CHAPITRE VU
Napoléon à Sainte-Hélène* — Sa mort.
La crainte que Napoléon ne résistât pas à TeAr vie de se battre à la tête de l'armée toujours idolâtre de son chef, ouqueBlucber qui avait menacé de lui ôter la vie par le plus lâche des crimes /ne parvint à exécuter son odieux projet , avait jeté le gouvernement provisoire français dans une per-
fJexité dont Teloi^emcnt de Napoléon pouvait seul c tirer. Le 29 juin , à trois heures et demie da matin , il envoya le ministre de la marine et le comte Bonlay de la Meurthe , le presser de partir sur-le-champ. A cinq heures, Napoléon , tout troublé des adieux de la princesse Hortense , ému des larmes du petit nomOTe de serviteurs fidèles qui lui restaient , vivement affligé de se voir séparer éternellement de la France , se jeta dans la voiture d'un de ses officiers, suivi des généraux Bertratfd;
— 8o — Borigo et Becker, et alla coat^er à Bambouîllet. TjC leademaÎD, k hnit beures, il quitta la résidence impériale. Arrivé à Poitiers, il expédia un courrier au préfet maritime de Rochefort. Le 3 juillet , il arriva dans cette TÎIle , ou l'attendaient deux fréigates que le gonvememeat proTisoire avait fait mettre à sa disposition.
' Napoléon résidait h Rochefort , non 'en fugitif , mais comme prince. Reçu par la première autorité du département , accueilli par les acclamations du peuple , il habitait la préfecture avec tes mâmes Donneurs qu'aux Tuileries. Le 8 , il quitta la France , au milieu des témoignages de dévouement et des regrets des militaires et de la pojpulation , gagna Fourras , et coucha à bord de la fre'gate la SmI. Le lendemain il descendit i l'île d'Aix, Il s'empressa de visiter la place , d'inspecter la garnison, aui cris mille fois répÀés de vive V Empereur \ poussés par les militaires et par les haliitans, et retourna à bord.
Lei4, le capitaine Maitland, commandant le •vaisseau anglais le Bellérophon, fit offrir à Napocon da l'embarquer pour l'Angleterre. Napoléon ccepta, ne soupçonnant pas l'mdigne Irailemcnt ^n'on lut ménageait. H écrivit aussitôt au prince
B Altesse royale , en butte aux factions quidivi- > sent mon pays et à l'inimitic des plus g^raj » puissances de l'Eurt '"tut
p rière politique. Je hIh
i m'asseoir au foyer "
sous la protection di
» votre Altesse royale , comme du plus puissant^ du » plus constant, d.ti plus généreux de mes ennemis.
» Napoléon. D
Le général Gourgaud partit aussitôt sur la corvette anglaise le Slang , pour aller porter cette lettre au prince régent.
Le 15 juillet, Napoléon se rendit à bord du Belléropkon, En montant sur ce vaisseau, il dit au capitaine Maitland : « Je viens à votre bord me « mettre sous la protection des lois del' Angleterre.»
Le lendemain, on fit voile pour l'Angleterre, et le ^^y le BelUrophon mouilla à Torbay. Napoléon y apprit que le général Gourgaud n'avait pu communiquer avec la terre, et qu'il avait été obligé de se dessaisir de la lettre ae l'empereur. La rade de Torbay se couvrit de bateaux remplis de curieux.
Le '26 , le Belléropkon appareilla de nouveau
Êour se rendre à Plymouth, où il arriva le soir, les bruits commencèrent à circuler sur la déportation de Napoléon à Sainte-Hélène; mais la magnanimité de Napoléon lui feisait repousser ces ' craintes. Toute F Angleterre se portait à Plymouth : des milliers de bateaux étaient réunis autour ànBellerophon; la rade ressemblait à une vaste place publique, et lorsque Napoléon paraissait sur le pont, il était accueilli par des acclamations. Des femmes, des jeunes gens commençaient à se montrer parés d'oeillets rouges. Toutes ces circonstances touinaient au détriment de Napoléon aux yeux des ministres anglais.
Le 3o juiUely ua commissaire mîidstmel nolîfia
k I^apoléon la résolution relative à sa déportation à Sainte-Hélène : les généraux Savarj et Lallemand
Îr étaient personnellement exclus de la suite de 'empereur. Napoléon prolesta contre cette décision.
Le 4 août , le BeUérophon appareilla spontanément à Plymouth : on di^t qu'un officier public était parti de Londres ^ avec un ordre iLhahctu corpus^ pour réclamer la personne de Napolécm au nom oks lois.
Le 7 août , Napoléon quitta le BeUérophon, pour passer, à bord du Horthumberland y commandé par l'amiral Gockburn. Ses effets furent yîsites , son argent séquestré; leç personnes de sa suite furent desannées : l'orare ministériel portait aussi d'ôter l'épée à Napoléon y maisramiralKeitk ne voulut pas le faire exécuter.
Le lundi 7 août iSi.S, ie Northuwherland appareilla de la baie de Start iM)ur Sainte-Hélène; et le grand homme, qui yinfit ans avait rempli le monde de son nom, fut conduitsur ce rocber homicide , à deux mille lieues de l'Europe. Le ministère anglais avait réduit sa suite à quatre seules personnes; les généraux Bertrand, Montholon, Gonrgaud, lecomtede Las-Cases et les domestiques. Tous ceux qui ne purent suivre Napoléon au lieu de son exil, forent les seuls qui pleurèrent lors de son départ.
Le iQ octobre, soixante-dix jours après quitté l'Aoçleterre, et cent dix jor^^ çart de Paris, Napoléon pd^a le 'fricain qu'il ne devait plus quif
V^quipage 4tt BeUéropkon avait ru avec dour' r leur Nappi^on passer au milieu des hommages du peuple britannique, sous les verroux du Northumr, herland. L'équipage de ce dernier vaisseau , non moins sensible à une infortune si auguste, ne le vit pas sans frémir toucher le sol qui devait le dévorer. Napoléon s'établit d'abord dans uu pavilloo d*une maison de campagne nommée les Briarsi (le3. Kpnces), et appartenant à uu négociant, %, &alcombe. Ce pavillon ne formait qu une pièce au rez«« de-chaussée , surmonté d'un grenier ou s'installèrent Las Cases et son fils Emmanuel, \\yii environs, et jusqu'à deux milles de distance, furent dis-' 5 erses M. et madame Bertrand ; M. et madame e MontholoQ , avec leurs enfans; le général Gour-^ gaud et les ^eçviteurs dç Napoléon. A l'enloûr , et ail plus près., sont les sentinelles « les çorps^de-'carae , les postes : îl faut avoir affaire a cnacun a eux pour aborder Napoléon , pour porter ses vête7 mens , son linge , ses alime^s. Le ministère anglais a fait du pic ofe Saint-Hélène un pontQn coinmande, par air George GoU)iu:a. Cependant le captif ne parait pas encore condamne à une mort lente et iné'^ vitable ; il est seulement écroué à Sainte-Hélène ^ oqpime coupable du crime de haute confiance en-> vers le prince royal d'Angleterre, On ne le traite jusqu'ici que comme un grand prisonnier d'Etat^^ jH a d'ailleurs pour compensation les soins de . ^ famille de M. Balcombe, qui'lui prodigue tous lés ^rds compatibles avec la surveillance sévère ^ quoique mesurée , de Tamiral. Mais quand le$ commissaires des princes chrétiens seront arrivas
et rëuDis autour du geôlier de la Sainte- Allianoe, alors Taffreuse nature qui a ëlevë les rocs arides de Sainte-Hélène , au milieu des abîmes de la mer et des précipices , au sein d*une atmosphère pestilentielle , ne sera plus qu'un faible auxiliaire de l'exécrable tyrannie qui doit attacher Timmortalitë du crime au nom de sir Hudson Lowe. Napoléon , n'espérant plus rien de la générosité du gouvernement anglais , se réfugie avec calme dans le souvenir de sa vie passée. En effet, le jour même de l'arrivée à Briars, le lendemain de son debarque-r ment, il s'était occupé à dicter à Las-Cases la campagne d'Italie, à Bertrand, celle d'Egypte. .Fidèle à ses engagemens, il aura le courage a accomplir k Sainte-Hélène^ autant que lui le permettront ses forces, la promesse de l'île d'ElDé : J* écrirai les grandes choses" que nous aidons faites» Les généraux Monibolon et Gourgaud furent appelés aussi alternativement pour écrire sous sa dictée. Ne pouvant plus tenir Tépée , chacun d'eux se voyait réduit , comme le héros , à tenir la plume ; mais c'était /Jservir encore la France et Napoléon que de retracer là gloire des campagnes dltalie et d'Egypte, la granoeiir du consulat et celle de l'empire.
Quinze jours s'étaient à peine écoulés depuis le d^arquement à Sainte-Hélène, que le climat avait déjà attaqué la santé de Napoléon. L'exercice du cheval lui était nécessaire ; mais comme il ne put obtenir de l'amiraï, qui faisait les fonctions degoufèrneur par intérim, de n'être point surveille dans ses courtes promenades par un ofïicier an*
gUiSjil renvoya ses chevaux. Maigre ses prmières douleurs, il disait à ses compagnons : a Notre » situation peut inème avoir des attraits. L'univers V nous contemple ; nous demeurons les martyrs » d'une cause imraorleile. Des millions d'hommes
is pleurent. La patrie soupire et la gloi » en deuil. Nous luttons ici contre l'oppression des » dieux, et les vœux des nations sont pour nous..,. » Mes ve'ritables souffrances ne sont point ici. Si je « ne considi^rais que moi, peut-être aurais-je à ine » nijouir. Les malheurs ont aussi leur héroïsme et ^ leur gloire. L'adversité manquait à ma carrière; >> Si je fusse mort sur le tr^e , dans les nuages da n ma tonte-puissance , je serais demeuré un prçn- » blême pour bien des gens. Aujourd'hui, grâce » au malheur, on pourra méjuger à nu... n — Un autre jour il leur disait : o A quel infïme tràile- » ment ils nous ont réservés ! Ce sont les angoIss.es
■ de la mort! A l'injustice, à la violence, ils Jq!- ■» gnent l'outrage et les supplices prolongés. 3i je » leur étais si nuisible , que ne se défaisaient-ils de » moi? Quelques balles dans le cœur ou dans U i> t£te auraient sufQ. Il y eût eu au moins quelque
p vos fem
» souverai » en moi < » voient-il
■ mains à » dans leu n mes sen
1» tti^qbt tous appelé leur frère; je Tétais deyeuu » par 1^ pboix aes peuples , la sanction de la vie*
# tqii^e, le caractère de la religion, les alliances de » la politique et de leur sane... Faites vos plaintes, » messieurs ; que l'Europe les connaisse et s'en inv'digne! Les miennes sont au-dessous de ma di-^
* gnité et de mon caractère. J'ordonne ou je me
• taiS; »
' Le io décembre, après un séjour d'environ. deu^.
mois' dans les environs de Briars , Napoléon aIU
prendre possession de son dernier asile. Il exista
di^ns l'ile d'heureuses positions offrant de graBd^
arbres, des jardins, et a autres belles habitations ,
ëùtrè autres Plantatlon-ffouse, Des ordres yeniis
de Londres ne peripii:ent pas a Napoléon djQ s'y étâ^r
blir; on lui assigna Longwoody maison de can^par
êne du sous-gouverAeur., jadis, construite pour sei^r
yir de grange à la compagnie de^ Indes, et assise
sur ijn plateau, élevé' ie deux mille pieds au-de^us
dii ujvcau de la mer, sans cessje battu.^ar dest veot;^
îii[ipetueux , par de& pluies violentes qui dorent plus
de xfi mioitié ié l'année , et presque; toujours couvert
de nuages épais , d'où s'échappent parfois les rayons
d^un soleil dévorant. I)e$ rochers à pic, séparés par
& profonds abîmes , des montagnes eséarpées et
arides terminent l'horizon. On éprouve à Longwood
tes plus étonnantes yarialions atmosphériques^ en
moins d'une heure , on passe d'un, iroid glacial k
une excessive chaleur; là règnent<une g'-
dé Tannée des affections presque toujoui
et souvent si promptes, si terribles, qu
'ufHt pour détruire la puissance des
itlus «DGcaces. Voilà dormais U rotraite de Jiafit- ^on } aussi (lisait-il : « Ce pajs est ioortel ; partout B où les fleurs sont étiolées , Jlionime ne peut pw » vivre. Ce calcul n'a point échappé aux élèvei dp » Pitt. — Transformer i'air en inslrumpnt de meiir* » tre j disait-il encore, cette idée n'ciait pas venue w an plus farouche de nos proconsuls ; elle ne pou- D'vait germer que sur les bords de la Tamise. »
Outre le travail important de ses Mémoires, k li re'daclion desquels Napoléon associkit ses compagnons d'infortune , des conversations du plus havA inte'rét avec eux e'taient aussi ua des plaisirs favoris de son esprit. — En avril r8i6, après la lecture des papiers publics , où e'iaît vivement retracé l'ttat de'plorable de plusieurs de nos provinces , Nap^r Ic'on s'écria ; a I^ contre-révolution, même «Q U >> laissant aller, doit se noyer d'elle-même dani )t » révolution. IlsuRIt à présent de l'atmosphère dw » jeunes idées pour étouffer les vieux fëodalistes j n car rien ne saurait désormais détruire ou efOKer H les grands principes de notre révolution. Ces u grandes et belles idées doivent demeurer Jijaiiuii,
» vivent dans la Grande-Bretagne; elles éclairent » FAmëriqne ; elles sont nationalisées en France : » voilà le trépied d'où jaillira la lumière du monde. » Elles le régiront; elles seront la foi , la religion, » la morale de tous les peuples ; et cette ère mémo* » rable se rattachera, quoi qu'on en aitvoulu dire, ^ à ma personne , parce qu'après tout j'ai fait bril- » 1er le flambeau, consacré le5 principes, et qu'au- D îourd'liui la persécution achève de m'en rendre » le Messie. Ainsi, amis et ennemis, tous m'en di- » ront le premier soldat , le grand représentant. . .» — La lecture des journaux lui inspirait toujours de brillantes et terribles improvisations : « Que rë- » sultera-t-il de tout cela ? ( en parlant de la France T[ùe1ques jours après) » deux peuples sur un même i> sol, acharnés, irréconciliables, qui se chamaille- • Font sans relâche , et s'extemûneront peut-être ! «"Bientôt la même fureur gagnera toute l'Europe. )» L'Europe ne formera bientôt plus que deux par- )» tis ennemis : on ne se divisera plus par peuples )> et par territoires, mais par couleur et par opinion^ y> et qui peut dire les crises , la durée de tant d'o« 1» rages? car l'issue ne saurait en être douteuse : les » lumières et le siècle ne rétrograderont pas ! Quel » malheur que ma chute ! J'avais refermé l'outre "» des vents : les bàïonntsttes l'ont déchirée. Je pou- » vais marcher paisiblement à la régénération uni- » verselle ! Elle ne s'exécutera désormais qu'à tra-
» vers des tempêtes — Les mœurs pubb'ques
» sont en hausse , et l'on peut prédire qu elles s'a- » mélioreront graduellement par tout le globe. La » raison hiimamé , son développement y celui de
-8,- « nos facultés, Toilà toute la clé sociale, tout te 1) secret du légîslatenr. Il n'y a que ceu^ qui tcu- » lent tromper les peuples et les gouverner A leur
■ proGt qui peuvent vouloir les tenir dans l'igno-
» rance Le premier devoir d'un prince est de
D vouloir ce que veut le peuple. 11 faudra tôt en n tard que la re'géne'raiion morale s'accomplisse; » c'est en vain que les vieilles aristocraties nulti- » plieraient leurs efforts pour s'y opposer : c'est )a
■ roche de Sisyphe qu'elles tiennent élevée au'des- B SUS de leurs têtes ; quelques bras se lasseront , et B au premier défaut tout croulera. JjC vieux sys- » tëne est k bout. Le premier souverain qui , au
■ miUeu de la première grande mêle'e, embrassera D de bonne foi la cause des peuples , se trouvera à * )a téie de toute l'Europe , et pourra tenter tout
■ ce qu'il voudra, n.
Napoléon sentait tpe son propre rëgne âait fini , et que , pour le continuer, il eut dû se mettre à la tête de 1
Lei7 Hudsou
■ nestl > bokir » modei tait une d'avoir Sainte-fi Hudson
' auquel c
leDtmÊi
— goson caractère ne manquait pas de ^énëroHté. Sir Hudson Lowe , accoutumé à martyriser les soldats français sur ces fameux pontons, la bonté ëteraelle de nos voisins , avait un singulier titre d'honneuv conune officier: avecdpux mille hommes et une bonne artillerie , il s'était laissé forcer dans Tîle inexpu-
Snable de Gaprée par le général Lamarque k la tête ie douze cents baïonnettes françaises. Il avait rapporté des souvenirs de Tibère de cette île qu'il n avait pu défendre. Il débuta à Sainte-Hélène par uft mot affreux. Les officiers de Napoléon lui disaient qu'à Longwood il n'y avait point d'arbres pour se mettre à l'ombre. « Nous en planterons ,» repon* dit-}l. Tel était le iqinistre subalterne dont les commissaires des rois de l'Europe vinrent sanctionner par leur présence la basse tyrannie , le 1 7 juin , en apportant à Sainte-Hélène le bill relatif à la dë« tention de Napoléon; car le ministère britannique avait osé convertir en loi l'acte k plus indigne â» porter ce nom sacré.
Hien ne fut o^blié par le nouveau gouverneur pour torturer sa victime. Le cheval était absolu*ment nécessaire à Napoléon ; la surveillance indé« cente et prochaine qui l'arrêtait à chaque pas le fbrçji de se priver d'un exercice indispensable avee sa eonstitution et ses habitudes; bientôt même Tespace qu'il parcourait à pied f\it tellelnent ciroonscit par les seotinellte multipliées sur son passage^ qu'il se vit obligé de renoncer à ses promenades. La transition subite d'une vie laborieuse et agitée aune inaction complète des facultés physiques^ suffisait pour porter ime attente funeste à hrconsd-
tation dn prisonnier. La mauraiw ({ualîté Au ali* mens, la nature de l'eau qui n'était supporb^* qu'après avoir aahi l'épreuve du feu , des priTa- Uons de toute espèce, le strict iie'cesiuire à peine assure', et près de manquer quelquefois, la petitesse et l'iiicommodile' d'usé maison malsaine, devaient accroître incessamment le daneer. Hais on temperamment robuste et éprouve , 1 énergie d'mi grand caractère , pouvaient Iriompker de teuty mémedel'ittfluencemeurtrièredu climat; HndMB- Lowe eut recours k tons les moyens propres à miner les forces morales du captif, la maison de Longwood fut par le fait mise au seaxt : on interdit à Napoléon et aux siens tonte correspondance avecleshabitans de l'île; on entrava les conumimcatious avec les officiers et les siddats de la garnison , et particulièrement avec ceui du brave 63°, qui, lui rendant cette espèce de culte qu'un graacl capitaine obtiendra toujours dans le cceur même des guerriers ses ennemis, adOiiraient et plaignaient Napoléon , sans ne'gliger toutefois aucun de lenrd devoirs. Indépendamment de ces vexations jonrnfti lières , les a heure daos li cnpations, 1 si nécessaire ces visites ré cabinet brita leou la possil mère , de sa Leurs lettres ne lui arrivi
- values par des officiers subalternes. Nul moyen d'ëcrïre; même au prince re'gent, sans soumettre la correspondance au gouverneur. Vainement Napoléon avait fait demander les journaux anglais et français et les livres relatifs aux anne'es qui s'écoulaient pendant son exil : cette requête si simple avait été rejclée. Quelquefois on paraissait se relâclier de la sévérité de celte consigne , mais c'était pour mettre sous ses yeux des fragmens de gazettes, et le» libelles les plus remplis d'injures , par des misérables qui avaient rampé à ses pteds , et fatigué sa patience de leur servilité intéressée. La mort yenait-dle à frapper quelques-uns des objets de son affection? Le gouverneur, par un raffinement de bari)arie , s'empressait de lui communiquer la fatale naayéïke'; en même tems on lui enviait toutes les consolations du cœtir. Ainsi ayant a^^ris qu'un voyageur venu d'Europe avait* vu Marie- Louise, et touebé de ses mains leur enfant , Napo léott , ému jusqu'au fond des entrailles , demanda la permission d'entretenir un instant cet étranger ^ un refus cruel fut la'répoi^se de sir Hudson. Napoléon restait supérieur à ce$ injures et à ces outrages. Mais à la lecture du discours prononcé dans la chambre des Pairs par lord Bathurst, qui, sourd aux instances privées , et opposant de lâcl- s mensonges aux plaintes publiques de lord Holl et des membres les plus distingués de TopTincitau sujet de la détresse du prisonnier de S ïène , avait osé affirmer qu'ail avait des tk "^enses à sa dispositton , il dicta de ve.
Cliente réfutation, bien moins pour coDt<
minisu^ , que pour Être enteoda de l' Angleterre et de la France, de l'Europe et de k postérité';
« Vous voulez eoDDaître les trésors de Napoléon! » ils 'sont immenses , il est vrai , mais ils sont ex- » posés au grand jour. Les voici. Le beau bassin •a d'Anvers, celui de Flessingue , capables de con- V tenir les plus nombreuses escadres, et de les pre-
> server des glaces de la mer ; les ouvrages bydrau- » liques de Dunterque, du Havre, de Nice j le gi- B gantesqiie bassin de Cherboui^'; les ouvrages ma- B ritimes de Venise , les belles routes d' Anvers à u Amsterdam , de Mayence à Metz , de Bordeaux » à Ba'i'OTtne; les passages du Simplon, du Mont- » Cenis , du mont Genëvre , de la Gomicbe , qui » ouvrent les Alpes dans (piatre directions (dans » cela seul vous trouveriez plus de 800 millions )j D ces Mssagcs , qui surpassent en hardiesse , en » granaenr et efforts de l'art tons les travaux des » Romains ! Les routes des Prre'ne'es aux Alpes, ■ de Parme à la Spezzia, de Savane en Piénaont;
> les ponts d' le'na , d'Austerlitz , des Arts , de Sè- » Très, de Tours, de Roanne, de Lyon, de Turin, » de l'Isère , de la Durance , de Bordeaux , de 9 Rouen, etc., etc.; le canal qui joint le Rhône au » Doubs , unissant les mers de Hollande avec la
>aime, >int la dePamaraïs Uré-
D la construction d'un grand nombre d'ëtablisMr » iûiiens d'industrie pour l'extirpation de la mm^ » cit^5 la construction du Louvre, des greniers 'A pubHcs , de la Banque , du canal de l'Ourcq : Ja » distribution de ses eaux dans la ville de Paris^ i> les nombreux egouts , les quais , les embellisse^ T» mens et les monûmens de cette grande capitale. » Les travaux pour rembellissement de Rome ; le 1» rétablissement des manufactures de Lyon ; la » création de plusieurs centaines de manufactures 9 de coton , de filature et de tissage, qui emploie];^ » plusieurs millions d'ouvriers. J)es fonds accumur ^ les pour créer plus de quatre cents manu£usture^ >> de sucre de betterave pour la consommation d'uiu» >> p^frtie de la France ^ qui auraient fourni du sucre y> au même prix que celui des Indes, si elles eussent » continué d'être encouragées seulement encore » quatre ans. La substitution du pastel à l'indigo | » qu'on fût venu à bout de se procurer en France » à la ménie perfection et à aussi bon marché que i> cette production des colonies. Le nombre des ma- » nuCacturcs pour toute espèce d'objet d'art..., etC4 }> Cinquante millions employés à réparer et à em- » bellir les palais de la couronne ^ soixante millions » d'amcublemens placés dans les palais de la cou- » ronne, en France, en Hollande, à Turin, à Rome | » soixante millions de diamans de la couronne, tous » achetés de l'argent de Napoléon. Le régent même^ » le seul qui restât des anciens diamans de la Cou» » ronne de France, ayant été retiré par lui des mains » des juifs de Berlin, auxquels il avait été engagé 1» ppur trois millions. Le musée Napoléon ^ estimé
» i plus ie fpiMre cents millions , et ne contenant
• que des objets légitimement acquis , ou par de » rargcnt , ou par des coaditians de traités de poix
• connus de tout le monde , en vertu desquels ces s cbfCs-d'œuvre furent donnés en commutation dç » cessions de territoire ou de contributions. Plusieurs ■ millions amassés pour l'encouragement de l'agri- » culture , qui est f intérêt premier de la France.
V L'iostitution des counes de cheraux; l'introduc- « tiondes mérinos, etc., etc., etc.
» Voilà qui forme un trésor de plusieurs nriia liards qui durera de» siècles.
» Voilà les monumens qui confondront la ca- » lomnie !!.'... L'histoire dira que.taut cela fut ao- » compli au milieu de guerres contiaudies,, saiks ■a aucun emprunt, et mémo lorsque la dette publi-
V que diminuait tous les Jours, et qu'on aiait allège » les taxes de cinquanic millions. Des sommes tref- B considérables demeuraient encore dans son trésor > particulier. Elles loi étaiept conservées par la » traité de Fontainebleau , comme rësultant d«a » épargnes de sa liste civile i" ' " " — B nus privés. Elles furent pa
» nas entièrement dans le tréa
V Ini de la France !!!... »
Cependant les persécutions même caractère , a Sainte-Hél crut devoir venir te justifier DÙtère anglais tout l'odieus d' il prétendait accomplir un d< B en làit autant, lui répondit 1 » aussi les ordres qu il a n
» qv!
» des
[l'un gduyemement soit assez vil pour doimei; es ordres semblables à ceux que vous Caites exé- » cuter... Vous avez plein pouvoir sur mon corps, » mais aucun sur mon ame. Cette ame est aussi 1» fière , aussi courageuse que quand elle comman^ » dait à l'Europe. Vous êtes un sbire sicilien et If non pas un Anglais. Je vous prie de ne plus re- » venir jusqu'à ce que vous apportiez Tordre de » me dépêcher: alors vous trouverez toutes les por- 9 tes ouvertes. » Maigre' cette défense ^ les sicairès de sir Hudson-Lowe voulurent pénétrer dans Tasile de Napoléon ; la menace d'une défense désespérée , et la protestation réitérée qu'on ne violerait le droit de sa porte qu'en passant sur son cadavre , le débarrassèrent enfin d'un indigne assujétissement. Pour se dérober k des persécutions sans relâche et sans fin, Napoléon résolut de se confiner dans sou étroite demeure, et avança, par le défaut d'exercice , et surtout par le travail immense que nécessitait la rédaction de ses mémoires , l'époque à la* Juelle y suivant son énergique expression , le ciel e Sainte-Hélène 9 chargé du forfait de sa moit , devait le consommer.
Bientôt, par l'ordre du gouverneur, des soldats entraînèrent loin de Napoléon M. de Lascases et son fils, le jeune Emmanuel, qui depuis est aXié venger publiquement , à Londres , sur la personne de sir Hudson Lowe,^ les outrages faits à son père et à Napoléon. Un autre calcul de la barbarie envenimée par la peur, ravit de même au malade le médecin au Northumberland y O'Meara, qui avait i>tenu et mérité sa confiance. Grime irrémissible !
il avait voulu ^^goer un crime à sa patrie , en écrivant au ministère que l'air de Saiute- Hélène sul!Gsait pour tuer le prisoniiier. Pour surcroî^de malheur, le ge'ndral Goui'gaud fut condamne' par le délabrement total d'une santé depuis long-temps diancelante , i rompre le ban d'une fidélité qui iui était bien chère. Ainsi Napoléon n'avait plus au* mis de lui que les ge'ne'raux Bertrand et MontholoQ. Le docteur Stokoë , chinii^ien da vaisseau le Conquérant, remplaça le docteur Oltfeara, et iiit aussi congédié par le gouverneur. Napoléon resta sans médecin pendant près d'une année. Ce fin après cette période , et lorsque la maladie avait eu le temp de prendre un caractère incurable , qu'il vit arriver te docteur Antomarchi, professeur de Florence, et les chapelains fiuonavita et Vignale, envoyés de Borne par le cardinal Fesch, tous les trois compatriotes de Napoléon. Napoléon re(ut avec transport d'Antomarcni le porti'ait de son fils, qu'il contempla loog-temps, les yeux pleins de 1^'mes. « Cher enfant, s'il n'est pas vie* 9 time de quelque in&mie politique , il ne sera pas B iiidigne de celui dont il tient le jour. » — Au
milieu de ses cruelles souf&aoces .|un de ses plaisirs
les plus doux était d'
Bertrand, d'assister
der leurs difKrends,
occupaient aussi sa gi
s'écoula dans des al
rétablissement , qui d
et dont l'issue àanni
courageux O'Mears
I^rèft da mimstëre anglais : elles furent inutiles ;. une. lettre du comte Bertrand à lord Bathurst ne prcAuisit aucun effet. — L'année 1821 a coni'mence' sous de. funestes auspices. Dans le mois de fcyrier, une çomëte parut au-dessus de Sainte- Helëoe^ Napoléon songea d'abord à celle de Julefr* Gçsar, et sembU prévoir que sa propre mort était procliaine. Oa le pressait en vain aaller voir ce
Ïihénomène. Un seul de ses officiers gardait le siencc, « Vou? m'avez conipris , vous! » lui dit-il* — Depuis long-temps il avait la conviction de ne point échapper au dimat de Sainte-Hélène : cette conviction était également dans le cœur de ses amis. Le 1 7 mars , le coiate Montkolon écrivit à la prin-> cesse Borghèse : a Que depuis deux mois la maladie » de Napoléon avait fait des progrès effrayans; »' qu il ne pouvait marcber dans son appartement. » sans être soutenu ; que précédemment le comte » Bertrand avait écrit k lord Liverpool pour d&- » mander qiije l'empereur fût changé de climat , et )> faire connaître le besoin qu'il avait des eaux mi- » nérales. Le gouverneur ( ajoutait Mpntholon ) , D sir Hudson Lowe s^est refusé à faire passer » cette lettre à son gauf^emementr sous le vain r» prétexte que le titre d* empereur était donné à » iSi* M. L'empereur compte aussi sor V. À. pour y> taire connaître à des Anglais infljuens l'état vé- » ritable de sa maladie. Il meurt saps secours sur » cet affreux rocher; son agonie est effroyable. •• » ]pln effet , ce fut le jour mime où écrivait le général Montholon , que commença la crise qui, deux mois après ^ devait emporter Napoléon. « %àf c'est
» U / » disait-il le 1 7 mars au docteur Antpmarr dii. Celui-ci lui présenta un flacon d'alcali. « Eh » non, ce n'est pas faiblesse y s'e'crià Napoléon^ » c^est la force qui m'étouffe ^ c*est la vie qui » me tue, » Puis , s'e'Iançant à une fenêtre et regardant le ciel : a 1 7 mars , dit- il , à pareil jour ^ y> il X a six ans ( il était à Auxerre , yenant de \ Fîle d'Elbe) , il f avait des nuages au cieU » j4h ! je serais gue'ri si Je voyais ces nuages l p Puis il saisit la main du docteur, et Tappuyant sur sou estomac : a Cest un couteau de boucher a avrils ont mis là , et ils ont brisé la lame d^n^ » ta plaie. i> Les derniers jours de Napoléon fi^r rent aussi grands que f es époques I^s plus glorieux ses de sa Vie. Trop certain de sa mort, il souriait de pîtië, ou plutôt de compassioQ^ k ceux qui cherchaient à combattre en lui cette idée. — Le i5 arril, il fait ce testament ou il n'oublie personne , ni ceux qui l^ont suivi , ni ceux qu'il a laissés en France, ni ceux qui, depuis long-temps , avaient cessé de vivre , ni aussi les pervers qui l'ont traïii* Puis il reprend ses tranquilles entretiens avec ses amis. Le docteur Arnold, chirurgien d'un régiment anglais, entra. « C'en est fait-, lui dit Napo- 9 léon; le coup est porté. Je touche à ma fin : je 19 vais rendre mon corps à la terre. Approchez, » Bertrand , traduisez à monsieur ce que vous al* » lez entendre.... N'omettez pas un mot. — J'é* 9 tais venu m'asseoir au foyer du peuple britan- 9 nique. Je demandais une loyale hospitalité. Con* » tre tout ce qu'il y a de droits sur la terre, on » me répondit par des fers. J'eusse reçu un aulr
» accueil d* Alexandre, de l'empereur François, du » roi de Prusse. Mais il appartenait à l'Angleterre » de surprendre , d'entraîner les rois, et de don- )» ner au monde le spectacle inouï de quatre gran- » des puissances s'acharnant sur un seul homme. "» C'est votre ministère qui a choisi cet affi.*eux ro- 9 cher où se consomme , en moins de trois ans, la » vie des Européens , ^our y achever la miemie » par un assassinat. Et comment m'avez -vous » traite depuis' que je suis sur cet e'cueil? Il n'y a » pas une indignité dont vous ne vous soyez fait » une {oie de m abreuver. Les plus simples com- » mumcations de famille, celles-mémes qu'on n'a » jamais interdites à personne, vous me les avez
» refusées Ma femme', mon fils, n'ont plus
» vécu pour moi : vous m'avez tenu six ans dans 1» la torture du secret. Dans cette ile inhospita- 1» liëre , vous m'avez donné pour demeure l'endroit » le moins fait pour être habité^ celui où le climat » meurtrier du tropique se fait le plus sentir; il a » fallu me renfermer entre quatre cloisons ^ moi D qui parcourais à cheval toute l'Europe ! Vous » m'avez assassiné longuement , avec prémédita- » tion, et l'infôme Hudson a été l'exécuteur des » hautes-œuvres de vos ministres.... Vous finirez » comme la superbe république de Venise , et moi, » mourant sur cet aSt'eux rocher, privé des miens » et manquant de tout , je lègue l'opprobre de ma » mort à la maison régnante d'Angleterre. » Tel fut le manifeste testamentaire ne Napoléor
Le ^4, l'empereur a la force daj< codicilles à^oo testament. — Le 128, i
— lOI —
tomarchi de faire Fautopsie de son corps , de eommaniquer à son fils ses observations , de mettre son cœur dans de Fesprit-de-vin , et de le porter à sa chère Marie-Louise ! Fous irez à Rome^ docteur; vous direz aux miens que le grand Napoléon est expiré sur ce triste rocher^ dans Vétat le plus déplorable y manquant de tout, abandonné à lui-même et à la gloire. Il témoigna le désir d'être enseveli sur les bords de la Seine ou dans la catbe'drale d'Ajaccio ; et , si Ton proscrivait son cadavre, à Sainte-He'lène ,* auprès de la fontaine de Hutsgate. Le i mai , dans un accès de dc'Iire, il se croyait à la tête de l'armec dltalie, et s'écriait : »Sfemg^^^, DesaiXy Masséna^ allez y courez y prenez la charge j ils sont à nous ! Le 3 mai , Napoléon voit s'approcher sa dernière heure : il s'adresse à ses exécuteurs testamentaires, aux généraux Bertrand et Montholon , et leur dit : « Vous allez repasser en Europe, Je vous* dois » quelques conseils sur la conduite que vous avez' » à* tenir. Vous avez partage mon exil, vous serez » fidèles à ma mémoire; vous ne ferez rien qui » puisse la blesser. J'ai sanctionné tons les prin* » cipes , je les ai infusés dans mes lois ,.dans mes 1» actes ; il n'y en a pas un seul que je n'aie cbn- » sacré. Malheurcusemeht les circonstances étaient » graves. J'ai été oblige de sévir, d'ajourner; les » revers sont venus; je n'ai pu débander l'arc , et T» là' France a été privée des institutions libérales » que je lui destinais. Elle me ju^e avec indul-' » gence; elle me tient compte de mes intentions;. » elle chérit mon nom , mes victoires. Imitez-la ;
» soyez fidèles aux opinions que nous awos défini* » dues y à la gloire que nous avons acquise '^ îi u'j ' » a liors de là que honte et confusion. »
Le 4 9 ^^^ tempête affreuse déracina jusqu'au dernier arbre qui avait prêté son ombrage à Napoléon. A cinqbeures et demie du soir, l'empereor n'interrompit le sommeil, létl^argique où il était plongé que pour laisser échapper ces deux mots ; TÊTE. Q ARMÉE. TeQc fut Sa suprêmo parole du vainqueur de l'Europe. Le buste de son fils, qu'H avait fait placer^ depuis un mois , en face de son liiL^ avilit eu son dernier regard. Vingt minutes après, ces mains qui avaient te^u et donné tant da sceptres , qui avaieut élevé tant de monumens et ceQversé tant de remparts , se glacèrent sous les baisers et sous les larmes des enfans du générai Beitrand.
Le lendemain , à six heures du spir, le docteur Antçmarcbi procéda religieusement à l'autopsie , d'après- l'intention de Napoléon. Ce triste devoir eut pour témoin;^ les exécuteurs testamentaires, des officiers de la carnison, et huit médecins an^is ; ces derniers, d'après l'ordre du gouverneur, dres* sèrent procès-verbal de l'autopsie.. Il y était dit que N^po^éQU ayait suc<)(mibé à imMffeciion can-» céreuse héréditaire. Le. docteur Antomarchi re-* fiisa de signer le. procès-verbal, ps^rce qu'il était déjnontré pour lui que Napoléon avait succombé à une gaslro-héputite chronique , produite par le climat» ^ t
. Le coDfprès. d'Aix-Tla-Cbapelle avait décidé que "Napoléon sérail enseveli au lieu de son «ûl et de
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5a mort. Sir Hudson Lowe ayant refuse aux exécur* teur3 testamentaires le transport en Europis du cœur et de Festomac de Napoléon, ils firent en* fermer ces précieux restes dans des coupes pleines d*esprit-de-vin. Napoléon , revêtu de Tuniforme des chasseurs à cheval de la garde impériale , cou* vert de tous les ordres qu'il avait cre'ës ou reçus pendant son règne , fut exposé sur son lit de mort, ainsi transformé en lit de parade ^ le manteau de Marengo lui servait de drap mortuaire. En ce mo« ment , le gouverneur parut se joindre à la doulemç dont les amis de Napoléon étaient accablés. Il dé^ plora la perte qu'ils avaient faite , en annopfaoi qu'elle était d'autant plus fâcheuse, que son gou« yemement revenait à bien* Le ministère l'avait chargé d'annoncer au général Bonaparte que Yit^ stant approchait où la liberté pouvait lui être ren-r due; et que $a Majesté britannique ne serait pas 1%. dernière à accélérer le terme de la captivité'. Sh^^ Budson ajouta, d'iipe manière étrange, et comme un homme qui laisse échapper, malgré lui, l'expries^ sion de sa pensée : « Il est mort,, tout est fini : nous. » lui rendrons demain les derniers devoirs.» -^Napoléon resta exposé le 6 et le 7 mai. Sir Hudson permit à tout Anglais de venir contempler Vhôl^i de V Angleterre. Le concours fut général et k> douleur unanime. Le 8, le corps fut enhaumé : oa le revêtit ensuite de l'uniforme dç la veille , et oa le renferma dans un quadruple cercueil. Le g, la pompe funèbre eut lieu dans l'ordre suivant : Na-* poléon Bertrand, filleul de l'empereur, fils r grand-maréchal ^ le chapelain Yignale, revêtu
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ses habits sacerdotaux; les docteurs Ântomarclii et Arnold ; vingt-quatre grenadiers anglais , destinas à descendre Je corps au bas de la colline; ensuite une voiture de deuil , où le corps e'tait place' ; derrièi'e elle , le cheval de Napole'on ; les exécuteurs testamentaires, comte- Bertrand^ comte Montholon, et Marchand, premier valet de chambre; et les serviteLurs de Napoldon escortaient à pied le convoi que la comtesse Montholon suivait, en voiture, avec sa fille. Là, finissait la famille française.Venait ensuite un groupe d'officiers anglais de terre et de mer; les membres dn conseil de l'île; le gênerai GoffiD ; le marquis de Monchenu , commissaire
Sour la France et l'Autriche ; l'amiral ; et le héros e cette pompe de mort , le gouvemieur ; enfin lady Hudson Lowe et sa fille , en grand deuil , dans une voiture. Trois mille hommes escortèrent le corps au sortir de Longwood. Gomme la route ne permettait pas au char funéraire d'arriver jusqu'au lieu de la sépulture, des grenadiers anglais de Walter Scott eurent l'honneur de porter .sur leurs ëpaules les dépouilles mortelles du héros. Elles reçurent les prières et la be'ne'diction du prêtre , avant de pénétrer dans le caveau avec les coupes d'argenl- qui contenaient le cœur et l'estomac , et qui furent placées sur le cercueil descendu dans le ninèbre asile. Douze salves d'artillerie apprirent à rOcëan que l'ame de Napoléon avait quitté la tierre. Une garde d'officiers anglais fut chargée de veiller sur la séjiultnre du grand homme.
TESTAMENT ET œDlCILLES DE MAPOUOir.
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5^ Je meuri prëmatarëment , assassine par l'oligarchie anglaise et son sicaire. Le peuple anglais ne tardera pas k me venger:
6** Les deax issues si malheureuses des invasions de la France , lorsqu'elle avait encore tant de ressources , sont dues aux trahisons de M...., A...., T...., et L,... Je leur pardonne. Puisse la postérité française leur pardonner comme moi !
7o Je remercie ma bonne et très-excellente mère , le cardinal , mes frères Joseph , Lucien, JérAme, Pauline^ Caroline , Julie , Hortense , Gaterine , Eugène , de lUntérèt qu'ils m'ont conservé. Je nardonne a Louis le libelle
3u'il a publié en i 8S0. U est plein d'assertions fausses et e pièces falsiGées ; 8** Je désavoue le manuscrit de Sainte-Hélène et antres ouvrages sous le titre àt Maximes, Sentences, etc. , que l'on s'est plu a publier depuis six ans : ce ne sont pas Ih les règles qui ont dirigé ma vie. J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien , parce que cela était nécessaire a la aâvM» h l'intérêt et a l'honneur dn peuple français , ton» que.... entretenait, de son aveu, soixante assassins h Paris. (Dans de semblables circonstances j'agirais de même.)
4 ^ Je lègue k mon fils les boîtes, ordres et autres objett^ tels que l'argenterie, h't de camp, armes ^ selles , éperons^ vases de ma chapelle^ livres, linge qui a servi à mon cofM et k mon usage , conformément à l'état annexé, coté (A;. Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenir d'un père dont rUnivers l'entretiendra *
2° Je lègue k lady Hofland le camée antique que le pape Pie Yl m'a donné à Tolentino ; ^
3° Je iégue au comte Montholon 2 millions de francs , comme une preuve de ma satisfaction des soins filialsqq^j^ m'a rendus depuis six ans, et pour l'ii « • - -^ — que son séjour à Sainte -Hélène lui a
4* Je lègue au comte Bertrand 50
V Je lègue à Marchand, mon prei
400,d00 flrancs : les «errices quUl m^a renjui tout ««nx 4PvLn ami : je désire qu'il épouse une veuve , sœur ou fille d'un officier ou soldat do ma vieille garde ^ 6*" Idem à Saint-Denis, 100,000 fraiics j /• JtUm k Novarre , \ 00,000 francs ; 8» Idem à Peyron , 100,000 francs ; 9^ Idem à Archambaud ^ 50,000 francs; f 40o /^cm k Cursor , 25,000 francs j 41** Idem a Chardell , i Jem y
4S* /de/Ti à Tabbë Yigoale , 100,000 francs. Je désire ipi^l fasse bâtir sa maison près de Ponte-Novo deRostino) 13o Idem au comte de Las-Cases, 100,000 francs î i 4" Idem au comte Lavalette , 1 00,000 francs ; i 5* Idem au chirurgien en chef Larrey, 1 00,000 fr. Cest Thomme le plus vertueux que j'aie connu ; lO*" Idem au général Brayer, 100,000 francs; 47*" Idem au général Lefèvre Desnouettes, lOO^OOC^ft*.; W Idem au ^oéral Drouot, 100,000 francs :
19° Idem au général Gambroone, 100,000 francs ; S0« Idem a« général Mouton-Duvemey, 100,000 fr. ; Sr /«iemansenfansdubraveLa Bédoyère^ 100,000 fr<| 2â° /is/n aux enfans du général Girard tué k Ligsy, 400,000 franca; SS"* Idem 9iWt€aÎMiu du général Ghartrao, 100,000fr.( 84*" Idem aux enfasa du tertaenx général Travol ; Î5^JU^ an général Lallemand , Vaîné , 100,000 fr. f S6' Idem au comte Béai , 100,000 franca; Sr /^em à Coau Bastilica en Corse, 100,000 fr. ; 28** Idem au général Uausel , 1 00,000 fr. ; âd"" Idem au baron VeiievaU 400,000 fr.; 30» Idem k ArosuU, auteur dje Mémus, 100,000 fr«; 3r /<2e/ig au colonel Marbot, M 00,000 francs. Je rengage a contlQn<|r à écrire pour la défepse de la gloire dea, anaes françaises , et en confondre les calomaiataiira et le» apostats ;
;S2°/<lb/ii au baron Big«on, 100,000 francs. Je Tenrage k écrire rhiatoire de la dlplonuti* française de 1 7^2 1815; 33"* Idem k Poggi , de Talaro , 1 00,000 francs ;
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34'* Idem au chirar{ri«n Emmery, f 00,000 (rancs;
35° Ces sommes seront prises sur les 6 millions que ju places en partant de Paris, en 1 81 5, et sur les intérêts à raison de 5 p. 1 00 depuis juillet 4 81 5 ; les comptes en seront arrêtés avec le banquier, par les eomtesMontholop , Ber* trand et Marchand ^
36o Tout ce que ce placement produira au-delà de la somme de 5,600,000 francs, dont il a été disposé ci-dessus, sera distribué en gratifications aux blessés de Waterloo , et aux ofGciers et soldats du bataillon de Tile d^Elbe» sur un état arrêté par Montholon , Bertrand , Drouot^ Gambronne , et le chirurgien Larrey \
370 Ces legs , en cas de mort, seront payés aux veuTes et enfans , et , au défaut de ceux-ci , rentreront à la masae.
in.
'1 '^Mott domaine privé était ma propriété, dont aucune loi fran<:aise ne m^a privé , qAe je sache. Le compte en sera demandé au baron de la Bîouillerie, qui en était le tré^ sorier. Il doit se monterli plus de 200,000,000 fr., savoir : ¥* le portefeuille contenant les économies que j^ai pendant quatorze ans faites sur ma liite civile , lesquelles se sont élevées à plus de \ 2,000^000 par an : j^ai bonne mémoire; ST le produit de ce portefeuille; 3° les meubles deraes palais tel« quMIs étaient en 4 81 4. Les palais de Rmne , Florence, Turin , compris tous les meubles , ont été adietés des deniers des revenus de la liste civile ; 4* la liquidation de mes maisons du royaume d'Italie, tels qu'argent , bijoux, meubles , écuries : les comptes en seront doBoés par le prince Eugène et Pintendant delà couronne Gompagnoni ; S" Je lègue mon domaine privé , moitié aux officiers et soldats qui restent des armées françaises qui ont combattu depuis 4793 jusqu'à \ 81 5, pour la gloire et l'indépendance de la nation. La répartition en sera faite au prorota des appointemens d^activité. Moitié aux villes et aux campagnes d'Alsace, de Lorraine, de Franche-Gomté, de Bourgogne . de l'Ile-d«-France , de Champagne , Forez, Dauhiné 'y qui auraient souffert par Tune ou l'autre invasioit.
tlMra, deutteMmins, pvdlciniini miUlnii pou la *lllf <k Brif nr , M hb iDillion poarU ville de Hëry.
Jiawiuvlea romtei UoDibolon, Bcrlrnnd et Harduod.
iit^crM i» ma propre mùa^
Signif TilkTOI.É0K.
I ' Le* vaiej ucré« qui ont urvi à ma chapelle t LaDg-
9* Je charge l'abbé Tignale de let garder m de le» remettre Il moQ Gli quand i) aura telle an*.
1* Met arnwt, laroir ; mon ep^e, celle qo« je poWai» k AoiUrlIti , le labre de Sabieiki , mon poifpiard, mon
Elain , mon couteau de chaisv , mea deux ptirei de pîitO' ilgdeVeTHill»; S° Mon néceuaire d'or, «dui qui m'i lervi le matin d'Ulm , d'AuaUrlili , d'Iàia , d'EjUu , de FHedIand , de nie de Lohtu, de la Motcowa, de HoMmlrail, Sont ce point de »ne , je désire «1 comte BeMiand en eit di 3° Je charife le comte CCI objctt , et de le* n
< ° Troll petitet caiue treote-lroii tabatiirei ■ douze boltea aiu arme»
et quatre boîte* trour^
I lO
aux TpUccie», le 20 ma^ 4B1 5 ; la troMJèaïc , trois tabft^ lières ornées de niédailles d'argent a rasage de PempereDr, «H divers effets de toilette cottformément aux ëtats numérotés I , II , III j
, S*" Mon lit tie camp dont j'ai (ait usage ^ana. toutes Ai es campagnes;
5** Ma lunette d^c guerre ;
4" Mon nécessaire de toilette. Un de chacun de mes uniformes , une douzaine de chemises, et un objet complet de chacun de mes iiabillemens , et généralement de tout ce qui sert à m'a toilette ;
5° Mon lavabo j
6" Une petite pendule qui îest dans ma chambre à couclier de Longwood ;
7° Mes montres et là chiiîbe^de cheveux de Tlmpératrice ; . ,
8* Jfé chai'ge Mirchand; mon premier valet de chambre, de garder ces objets et de les remettre a mon fils lorsqu^il aura seize ans.
4*^ Mon médaHler;
'^ Mon argenterie et ma porcelaine de Sèvre» dont j'ai fiait qsage a Sainte4iélène , état b^t c;
3," Je charge le comte Montholon de garder ces objets et de les remettre à mon fils quand il aura seize ana. •
4° Mes ti>oi8 selles* et brides , mes épcron« qui m^ont servi à Sainle'^ Hélène ;
â° Mestti^ils do ehasse an nombre de èinq ;
5** Je charge mon chasseur Novarre de garder ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.
i ° Quatre cents volumes choisis dans ma bibliothèque vmi ceux qui ont le plus servi à mon usage ;
SI ■it taf fc-
I* Il ne lera.vcnilii lucan det «neW qoi m'anx «ni. Le tarplna icn parlagé entre nés exécuteur* tetumenlairuelmei (rèr»;
8° H*rcb*Di] conicrvera m« cheTCni . et en fera faire: itn l>racelet avec un petit cadenas en or pour ^Ire eavoyù à l'imperalrife Marie-Louise, !i ma mère , et à chacun cle met frèrea, aœuri, neveux, niècca, aucanUml, et un plu9 considérable pour mon BU ;
3° Marchand enverra une de inca paires d* boucles à «ouiier eu or au prince Joseph:
4° Une petite paire de boucWco or, a JuTetièret, au prince Lui' j en j
5° Une boucle de col , en or, an prince JiMmo.
Etat [K). — înveniaUe de mtt tffeU ijat ltTarçk4nd doit garder pour remettre à monjîls.
i° Mon nécessaire d'argent, celui qui en sur qia lablc garni de tout aei utienilk
2>> Mon réveil-malin, rie II , que j"ai pria ï Toi
3* Mea deux montres l'impératrice, cl une cba montre. Marchand la kn
4* Mes doux aceani 1
H da nait, cdie* qa! nK lervileot CD IVtDCO,
le Tirmeil j
I lila àe fer , met in>udu M nui couver-
peaTMit caiattrveii
s (lacoDi d'trgml où I'od metuil moa eto-
ruieni mei cluueari en cuDpagQe ;
)1° Me» éperon», deni pairei; I S> Trou buile* d'tciiou , d*M , S , 3 , rtofomilii l ■net tibMièm il tnlTrt objets; 13° Tloecassolelle en vermeil;
Linge de toilettt.
6 Hoachairs^
6 Servirtle»;
U Paim de W de Mtej
4 Col> nalHi
Ë Pains de diMUKMeij
â Pairei de drapi de batlitcj
2 Taiei d'oreiller:
5 Robe* de chambroj â Pantalons de null^
I paire de bTelelles:
4 Culotlea , veilea de casImir bUncj « Hadrai;
5 Gileti de Oaieltei 4 dalefoni;
t> Patru de ganti; i Petite boite pleine de tabac; i Boucla do col en or; I I Paire de bouclei de
jarmièreaenor boîte n» 3.
I Paire de boucle) en * •r, i ■ODlien ,
Habillement.
4 Uniforme chasseur^
1 Idem grenadier;
i Idem garde-nationale^.
i Capote grise et verte;
4 Manteau bleu (celui que j^avais à Marçngo];.^ i Jebeiine petite veste ;
5 Paires de souUers;
2 Paires de bbttes;
4 Paire de pantoufles;
6 Ceinturons;
Etat (B). — Inventaire des effets que j'ai laissés, chez. M' le comte de Turenne.
\ Sabre de Sobieski ; \ Grand collier de la Légion-d^Honneur ; \ £pée en vermeib; 4 Glaive de cojasul.
4 Epée en fer ; 4 Ceinturon de velours:
4 Collier de la, Toison-d'Or ; 4 Petit nécessaire en acier ; 4 Veilleuse en argent ; 4 Potgnëe de sabre antique ;
4 Cbapeau à la Henri lY et une bloque ;.lej dcntçUesdc Tempereur ;
4 Petit médailler; 2 Tapis turcs ;
5 Manteaux de velours cramoisi brodes , avec vestes c( culottes ; ,
4 <* Je donne à mon Gis :
Le sabre de $oi>ieskif Le collier de la Lëgion-d'Honnçur ; ^
L^ëpée en vermeil ; ' ^ .
Le glaive de Consul ; ' '
. lOr
Uëpëe en fer:
Le collier de la Toison-d'Or^ Le chapeau de Henri IV et la toque ; Le nécessaire d^or pour les dents, resté chox lo dentiste, S^ A Timpératrice Marie-Louise, ipes dentelles. A Madame , la veilleuse en argent ^ Au cardinal, le petit nécessaire en ^c^er j Au prince Eugèike , le bougeoir en yérmeilj A la princesse Pauline , le pélitnii^d|iUer^ A la reine de Naples , un petit tapis^rc j A la reine Hortense, un petit iapis turc ^ Au prince Jérôme , la poignée du sabre antique ^ Au prince Joseph , un manteau brodé , veste et culotte; Au^prinoe Louis , un manteau brodé , veste et culotte.
Ce 16 avril iSai.— LongW^od.
Ceci est un codicille de mon testament
1 * Je désire que mes cendres répètent sur les bords do la Seine , au milieu de ce peuple français que j^ai tant aimé;
S* Je lègue au comte Bei'b'and , Motilholon et a Marchand , l'argent , bijoux, argenterie, porcelaine , meubles, livres , armes, et généralement tout ce qui m'appartient dans rile de Saint-Hélène ;
'}» codicille tout entier, éci'it de toa fttàlli , est signé et mes armes.
Sign^^XTOtion,
Gecod 'safté de
) Ce 34 avril i8ai. Longwo«d.
Ceci est moycodiciUe ou acte de ma dernière volonté.
Sur la liJ|ui<)aiio^n de ma liste civiU dlulie, (aU que -«^ent , bijoux , angenterie , linge , neublei , écuries ,
dont le TÎce-roi eat dépoillaire, et qui m'Kpparleniienl,je ditpoïc de deux million* qae je tègae ï ne) plni tîdiw* (Crriteiiri. J'espère qae , nat t'autoriaer d'iocuue râlMm , mon fili Eugène Napoléon lei acquittera Gdèlemen t. Une pent oublier les 40,000,0(10 que je lui ai dooiiéa ttàt an Itilie , toit par le parUie dsU nicceuioa de la mère.
4° Snr cea deux miliioai, je lègiH su comte Bertrand 300,000 franu.doDtUvu'Kra 400,000 Ir. daniU caitM du ti^orier, poar èlre emplojéi lelon' mes diapoiitiona k l'acquit de legi de couieicnce ;
S° Au Gomle HoailiolDn , SOO,000 , dont il vencra (00,000 dans la caiiae, pour le même mage que ci~
3» As comte de Lai-Caiea, 300,000 , dont il ver- ■era 100,000 dam la caiue, pour le mime utage que ci-deuui:
4- A Harcband, 400,000, dom il TeTiera50,00OkU caîMeponr le mime mage que cUdeimi
5° Ad comte LiTalelte , 400,000 b.;
6° Aa général Logeodorp, hollnidaia , woa tide-decimp, réfugié au Brésil , SO.OOO fr.;
7' A mon aida-de-camp Corbineia , 50,000 b.i
8* A mon alde-de-camp Cahrelli , JO.OOOj
V° A mon aide-de-camp Dejean, 50,000 fr.;
i 0° A Percy , chirurgien en chef )i Waterloo , 50,000 franci ;
41= 50,000 fi maître d'hâlel ; fhaiseur; 10,001 mon maître toH
4S*'AaiMrMl 13° Ao dnc d' 44* Alaflllei 45° Aaienbi 1 6° A<x sbEu 47° Am enfa vol, 50,000 It. i 48* Aui enfaii
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i9* Au gënéralGambronne , 50,000 fr.j SO** Au généra] LefèvreDesnonettea^ 50,000 fr.f £4 ** Pour être répartis entre les proscrits qui errent eir pays étranger, français on italiens , ou belges i ou hollandais, ou espagnols , ou des départemens du Rhin^ sur ordonnance de mes exécuteurs testamentaires , 100,000 f. 8S** Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny, Waterloo, encore vivans; sur des états dressés par -mes exécuteurs testamentaires, auxquels seront joints Gambronne, Larrey, Percy et £m^ mery, il sera- donné double à la garde , quadruple à ceux de rile d'Elbe, 200,000 fr.;
Ce codicille est écrit entièrement de ma propre main ,, signé et scellé de mes armes,
Napoléon.
Au dos était tforit: a Ceci est mon. codicille ou acte de ma dernière vblonié, dont je recommandé Texacte exécution' à mon fils Eugène Napoléon. Il est tout écrit de ma propre main.
Napol^ov.»
Ce a4 avril i8ai. à Longwood.
Ceci est mon troisième codicille à mon testament du
iSam/.
Parmi les diamans de la couronne qui furent remis en 1814, il s'en trouvait pour 50,000>000 Ihnres qui n'en étaient pas, et disaient partie de mon avoir particulier. On les fera rentrer nour acquitter mes legs.
2° J'avais «hez^ le banquier l^orlottia, de Rodm, S à
500,000 livres en- lettres de change de mes revenus de
nieid'Slbeç depuis i8l5, le sieur Pèyrasse , quoiqu'il ne
'ûi plus mon trésorier, et n'eût pas de caractère, a tiré à
«i cette somme : on la lui fera restituer.
— ti7 — 3" Je Ufun *b duc d'IitrlB 300,000 Fr., doni 100 rmerùblei k ti TeUTC , ai ie doc «Uit moi l'exécDliOD dstlegi. Je déiii
900,000 fraaci. Si elle éuit morte aTanl l'eiécutiDn ia legi , il M KT> rien donné ï 1* mère,
S» Je Itene >■ vénérai lUgaad , c«1*i aaititi proNrll , t0O,0O0.tr. ;
6° Je lèéne ■ Boi<ni>d , commljuire ordnanitear , 160,000 fr.;
7° Je lègue aui cqEiiu du gdnéril Leiort, tué daoi li
q»RH du ISIS, 100,000 fr.;
1° Ce» sr
0,000 livrei de leg* teron euiBni porwa * !■ «nitc da Tari. 36 de i ce qui ponerut ï 6,400,000 livre* la Mmme dei legi daol je dùpoie par maa tetlament , lana coinpniiilre lei donaliODi CtiHu par mun aesood codicille.
Ced »t écrit de aa propre main, tigué et acellé de
Au Jia n Utait ' '
Ctci ut un quatrième ..
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g€Uions , ce qtU ftous a décidé à faire ce f/uaù-ièmc codicille,
\ ** Nous légODS . au fils ou petit-fiU du baron DuthetI , Ueutenanl-gënéraJ d^ariUleric, ancien seigneur de Saint- André, qui a commandé l'école d^Auxonne , avant la révolution , la somme de 400,000 fr. , comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général prit de nous, lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sons ses ordres <
2° Idem, au fils ou petit-fîls du général Dogommier, ui a commandé en chef Tarméo dé To«k>n, la somme e 400,000 fr. Nous avons sous 4es «rdres dirigé ce siège ^ commandé Tartillerie. Cest en témoignage de souvenir pour des marques d'estime , d'affedion et d'amitié que nous a données ce brave et intrépide général.
%y Idem, nous léguons 400,000 h. aa fils ou petit<4ils du député de la convention Gasparin , | représentant da peuple à l'armée de Toulon , pour avoir protégé , sanctionné de son autorité le plan que nous avous donné, qui a valu la prise de cette ville, et qui était contraire à celui envoyé par le comité de salut public. Gasparin nous a mis par sa protection à l'abri des persécutions de l'ignorance des états-majors qui commandaient l'armée avant l'arrivée de mon ami Dugommier.
4° Idem„ nous léguons 4 00,,000 fr. a la veuve y fils ou petit-fils de notre aide-de-camp Muiron, tué a nos c6tés a Arcole , nous couvrant de son corps.
5*^ Idem, 40,000 fr. au sous-officier Gantillon, qui a essuyé un procès comme prévenu d'avoir voulu assassiner lord Wellington , ce dont il a été déclaré innocent. Cantillon avait autant de droit d'assassiner cet oligarque, que celui-ci de m'cnvoyer , poiu* y périr , sur le rocher de Sainte-Hélène. Weilmgton qui a proposé cet attentat cherchait a le justifier par l'intérêt de la Grande-Bretagne. Gantillon , si vi aiment il eût assassiné le lord , se serait couvert , et aurait justifié par ces mêmes mfoCifs l'intérêt de la France de se défaire d'un général qui d'ailleurs avait violé la capitulation de Paris , et par là s'était
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rendo' responsable du sang des martyrs Ney, Lahédoyëre, etc. , et du crime d^aroir dëjpouillé les musées contre le texte des traites.
6*" 440,000 fi". seront ajoutes aux 6,400,000 dont nous avons disposé, et porteront mes )eg« a 6,840,000. Ces 410,000 doivent être considérés comme faisant partie de mon testament , art. 55 , et suivre en tout le même sort que les autres lejjs.
7^ Les 9,000 liv.' stcri. que nous avons données au comte «t à la comtesse de Montholon doivent, si elles ont été soldées, être déduites et portées en compte sur les legs <jue nous Itfi faisonis par nos testamens ; si elles n^ont pas été acquittées , nos Inllets seront annulés-.
8^ Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montbnion, la (!»ension.de 20,000 accordée a sa femme est annulée : lé comte Montholon est chargé de la lui payer. '
9° L^adtninistration d'une pareille ànccessfon jusqu^à son entière liquidation exigeant des frais de bureau, de courses, de missions, de consultations de plaidoiries , nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront 3 p.'lOO sur tous les legs, SOit sut* les 6,800,000 f., fio|t sut* lés sorataies portées dans iés codicilles ,- soit sur les 900,000,000 du domaine privé.
iO" Les sommes provenant de ces retenueés seront dé^ posées dans les mains d^un trésorier V et' dépensées sur mandat de nos exécuteurs testamcntaites.
4 4*^ Si les sommes provenant des susdites retenues notaient pas suffisantes pour pourvoir aux frftis, il y sera pourvu aux dépens des trois exécuteurs testamentaires et do trésorier, chacun dans la proportion du legs que nous leur avons fait par notre testament et éodictlle.
42o Si les sommes provenant des susdites retenues sont au-dessus des besoins, le restant sera partagé entre nos trois exécuteurs testamentaires e( le trésorier, dans le rapport de leurrlegs respectifs.
43° Nous noinmons le comte de Las^aseff-, et' à son défaut son fils , et à son défaut le général Dronet , tré» sorier.
Ceci ett mon aodicitU, ou acU de oui dernière volwttd.
Sur Iri fondi ramit en or ï l'impénvicd MÉrto-LanUe, mi (rii-cbèTe ci bicB-aimée époiuc, ■ Orlëini, en 1 81 4 , dla mie aie deioir deux millioi», doot je ditpote parle pttent cadicills, i&n de r^ompeaier ma ptu fidèlei Mrvilenri, quaje recanuDiade , du reite, li liprolecUon de ma chire Marie-Louise.
f ° Je cecominande i l'impjntrice de faire rettiluer au comie Berlrood les 30,000 lin-ei da remet qu'il p«»ède du» le duché dr Parme et lur le mont NspoUoa de Hl- Un, aiaii que lei arrérage! échut ;
S° Je lui (ail la sième recommandation pour le doc d'Ittrie, la fille df Duroc, ci lulrei démet tervlliarg «jui me tout reiléi fidèlei , cl qui me tant to^jonri cbera | ^Ir
3° Je lègue aur let deni millioni ci-dotiu) mentionne* 300,000 franc) au comte Berirand , «ur Uaqueit il venera
100,000 Truici dut la caitte du trétorier pour ploTét , tclon met diipoiitiona, ^ det legi de co
4° Je lègue SOO.OOO fraoct an comte Hontholon , nir letqnelt il veraera 1 00,000 franct dana la caille du Iréu' rier pour le mtme uiige que ci'deiinaj
S° Idem SOO.OOO traoca an qaeliilveriera JOO.OOOfctDCi utige que cl-deuui ;
6° /^m k Marchand , 100 vertera 50,000 frinci dant li que ci'detiat ;
7* An maire d'Ajaccio , au
lutloD , JuD- JérAoH Lenieoniinvcarc, enfinioa pctito-eDf>Di, 400,000 friDci;
lt°AU filte de Dnroc , <00,000 fnnc*.
9* Au Gli deBeaaUrea, duc d'Iairle , 100,000 fruici;'
40* Au général Drouol, 100,000 fruica ;
lloAucomteLtTilelK, lOO.OOOfranci; - '
1S°/rfeni 100,000 frinci, UToir ; 85,000 fhiDci k PeyroD, mOD miitre d'Ulel; S5,000 fruica 'a NoTirre , mon chauear ; £5,000 fnncg k Saint-Deaia , le garda de mes livrea ; S5,000 fr. a Santini , mon ancien huiiiier j
13° Wenj 100,000 francs, atvoir : 40,000 frsnca à Pliuat , mon ofGder d'ordonnanue ^ 30,000 franu k Hébert , dwDicremenl concierge k Kambouillet , et qui était de ma cbambre en Egypte ) k Lavigne qui était dernière-ment concierge d'uno de mtt ëcuriet, et qui était mon piqneor en Eg^te j k James Dervieux qui était piqoenr detécdriea el me terrait en Egypte.
14° 300,000 Francs seront diilribués en anmAnes aux babiUna de Brienoe-le-Châleau .quionl le plus aoulTerl}
1 5° Les 300,000 rnncs reliant seroni diitribnés aux omcieri el aoidala du balaillan de ma garde de l'ile d'Elbe actaellemenl virant, du à leura veuves on enfana , au prorata dei appoiatemena , et selon l'iiat qni sera arrèié par met eaécuteura teslimentaîree. Les ampuléa ou blessés grièvement aaronl le double. L'état en sera arrêté par Larrej et Emmery.
Indépendamment des dispositions écrites que nous vêtions de rapporter, il en est d'autres ou antérieures ou verbales qui en font le complément. Une des principales est celle relative au général Gourgaud^ la voici telle que les exécuteurs testamentaires l'ont publiée dans le GoZégnam's Messenger àxï \\ août 1824 :
» Nous avons lu avec surprise, dans votre feuille d'hier, » un article relatif aux dernières dispositions de l'empereur » Napoléon à Sainte-Hélène.
» Son testament avait été déposé, et avait dû l'être, k » la cour des prérogatives de l'archevêque de Cantorbëry, » dans le ressort de laquelle l'île Sainte-Hélène, dernière M résidence du testateur, est située. Il ne noutf appartient » pas de faire connaîlre des actes qui n'étaient point dcs- » tinés à devenir publics ; mais nous croyons de notre )) devoir de déclarer, autant pour notre propre satisfac- » tion que par respect pour la mémoire de notre dcr- » nier capitaine , que , dans ses derniers momens , il n'a » oublié , dans la répartition de ses bienfaits , aucune des » personnes qui l'ont suivi dans son exil , et que le géné- » rai Gourgaud , dont le nom ne se voit pas sur les listes » que vous avez publiées , a été l'objet d'une disposiUon » spéciale de l'empereur, en reconnaissance de son dé- » vouement, et pour les services qu'il lui a rendus, pen- . » dant dix ans, comme premier officier d'ordonnance et » aide-de-camp, soit sur les champs de bataille en Allc- » magne , en Russie , en Espagne et en France , soit sur » le roc de Sainte-Hélène. j , ^ ., i.
» Si les legs faits sur les sommes demandées à I archi- '« duchesse de Parme et au prince Eugène n'ont pu jusce qu'ici recevoir leur exécution, cet accident doit être im- (( puié a des évonemens indépendaos de notre volonté , et
lani doute ^Inngeri «dk i •Il uns li gnnde ptrt lui i » Non» «ïoiu rhonnenr , i
» Signé : Le comte Butiahd,
u Le comte MoiTHOi.oir. i>