , afin d'j Irouycr une sorte de balance avec la continuation d'occupaXibn des deux possessions maritimes que l'Angleterre retenait contre la foi ré-

cemment jur^. •— L'Angleterre alla même ius^'à encourager la Suisse dans l'opposition qu'elle ma« nifesta aux volontés de Bonapaile. — Les cabinets de Paris et de Londres ayaient recommencé leurs hostilités périodiques dans les journaux , arène où le premier consul ne dédaignait pas de descendre lui-même : on armait aussi ^ et en même temp^ on négociait. Le i6 août 18012, l'ambassadeur français Otto présenta au cabinet anglais une note officielle dans laquelle il était demandé aue VAn^leterr^ défendît tout ce qui serait défendu en France "par rapport aux intérêts réciproques des deux nations. Cette note réclamait aussi Véloignement des émigrés de Vile de Jersey 'y V expulsion de fuéngleterre des évêques de Metz et de Sainte Pçl; la déportation au Canada de Georges H de ses adhérens , et le renvoi de tous les rran-* çais qui porteraient en An&leterre les décora^ tions de i ancienne monarchie ; enfin le prêinier consul exigeait encore que tous les princes de la maison de Bourbon fussent requis de se rendre à P'arsovie^ près du chef de leur famille. C'était, à

i)eu de chose près , proposer à ïa Grande-Bretagne ë sacrifice de sa constitution , que de lui demander la violation des deux garantie^ fondamentales les plus chères à toute nation libre , celle de la presse et celle de Yhabeas corpus ( liberté individuelle). Une telle exigence était impolilique de la part du premier consul, en ce qu'elle devait le rendre odieux à tout le peuple anclais. Le cabiuet de Londres annonça qu'il répondrait à cette note par son ambassadeur. Lord mth^orth partit pour Pans/

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pios irûfealcs koBtSités. Les débats ^'^^it sr icsaeaCzMt de celte aaûmosite.

d]ft9 ssvcsixe 1801 préscsle im itité-

,,.-— — dsss les &îes delà Wisla-

^^l^iiê|ar. Fox. qsî anôvait de Paris , où i/ Z^tfi^ ^ P^ Irittant aocKÎl da premier co^ ^ ^•f^*o*»5a«"^wii««eBletdelasodàé ^ ^oçcfi* T f** ^aatoBeat daas la chambre la jg^ de I2 FrsBce. Ob ae pouvait rcDdre iin >^^ il 111^11 â cette Hbôsié poiitiqae dont JfZMÊSt^ s'eBor^pcsIlil à si joste ton. Lst ù^m- '^^Tj^^^"^ portm ca oulie ob caradière de cou- ^^^^ la feraMtê qu'il osa opposer à FimtatioQ ?^^dP majorité de ras5eiri>lce contre le pre- J^*^^ Cette animosité j lat si pen d^;nisép, «■^T^Jf^eoT subît ce jour-là mie sorte dVnquctc f f^îf ^«» voyage en France. Son discours mc9^0firfl ëdat à la tribone britanniciue, afBBfi» ^Grenrillc dominait, et la gaore était a^lf|^i0c|a0éepar le parlement. D'un autre paa^ I^ndrvr accusait les agens du dernier miaîfc J^^ et GrcnTifle de semer la discorde enaàtfis* j^ tiemhres de la faimlle continentale »s^^^lfgssm toute paternelle aimonfait assez

que cette famille devait bientôt obéir à un cbef. ^^ Alors avait eu lieu la mission patente du colonel ■. 3 Sébastiani en Egypte et en Syrie. Cet officier fut «s£: plus heureux auprès des pachas pour leur faire revi connaître la puissante bienveillance du premier 'js. consul, qu'auprès du général anglais Stuart pour L-sr obtenir l'éxecution du traite' d'Amiens.

Bonaparte mettait en œuvre toutes les ressources de sa politique pour démasquer ou ef&ayer l'Angleterre. Il chercha , mais inutilement , à ranimer cette lî^e maritime du nord , rompue par la mort de Paul I*'. ÏI armait de toutes parts. En France et en Angleterre tout respirait la guerre, il n'y avait de paisible que la diplomatie des deux nations. Les conférences se succédaient à Paris entre le ministre Talleyrand et lord Withworth , avec une extrême sérénité de part et d'autre , mais sans rien résoudre. Le prenuer consul s'impatienta des délais britanniques , et crut pouvoir les terminer en appelant lui-même à une entrevue particulière l'ambassadeur anglais. Elle dura deux heures et n'eut pas plus de résultat.

A quelques jours de là , Bonaparte reçut ime réponse à une démarchetentée auprès de Louis XYIII, à Varsovie. Il parait qu'il avait offert à ce prince une indemnité considérable , soit en argent , soit en fttx>priété& , s'il voulait renoncer à ses droits sur la couronne de France. Quoi qu'il en soit , on publia cet extrait de la réponse de Louis XVIII : « Je ne. « confonds point M. Bonaparte avec ceux qui l'ont » précédé : j'estime sa valeur, ses talens militaires, » Je lui sais gré de quelques actes d'administra-

et le générât Andreossy vint remplacer à Londres M. Otto, appelé à la mission des États-Unis. — Cependant les Anglais refusaient formellement d'évacuer Alexandrie d'Egypte , Tîle de Malte , le cap de Bonne -Espérance et l'île de Corée, sur la cote du Sénégal. Il n'en fallait pas davantage sans doute ponr déclarer des deux cotés ce traité rompu par le fait : aussi les journaux des deux nations se livrèrent aux plus violentes hostilités. Les débats du parlement se ressentirent de cette animosité.

La séance du 9 ntovembre 1802 présente un intérêt tout-à-fait nouveau dans les fiistes de la législature britannique. Fox , qui arrivait de Paris , où il avait reçu le plus brillant accueil du premier consul , des membres du gouvernement et de la société de la capitale 9 prit hautement dans la chambre la défense de la France. On ne pouvait rendre un

Ï)lus bel hommage à cette liberté politique dont 'Angleterre s'enorgueillit à si juste titre. La franchise de Fox portait en outre un caractère de courage par la fermeté qu'il osa opposer à l'irritation de la grande majorité de l'assemblée contre le premier consul. Cette animosité y fut si peu déguisée^ que cet orateur subit ce jour-là une sorte d'enquête sur le motif de son voyage en France. Son discours ajouta un nouvel éclat à la tribune britannique, mais le parti Grenville dominait , et la guerre était presque proclamée par. le parlement. D'un autre côté , le Moniteur accusait les agens du dernier ministère Pitt et Grenville de semer la discorde entre tous les membres de la famille continentale. Cette expression toute paternelle annonçait assez

que cette famille devait bientôt obéir à un chef. Alors ayait eu lieu la mission patente du colonel Sebastiani en Egypte et en Syrie. Cet officier fut plus heureux auprès des pachas pour leur faire reconnaître la puissante bienveillance du premier consul , qu'auprès du général anglais Stuart pour obtenir Texécution du traité d'Amiens.

Bonaparte mettait en œuvre toutes les ressources de sa politique pour démasquer ou effrayer l'Angleterre. Il chercha , mais inutilement , à ranimer cette ligue maritime du nord , rompue par la mort de Paul V^, Il armait de toutes parts. £n France et en Angleterre tout respirait la guerre, il n'y avait de paisible que la diplomatie des deux nations. Les conférences se succédaient à Paris entre le ministre Talleyrand et lord Withworth , avec une extrême sérénité de part et d'auti'e , mais sans rien résoudre. Le premier consul s'impatienta des délais britanniques , et crut pouvoir les terminer en ap-

Eelant lui-^même à une entrevue particulière l'amassadeur anglais. Elle dura deux heures et n'eut pas plus de résultat.

A quelques jours de là , Bonapaite reçut une réponse à une démarche tentée auprès de Louis XVIII, a Varsovie. Il paratt qu'il avait offert à ce prince une indeinnité considérable , soit en argent, soit en propriétés , s'il voulait renoncer à ses droits sur la couronne de France. Quoi qu'il en soit , on publia cet extrait de la réponse de Louis XVIII : « Je ne, « confonds point M. Bonaparte avec ceux qui l'ont » précédé : j'estime sa valeur, ses talens militaires, » je lui sais gré de quelques actes d'administra-

» tion... mais il se trompe, s'il croit m'engager à « reooncer à mes droits : loin de là , il les établir » rait lui-même^ s'ils pouvaient être litigieux, par >» lés démaFcbes qu'il fait en ce moment. »

La querelle ayec l'Angleterre allait de nouveau se TÎder par les armes ; on échangeait des notes fréquentes; on pressait ayec activité les préparatifs de guerre. Le premier consul se rendait au moins cette justice , qu'il avait le premier, ainsi

Îue ses alliés, exécuté les conditions de la^paix 'Amiens. Au milieu de ces altercations, Bonaparte ' interpella vivement l'ambassadeur d'Angleterre à une audience diplomatique : « Vous êtes décides k » la guerre.... vous voulez la guerre. Nous l'a- » vons £aiite pendant quinze ans ; vous voulez la » £aire encore quinze années , et vous m'v forcez. » Puis, se tournant vers le comte de MarLoff^ ambassadeur de Russie : « Les Anglais veulent la » guerre , dit-il ; mais , s'ils sont les premiers à ti- » rer l'épée, je serai le dernier à la remettre dans » le fourj^eau; ils ne re^ectent pas les traités, il » faut dorénavant les couvrir d'un crêpe noir... Si » vous voulez armer, j'armerai aussi ; si vous vou- » lez vous battre , je me battrai aussi. Vous p<Hur- » rez peut-être tuer la France , mais jamais l'infi- » mider. Malheur à ceux qui ne respectent pas les » traités ! ils en seront responsables devant toute » l'Europe. » Cette aÛocuUoii motiva, le 1 4 mars, i8o3 , une dépêche de lord Withworih à son gouvernement. Bientôt une conférence eut lieu entre M. de Talleyrand et lord Withworth, qui reçut de sa cour 1 ordre de demander : i ^ que S. M«

britannique cpnsenrât ses troupes a Malte pendant dix ans; 2*^ cpie Vile de Lampedouzç (qui appartenait au roi de Naples) lui fût cëdee en toute proprie'te'; 3® que les troupes françaises e'vacua^sent la Hollande. En d'autres tenues ^ la Grande- Bretagne nous déclarait la guerre. On donnait sept jours pour admettre cet ultimatum ; £aute de quoi ramLassadeur était rappelé'. Des négociations amenèrent d'autres propositions de la Grande-Bretagne , qui différaient peu des premières. Cette fois, elle ne donnait que tbente-sit^ heures pour les accepter. Jamais il n'y eut de dëfi plus imurieuxy plus directement contraire à l'honneur d une nation. Les ambassadeurs des deux côtés revinrent à leur cour. L'Angleterre ayait montre une ignoble mauvaise foi : l'avantage de la modération et de la justice était du côté de la France.

La rupture n'était pas ofQciellement; déclarée ; mais l'agression eut lieu de la part de l'Angleterre : deux bâtimens français furent capturés dans la baie d'Audierne. Alors les représailles de Ifi France éclatèrent 9 et le premier consul déclara prisonniers de guerre tous les Anglais âgés de. dixi^uit à soixante ans alors en France , pour répondre 4es Français qui auraient été pris avant la déclaration de guerre.

La France répondit aux hostilités maritimes de , l'Angleterre par des attaques continentales. Le 24 mai commença la promenade militaire du général Mortier, qui, avec une armée de quinze miUe hommes qu'il commandait en Hollande, entra dans, l'électorat de Hanovre, qui appartenait au rot

d'Angleterre. 11 ne rencontra presque pas de re'sistance ; on lui livra tout le pays y ainsi que les magasins militaires et les revenus de l'état. L'invasion du Hanovre donna lieu à une lettre par laquelle M. de Talleyrand ouvrait oicore à F Angleterre une voie de conciliation; il y fftait dit : Que le premier consul n* avait eu en vue que d'obte* nir des gages pour tépacuation de Malte , et de travailler à Inexécution du traite d^uimiens. Lord Ha^kesbury déclara avec bauteur que le roi d'Angleterre, en sa qualité d'électeur de Hanovre, en appelait à l'empire, qui avait garanti sa neutralité. Ainsi c'était encore par la guerre que répondait le cabinet britannique. Le 5 juillet i8o3 , la campagne de Hanovre était finie, et Mortier avait forcé l'armée banovrienne à mettre bas les armes.

En vertu du traité que vient de violer l'Angleterre , l'armée française avait évacué le royaume de Naples. La mauvaise foi britannique justifia une nouvelle occupation de ce pays par le général Gouvion-Saint-Gyr , et une armée française établit garnison dans les villes de Pescbiera , d'Otrante , Tarente, etc. Tarente devint, comme Tétait déjà FlessÎDgae en Hollande , un arsenal militaire , un grand port fortifié. Livourne , où l'on arrêta tous les Anglais , fut mise en état de siège : on réunit Piombino à la France. Murât commandait alors en Italie. Le premier consul traça lui-même des instructions admirables pour la défense combinée de ^•». Corse, de l'île d'Elbe et de la Toscane. Les

Tues ordres couvrirent de batteries et d'ouvrages

les côtes de Hollande , depuis Flessingue jusqu'au Texel ; de Temboucbure de l'Elbe au port de Tarente, Bonaparte ayaitfermë tousles rivages aux Anglais .11 préparait une descente dans leur île .Boulogne nit le point central des opérations : tous les ports voisins furent garnis d'ouvrages. L'Angleterre avait mis en mer tout ce qu'elle possédait de vaisseaux; Toulon , Gênes et Livourne étaient bloqués dans la Méditerranée par la flotte de Nelson ; les ports d'Espagne et le cap Saint- Vincent observés par l'amiral Pellew , les côtes de Brest par Gornwallis , tandis que la flotte du canal manœuvrait sous les ordres de l'amiral Keith et de Sydney Smith. — La république batave, malgré la reconnaissance de son indépendance par le traité de Lunéville , ne formait déjà qu'une province , une placed'armes française. Elle se trouvait comprise dans la guerre que la grande république allait porter en Angleterre. En Helvétie, il fallait procéder autrement : le général Ney y conclut la première capitulation pour quatre régimens ; cette innovation parut injurieuse à l'armée et à la France : à l'armée , qui seule depuis quinze ans faisait respecter sa nationalité par toute l'Europe : à la France qui, alors encore républicaine , s'indigna du retour de ce trafic de soldats étrangers , établi par l'orgueil ou par la méfiance des rois. Mais cette mesure était toute politique ; elle enlevait à l'Angleterre et aux coalitions un allié dangereux pour la France , dont les frontières orientales n'ont point de défense , parce que depuis des siècle? nos rois payaient les Suisses pour garder ces mêmes frontières. — Le 25 juin; le pre-

mer coasiA partit de Paris pour aller inspecter liur même les immenses prépanÂiis dont le mouyement remplissait^ la Belgique. Il visita tonle la cote, s'arrêta à Flessingue pour ses fortifications , & Gand pour son commerce ; en revojant Anvers, il décida que son port marcband serait le plus grand port militaire, le plus grand arsenal, et le plus mxA chantier de copstruction du continent. Puis u vint recueillir à Bruxelles les honunages du oommeice reconnaissant , qui gagnait tout à sa re'union avec la France.

. En revenant à Paris, Bonaparte apprit que les agitateurs y depuis long-temps signalés,, des iles de Jersey et de Guemesey , avaient tenté de rallumer la guerre civile en Vendée , et que les Vendéens , rejetant les insinuations britanniques, continuaient de p.artager avec tous les riverains de l'Océan l'armement des cotes, la construction et la conduite des flottilles. Une noble idée lui vint alors , pour répondre à ce nouveau complot de la politique auglaise : ce fut de former une l^on de Vendéens, commandée par M. d'Autichamp. Il donna des or* dres en conséquence au ministre de la guerre , le 7 juillet, p<(r une dépêche datée de Lille : «Cette légion, » écrivait-il de sa main , doit être composée, of&- » ciers et soldats , des hommes qui ont fait la guerre » de k Vendée contre nous. » — Le 14 juin, Bonaparte avait arrêté la première base de l'organisation de la grande armée d'Angleterre ; elle était divisée en six corps , dans les camps de Hollande, de Gand , de Saint-Omer , de Compiègne f de Saint- Malo et de Bayonne. Le Portugal , qui ii'osaitnimr

pré m aree la France , ni surtout avec l'Angleterre^ acheta son repos par un tribut annuel de s^iié millions , dont il paya sa neutralité. L'Espagne lui avait donné l'exemple de cette transaction entre sa politique et ses intérêts. Le premier consul , par uiie autre négociation , avait également séustrait une proie assurée à la marine britannique, en ^cédant à ses alliés les États-Unis d'Amérique la belle colonie de la Louisiane, pour une somme de soixantedix millions.

Cependant, les formes républicaines disparaissaient insensiblement des habitudes politiques de la nation. L*armée reçut elle-même le signal d'une réforme remarquable qui , sans nuire sans doute aux souvenirs de sa gloire , en altérait au moins les titres. Le nom de régiment fut imposé aux demi-brigades : celui de colonel , donné à leurs chefs.

En regard de tous les apprêts formidables dont les deux mers de la France étaient le théâtre , FAngleterrc affectait des dispositions politiques et des démonstrations militaires de la plus grande importance. On proclama la levée en masse dans les trois royaumes , et le duc d'Torck fut nommé généralissime. Indépendamment des précautions qu'ils prirent , les ennemis bombardèrent successivement , mais sans résultat , les ports de Granville, Dieppe, Fécamp, St- Valéry, Boulogne, Calais. Dans une foule de petits engagemens les Français eurent toujours l'avantage. La présence du premier consul h Boulogne , où il fit un court séjour , excita encore le courage de ses troupes. Pendant que les Anglais réprimaient les conspiraticms essayées en

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